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France

  • Hervé Le Telliez : L’anomalie. Dissolution.

    IMG_4597.jpeg« Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension. »

    Victør Miesel - L’Anomalie

     

    Il y a parfois des lectures où vous jubilez tellement, où vous éprouvez un tel plaisir que vous vous demandez, en milieu de parcours, s’il n’y aura pas une petite faiblesse, une faille, quelques temps morts où même une déception une fois arrivé au terme de l’intrigue. Sans rien dévoiler de ce récit prenant, on peut admettre sans coup férir que L’anomalie d’Hervé Le Tellier fait partie de ces romans captivants de bout en bout qui s’inscrivent dans ce qui apparait comme la conjugaison parfaite de la créativité, du style et de la narration qui semble avoir convaincu tant les jurés du Goncourt 2020 que les nombreux lecteurs qui ont fait l’acquisition de ce roman singulier qui se serait vendu à plus d’un million d’exemplaires. Alors bien sûr qu’il y aura quelques esprits chagrins pour vous expliquer qu’ils n’ont rien capté à ce texte dont ils ne saisissent pas l’engouement qu’il a pu susciter au sein d’une masse forcément aveuglée par le succès relayé par la kyrielle de médias qui ont encensé L’Anomalie. On trouvera pourtant quelques explications en s’attardant sur le parcours d’Hervé Le Tellier, de sa formation de mathématicien, puis de journaliste jusqu’à ce qu’il obtienne un doctorat en linguistique en se spécialisant dans les littératures sous contrainte qui l’amèneront au sein de l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle) dont il assure la présidence en 2019 pour ce groupe littéraire fondé en 1952 par le mathématicien François Le Lionnais et l’écrivain, poète Raymond Quenaud. Et c’est en s’articulant autour de cette interrogation sur la littérature sous contrainte que vont apparaître quelques oeuvres emblématiques à l’instar de Cent Mille Milliards De Poèmes de Raymond Queneau permettant au lecteur de composer ses poèmes dont je vous laisse deviner le nombre de possibilités, de La Disparition de Georges Perec où la lettre e ne figure sur aucune des trois cent pages du texte et de La Vie Mode D’Emploi, du même auteur, où l’on suit la vie des habitants évoluant dans l’environnement d’un immeuble parisien en adoptant dans leurs déplacements  le mouvement du cavalier d’un jeu d’échec. C’est donc toute cette culture oulipienne que l’on va retrouver dans L’anomalie qui se décline autour de la personnalité de onze passagers d’un avion, représentatifs d’autant de genre littéraire que ce soit le thriller, et le roman policier, la science fiction et l’anticipation, le roman psychologique et intimiste, l’espionnage et l’intrigue géopolitique, l’hommage à la littérature blanche et au récit introspectif, ainsi qu’au roman philosophique s’interrogeant ni plus ni moins quant à la nature de notre existence.

     

    IMG_4559.jpegA bord de ce vol Air France Paris New-York AF006, on s’attardera sur quelques individus parmi le 243 passagers qui ont embarqué dans cet avion qui se trouve soudainement pris dans une gigantesque turbulence aux dimensions colossales que l’on ne peut contourner. Il y a Blake, le tueur à gage, Victor Miesel écrivain reconnu mais sans succès, Lucie Boagert une monteuse pour le cinéma qui accompagne André Vannier, un architecte de renom, Joanna Wood, une avocate afro-américaine qui a intégré un grand cabinet juridique, Slimboy un chanteur nigérian contraint de vivre dans le mensonge pour dissimuler son homosexualité, Sophia Kleffman une fillette de six ans qui doit composer avec les traumas d’un père vétéran de la guerre d’Irak et d’Afghanistan et David Markle, pilote de ligne qui tente de s’extraire du piège dans lequel il s’est engouffré avec l’avion dont il est le commandant de bord. Mais une fois qu’ils ont atterri, l’ensemble des occupants de l’avion vont être confronté à un événement qui les dépassent. Et pour répondre aux questions que le monde entier ne manquera pas de se poser, les autorités américaines vont faire appel à Meredith Harper et Adrian Miller, deux scientifiques qui ont rédigé les bases du protocole 42 désormais chapeauté par l’armée et le FBI et qui ont remisé le Boeing 787 et ses occupant dans un hangar. Qu’elle est cette anomalie qui va bouleverser toutes nos certitudes ?

     

    hervé le tellier,l’anomalie,éditions gallimard,éditions folio,prix goncourt,chronique littéraire,blog min roman noir et bien serré,blog littéraire,thriller,roman noir,roman fantastique,science fiction,anticipation,lecture 2026Quelle que soit la multitude de genres qu’il pastiche et auxquels il rend hommage avec un plaisir évident, L’anomalie, véritable page-turner aussi dense que passionnant, s’inscrit finalement comme une expérience de pensée où le lecteur s’interrogera forcément sur ce triptyque existentiel de savoir qui nous sommes, d’où nous venons et où nous allons et auquel Hervé Le Tellier va apporter une réponse singulière, s’inspirant de la théorie du philosophe suédois Nick Bostrom dont je vous laisserai découvrir le postulat, une fois le livre terminé. Et puis il y a cette multitude de mises en abime jalonnant ce texte aussi singulier que redoutable de maîtrise, à l’instar de cet épigraphe de Victør Miesel, protagoniste de l’intrigue, qui a publié en 2021 un roman devenu best-seller, intitulé L’Anomalie, soit un an après la publication du présent ouvrage. On y trouve également toute un multitude de clin d’oeil aux oeuvres de Raymond Quenaud dont les titres des trois parties composant le livre sont extraits de ses poèmes tandis que d’autres font allusion à l’oeuvre de Georges Perec, notamment au terme de ce calligramme mystérieux, chargé de symboles, qui met un terme à cette intrigue s’achevant de manière tout simplement magistrale.  Et bien que foisonnant et protéiforme en abordant toute une multitude de sujets qu’il serait vain d’énumérer, il faut saluer la grande tenue de cette histoire qui se lira quasiment d’une traite au gré d’une mise en scène littéraire extrêmement imagée qui donne cette sensation de s’immerger dans une série audiovisuelle chargée de tension. Au travers de personnages bien charpentés, on plonge donc avec fébrilité dans ce récit choral d’où émane parfois quelques tonalités ironiques à l’exemple de cette conversation lunaire entre un président des Etats-Unis et son homologue français se révélant guère éloigné de ce qui nous est rapporté dans l’actualité du moment.  Il y a finalement quelque chose de véritablement vertigineux à lire L’anomalie qu’il faudra faire ressurgir de votre bibliothèque pour les inconscients comme moi qui aurait relégué l’ouvrage dans les fins fond des rayonnages ou pour celles et ceux qui voudraient capter quelques références aussi amusantes que mystérieuses qui rejaillit de la trajectoire fabuleuse de ces protagonistes qui vont faire face à eux-mêmes au gré de circonstances déroutantes qui vous laisseront sans voix. A lire ou à relire avec le même enthousiasme qui vous fait dire que la littérature a décidément de beaux jours devant elle, n’en déplaise à celles et ceux qui se penchent sur son cadavre.

     

    Hervé Le Tellier : L’anomalie. Editions Gallimard 2020.

    A lire en écoutant : Decks Dark de Radiohead. Album : A Moon Shaped Pool. XL Recording 2016.

  • Fanny Taillandier : Sicario Bébé. L’Iliade et L’Odyssée.

    Capture d’écran 2026-05-29 à 13.28.48.pngDans ce milieu précaire de la littérature, il faut bien admettre que l'on est beaucoup plus prompt à détourner le regard lorsqu'il s'agit de saisir une opportunité pour être publié et ce n'est pas l'actualité toute récente qui a bousculé ce petit univers du livre qui me donnera tord, même s'il existe  des hommes et des femmes qui ne dérogeront pas avec leurs convictions. Sans qu'elle ne le porte en étendard, Fanny Taillandier fait partie de ces personnes engagées s'employant à dépeindre son environnement, cet espace périurbain, sorte de frontière entre le monde rural et l'univers des villes dans ce qui apparaît comme une oeuvre sociale où les essais côtoient les romans quand ils ne se mélangent pas les uns aux autres comme le souligne Eric Chevillard à évoquant Les États Et Empires Du Lotissement Grand Siècle  (P.U.F. 2016) : "Publié dans la collection « Perspectives critiques » des PUF comme pour tromper son monde, le deuxième livre de Fanny Taillandier, Les États et Empires du Lotissement Grand Siècle n’est pas un essai d’urbanisme ou de sociologie ni une réflexion sur la ville nouvelle, mais un récit inventif en diable, d’un genre inédit, qui emprunte au conte, à la satire, et se réinvente sans cesse en variant les styles et les approches." On ne saurait mieux dire pour définir les textes de cette romancière qui tant sur le thème de l’urbanisme qui traverse ses écrits que dans les différents domaines littéraires dans lesquelles elle s’inscrit, s’émancipe de ces limites dans lesquelles on tendrait à rester enfermer, comme un territoire conquis dont il est difficile de s’extraire puisque intrinsèquement lié à sa condition sociale. Née à Alfortville, à la périphérie de Paris lui apparaissant comme un tout autre monde, Fanny Taillandier suit des études de lettre à Marseille avant de se consacrer durant dix ans à l’enseignement dans plusieurs lycées de Créteil tout en collaborant pour des revues comme Mouvement et Livre Hebdo. Et puis c’est Les Confessions D’Un Monstre (Flammarion 20213) abordant de manière inhabituelle le thème du tueur en série, qui marque ses débuts en tant que romancière où Fanny Taillandier dresse le portrait d’un individu qui va confesser ses crimes au gré d’un récit qui se dépare résolument de tous les clichés galvaudés propre à ce type de personnages qui encombrent la littérature noire. Cette absence de cliché, c’est même un engagement qui anime Fanny Taillandier lorsqu’elle rédige Sicario Bébé où l’on observe notamment la trajectoire d’un jeune garçon qui va exécuter un contrat pour le compte d’un trafiquant de drogue, afin de subvenir aux besoins de la petite famille qu’il va fonder avec sa compagne, enceinte de lui. 

    fanny taillandier,sicario bébé,éditions rivages,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire,parution 2026,lecture 2026,roman noir,littérature noireBlaise a dix-sept ans tout comme Djen dont il est fou amoureux et qui attend un enfant de lui. S’il considère cet amour réciproque comme un miracle, le jeune garçon ne doit pas occulter la réalité et prendre conscience qu’ils n’ont pas les moyens d’élever ce bébé à venir. Mais Bobby, son meilleur pote, lui propose la meilleure combine pour acquérir rapidement pas moins de cinquante mille euros en liquidant l’adversaire d’un narcotrafiquant local qui sévit au sein d’une cité amenée à être démolie très prochainement. Pour exécuter ce contrat, Blaise, Djen et Bobby vont donc entamer tout un périple qui vont les conduire d’un foyer pour travailleur à une ZAD enfouie dans un bois en passant par une zone portuaire devenant le théâtre de tous les trafics qui inondent le pays. Et au delà de l’amour et de l’amitié qui lient ces trois jeunes gens, finiront-ils par exécuter ce sinistre contrat ? Il faut dire que leurs commanditaires ne sont pas des enfants de coeur et qu’il n’est pas possible de renoncer à un tel engagement sous peine des pires représailles. Une voie sans issue dont il est impossible de s’extraire.

     

    fanny taillandier,sicario bébé,éditions rivages,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire,parution 2026,lecture 2026,roman noir,littérature noireRoman noir ? Roman d’amour ? Roman social ? Ne cherchez pas, Sicario Bébé se décline sur les trois  registres dans ce qui apparaît comme un texte chargé de nuance ce qui fait que Fanny Taillandier s’affranchi des écueils propre à chacun des genres qui s’agrègent les uns aux autres. Ainsi, il n’y aura pas de mièvrerie dans les rapports amoureux de Djen et de Blaise auxquels on s’attache immanquablement en suivant leurs points de vue respectifs qui s’enchainent dans une alternance qui donne du rythme à ce récit imprégné d’une noirceur toute relative s’inscrivant davantage sur le registre de la tension avec cet enjeu sous-jacent de savoir s’ils vont commettre ce crime pour lequel ils vont être rémunéré, faisant écho à ces adolescents, voire même des enfants qui ont défrayé l’actualité des faits divers en tant que tueur à gage pour le compte de narcotrafiquants sans scrupule. Néanmoins, à mesure que se dévoile les personnalités du trio qu’ils forment avec Bobby, on doit bien admettre que le suspense est de courte durée car en s’inscrivant dans un réalisme social dans laquelle on la sent véritablement à l’aise et qu’un Pierre Jolivet ou un Ken Loach ne renieraient pas, Fanny Taillandier s’installe dans une chronique sociale passant en revue tout un environnement précaire que l’on distingue aussi bien dans cet ensemble d’immeubles voués à la destruction, dans les ZAD ainsi que dans les foyers sociaux, mais qui  se dilue l’air de rien sur l’ensemble de cette ville sans nom, de seconde zone. Et en dépit de la détresse et des aléas qui jalonnent les parcours de ces trois jeunes gens, on ne peut s’empêcher de voir émerger quelques lueurs d’espoir qui jalonnent cette intrigue où l’on tente de s’extirper du marasme par tous les moyens possibles, au gré de rencontres qui tendent à briser ce déterminisme social dans lequel on voudrait les enfermer à l’instar de ces formations pour lesquelles Blaise serait prédestiné. A partir de là, on apprécie véritablement ces individus qui apparaissent dans l’existence de Blaise et de Djen. Il y a évidemment Bobby, ce gars cool, cet ami fidèle qui aspire à devenir magicien ou cette aïeule s’installant dans une ZAD afin d’éviter de finir son existence dans un EPAHD, ou Sanoune s’employant à venir en aide aux travailleurs précaires, tous représentatifs de cette communauté aux limites de la marge dont l’humanité se révèle dans ces instants de solidarité et de générosité qui émaillent le texte. Peut-être aurait-on aimé que Julien et Malabar, les deux trafiquants de drogue qui sévissent dans cette cité en décomposition, soient un peu plus incarnés et se déploient davantage dans cette intrigue où ils se contentent tous deux d’alimenter la tragédie qui va prendre de l’ampleur au terme d’une confrontation attendue mais dont la finalité se révèle tout aussi brève que singulière.  Il n’empêche que Sicario Bébé ne verse jamais dans l’excès et le sensationnalisme par rapport à ce thème d’enfant tueur que Fanny Taillandier traite avec une rigueur formelle imprégnée d’une émotion salutaire qui anime ce jeune couple bien éloigné des idées reçues, comme en témoigne leur rapport à la culture et à la littérature avec notamment ces références à Homère et à René Char qui parsèment ce récit sombre certes, mais d’où émergent également quelques superbes instants de tendresse, véritables odes à la vie et à la liberté qui deviennent finalement les sujets centraux de ce singulier roman sortant, l’air de rien et de manière habile, des normes convenues. Une belle découverte ce qui fait que l’on se réjouira de rencontrer Fanny Taillandier à l’occasion du festival Libri Mondi broie du noir qui se déroulera à Luri, en Corse, ce samedi 30 mai 2026.

     

     

    Fanny Taillandier : Sicario Bébé. Editions Rivages 2026.

    A lire en écoutant : Babacar de France Gall. Album : Babacar. 1987, 2004 Warner Music France.

  • Frédéric Andrei : L'Homme Assis Au Carrefour de Chabottes. C'est moi le boss.

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    Pas bien certain que l’on se rappelle de son premier grand rôle dans Diva de Jean-Jacques Beinex où il interprétait un facteur subjugué par une cantatrice incarnée par la sublime Wilhelmenia Wiggins Fernandez, guère moins connue que Barbara Hendricks à qui le réalisateur souhaitait confier le rôle dans un premier temps. Frédéric Andrei apparaissait donc dans ce film marquant à l’improbable esthétisme léché des eighties, en entamant ainsi une carrière sporadique d’acteur aussi bien pour le cinéma que pour la télévision où il travaille également comme documentariste pour un grand nombre d’émissions emblématiques comme Faut pas Rêver ou Envoyé Spécial. A cela s’ajoute des activités de producteur et de réalisateur ainsi que dans le domaine du théâtre, ce qui fait qu’il entamera sa carrière de romancier dans la cinquantaine en publiant chez Albin Michel trois romans policiers mettant en scène Nicholas Dennac, un ancien journaliste d’investigation devenu charpentier et prenant pour cadre le vaste territoire des Etats-Unis où frédéric andrei,l’homme assis au carrefour de chamottes,la manufacture de livres,roman policier,thriller,sleuther,lecture 2026,parution 2025,blog mon roman noir et bien serré,littérature noire,libri mondi,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraireil mènera des enquêtes en lien avec les grands sujets sensibles du pays que ce soit les injustices sociales dans Riches A En Mourir (Albin Michel 2014), la conditions des amérindiens dans Bad Land (Albin Michel 2016) et l'exploitation du gaz de schiste dans L'Histoire De La Reine Des Putes  (Albin Michel 2020). Mais en 2025, Frédéric Andrei change de décor et d'éditeur puisqu'il intègre La Manufacture de livres en publiant L'Homme Assis Au Carrefour De Chabottes, une intrigue aussi singulière que géniale se déroulant dans la région montagneuse de Grenoble où l'on découvre, par le biais d'un long interrogatoire, les activités d'un « sleuther" qui vient d'être hospitalisé à la suite d'une blessure par balle.

     

    frédéric andrei,l’homme assis au carrefour de chamottes,la manufacture de livres,roman policier,thriller,sleuther,lecture 2026,parution 2025,blog mon roman noir et bien serré,littérature noire,libri mondi,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraireEn tant que gendarme adjoint volontaire, Chloé Gutman est chargée de consigner la déposition de Loïc Payan qui a été admis à l'hôpital pour une blessure par balle qui a failli lui coûter la vie. C'est le commandant du peloton de gendarmerie qui est chargé de l'interrogatoire sur les circonstances d'une affaire dont elle ignore tous les tenants et aboutissants. Bien vite, elle comprend qu'on la laisse volontairement dans le flou, tandis que d'autres enquêteurs, dont elle ne connaît ni la fonction ni le service auquel ils sont rattachés, vont intervenir au cours d'un interrogatoire qui va révéler quelques éléments troubles d'une affaire en lien avec le meurtre d'une randonneuse que l'on a retrouvée à proximité d'une station de ski de la région. Quel rapport Loïc Rayan a-t-il avec ce fait divers ? Et qu’est devenue sa femme qu'il réclame sans cesse ? Et se peut-il qu'un tueur en série sévisse dans les environs sans que les autorités ne se soient aperçues de quelque chose ? 

     

    frédéric andrei,l’homme assis au carrefour de chamottes,la manufacture de livres,roman policier,thriller,sleuther,lecture 2026,parution 2025,blog mon roman noir et bien serré,littérature noire,libri mondi,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraireDans le paysage de la littérature noire, il y a toujours eu ce personnage de l’enquêteur amateur ridiculisant les forces de police  avec son esprit de déduction, souvent hors norme, sa ténacité et parfois son audace à toute épreuve lui promettant de  venir à bout des énigmes les plus insolubles. On a donc croisé le détective privé bien évidemment, mais également le journaliste et même la vieille dame espiègle résolvant des affaires sur lesquelles la police s’était cassée les dents du fait d’un mélange de stupidité, d’incompétence et de négligence. Et avec l’avènement d’Internet, on ne s’étonnera pas que ce genre des personnages aient suscité quelques vocations d’individus désireux de démontrer leur supériorité en se lançant dans la résolutions de cold case dans ce qui apparaît comme un loisir qu’ils partagent avec d’autres sur les forums des réseaux sociaux et que l’on désigne désormais sous l’appellation de sleuther désignant ces cyber-enquêteurs amateurs. Avec L’Homme Assis Au Carrefour De Chabottes, Frédéric Andrei s’empare donc de ce phénomène au gré d’une intrigue tendue, s’articulant autour de la personnalité de Loïc Payan, banal électricien, qui s’adonne donc à ce cyber loisir d’enquêtes criminelles prenant de plus en plus d’ampleur à mesure qu’il réalise qu’il peut s’émanciper d’une épouse et de sa belle-famille écrasantes qui ont toujours eux l’ascendant sur lui. L’enjeu est donc de savoir si cet enquêteur en herbe est un véritable génie dans ce qui apparait comme une véritable traque au serial killer sévissant dans cette région montagneuse des Alpes françaises que Frédéric Andrei met véritablement en valeur au gré d’un récit saisissant qui prend parfois quelques petites tonalités poétiques à l’instar du superbe titre de ce singulier roman prenant l’allure d’un thriller. L’autre enjeu de l’intrigue se focalise autour de Chloé Gutman, cette jeune gendarme adjointe volontaire cherchant à comprendre les circonstances d’une affaire criminelle dont elle n’a jamais eu connaissance alors qu’elle est chargée de rédiger le procès-verbal de l’interrogatoire  de Loïc Payan qu’elle ne connaît pas du tout. Ainsi le récit prend forme autour de cet interrogatoire mené par plusieurs enquêteurs issus de services qui ne font que renforcer la part de mystère emanant de ce texte d’une redoutable habilité qui s’inscrit dans une dimension de réalisme à toute épreuve, bien éloigné de ces thrillers grotesques et outranciers. Ainsi, au gré de la progression de cet interrogatoire mystérieux, le lecteur sera balloté de certitudes en retournements de situation semant à nouveau le doute que Frédéric Andrei met en scène avec un immense talent pour faire en sorte de nous immerger au sein de cet univers étrange des sleuthers, véritable incarnation d’égocentrisme et de vanité que l’auteur a su retranscrire à la perfection dans L’Homme Assis Au Carrefour De Chabottes qui se lit quasiment d’une traite. Un sans faute pour ce romancier qui sera présent à l’occasion du festival Libri Mondi broie du noir qui se tiendra le samedi 30 mai 2026 à Luri en Corse. 

     

     

    Frédéric Andrei : L'Homme Assis Au Carrefour de Chabottes. Editions La Manufacture de livres 2025.

    A lire en écoutant : The Magnificent Seven de The Clash. Album : From Here to Eternity. 

  • Yvan Robin : Bagarre / Lionel Destremau : Voir Venise… Nuits d’enfer.

    IMG_3567.jpegIl y a indéniablement l’amour des beaux textes qui réunit ces deux romanciers de la littérature noire et probablement toute une multitude d’autres points communs que l’on pourrait évoquer dans leurs parcours d’écriture à l’instar de leurs dernières publications respectives s’inscrivant toutes deux dans un format court pour décliner le thème de la soirée qui va mal tourner. On connaît Yvan Robin pour sa passion du mauvais genre qu’il  met en avant par le biais de ses romans dont Après Nous Le Déluge (J’ai Lu 2023), intrigue apocalyptique aux relents de fin du monde, à la fois âpre et poétique, mais aussi d’autres publications comme cette passionnante rétrospective de l’oeuvre d’Hervé Le Corre, dont on prend la mesure au gré d’un entretien fleuve incisif que l’on retrouvera dans Hervé Le Corre, Mélancolie Révolutionnaire (Playlist Society 2024). Critique littéraire, poète, éditeur et directeur du festival Livre en poche qui se tient chaque année à Gradignan, Lionel Destremau est notamment l’auteur de Gueules D’Ombre (La Manufacture de livres 2022) et de Jusqu’à La Corde (La Manufacture de livres 2023), deux romans prenant pour cadre la ville fictive de Carena, tandis qu'Un Crime Dans La Peau (La Manufacture de livres 2025) s’affiche comme le récit romancé d’un fait divers se déroulant dans le Lyon des années trente, en s’attachant au parcours de deux marginaux cherchant à s’extraire de leur condition.  C’est d’ailleurs autour d’un récit également romancé que prend forme Bagarre, nouveau roman d’Yvan Robin relatant par le menu détail l’affrontement dantesque qui s’est déroulé dans un établissement de Jonzac, en Charente-Maritime, qui a été littéralement mis à sac tandis qu’avec Voir Venise… de Lionel Destremau, c’est dans un palais de la Sérénissime que l’on va assister aux libations de nantis qui va virer au jeu de massacre en heurtant de plein fouet une modeste famille de touristes.

     

    IMG_4179.pngRésumé de Bagarre:

    Du côté de Jonzac, Sauveur fait partie de la communauté de gitans implantés depuis des lustres dans la région. Après avoir reçu une magistrale mandale  qui lui a démonté la mâchoire, c’est peu dire qu’il entretient une certaine rancoeur à l’égard de Virgile, le videur du Canotier, un établissement de la ville prisé pour ses karaokés endiablés du samedi soir, qui avait refusé de le laisser rentrer.  Mais les semaines ont passé et pour célébrer la fin des vendanges avec ses cousins, Sauveur est de retour en comptant bien profiter de la soirée. Pourtant, malgré la patience du patron, les gestes et comportements déplacés s’enchaînent au grand dam de Virgile qui va devoir recruter ses potes de toujours, avides de bagarre, pour faire en sorte de virer manu militari toute la clique imbibée d’alcool et de coke. Autant dire que la tâche ne va pas être facile alors que le pugilat tourne à la bataille rangée s’égrenant tout au long d’une nuit qui promet d’être longue.

     

    En publiant un texte chez In8, Yvan Robin intègre donc la collection Polaroïd, un format court, dont le directeur n’est autre que Marc Villard, grand façonnier de la nouvelle noire, qui a rassemblé toute une multitude d’auteurs qui se sont éprouvés à ce format bref, pour capter l’instantané du fait divers à l’instar de Nicolas Mathieu, de Jean-Bernard Pouy, de Marion Brunet, de Laurence Biberfeld, de Jérémy Bouquin, de Marcus Malte et encore bien d’autres qui comptent au sein de ce que l’on sait faire de beau dans la littérature noire. S’inspirant d’un fait divers datant de 1999 qui a marqué le bourg de Jonzac où il a vécu, Yvan Robin passe par le menu détail tous les aléas d’une bagarre dantesque débutant au Canotier, un bar karaoké de la ville, pour déborder, durant la nuit, dans les quatre coins de la localité. Ayant rassemblé, 25 ans plus tard, les points de vue des protagonistes de l’événement, il déclinera, sous une forme romancée bien tendue, tous les enchainements de ce conflit nocturne qui ne semble pas vouloir prendre fin et qui s’inscrit dans une dimension sociale où l’on passe en revue tout ce petit monde de la nuit qui se côtoie, mais où l’on perçoit quelques ressentiments sous-jacent notamment vis à vis de la communauté de gitans qui se sont implantés dans la région. On assiste à un bal dantesque de gueules et de membres fracassés, de plaies et de fractures qui s’enchainent au rythme de l’échange de coups de poing ornés de bagouses en acier et de coups de pied qui déboitent les rotules, dans ce qui apparait comme une véritable bataille rangée entre videurs avides d’en découdre et gitans complètement défoncés. Mais à mesure que le pugilat s’enfonce dans une spirale de violence de plus en plus incontrôlable, on capte également l'affolement de la clientèle prise à partie ainsi que le désarroi des gendarmes quelque peu dépassés par l’ampleur de la fureur des belligérants. Tout cela se met en place dans une atmosphère chargée de testostérone qu’Yvan Robin a su restituer avec une belle justesse de ton, tout en capturant à la perfection l’ambiance de cette époque de la fin des années 90 qui imprègne ce texte solide qui va raviver bien des souvenirs lointains, de ces soirées un peu dingues prenant pour cadre ces régions rurales pas si tranquilles que ça.

     

    Capture d’écran 2026-04-19 à 19.09.18.pngRésumé de Voir Venise... :

    A Venise, des invités triés sur le volet s’agglutinent aux portes du Palazzo Erizzo où se tient un fête somptueuse, véritable bacchanale déjantée, qui tournent au jeu de massacre à mesure que les participants consomment une drogue synthétique qui libèrent en eux des pulsions meurtrières. Séjournant dans l’appartement voisin avec sa petite famille, c’est Paul Fichard qui découvre l’ampleur du désastre. Des vacances qui risque donc de tourner court. Mais plutôt que d’aviser la police, il s’empare de l’argent et d’une partie de la drogue restante pour planquer le tout dans une consigne. Tout cela à l’insu de sa femme et de ses deux petites filles. C’est le début des ennuis qui vont s’enchaîner de manière tumultueuse.

     

    Avec Voir Venise… c’est l’occasion de découvrir Melmac éditions et sa collection Esprit Noir dont de nombreux textes sont dédiés à Marseille et ses environs. Fondée par Patrick Coulomb, Journaliste, romancier, lui même natif de la cité phocéenne, la maison nous offre tout un panel de textes s’insérant dans des genres différents  que ce soit la SF ou la vibration urbaine se déclinant dans une dimension éditoriale imprégnée de liberté, ce qui n’a pas de prix de nos jours où la concentration des médias aux mains de milliardaires devient un véritable piège.  Ce souffle de liberté, on le retrouve dans ce nouveau roman de Lionel Destremau qui s’empare du décor de la Sérénissime pour le faire véritablement voler en éclat. Exit donc cette atmosphère romantique et mystérieuse qui plane habituellement sur la lagune pour plonger dans le rythme infernal d’une fête huppée se déroulant dans l’un de ces fameux palazzos somptueux qui va basculer vers une espèce de folie meurtrière avec des convives sous l’emprise d’une redoutable drogue de synthèse libérant leurs pires instincts tandis que les organisateurs, tentant de contenir les débordements, prennent le parti de s’entretuer afin limiter les dégâts. Ainsi, dans cette première partie, Lionel Destremau passe en revue la montée crescendo de ce qui apparait comme une véritable orgie de sexe, de drogue et de sang au gré de scènes dantesques qui basculent dans un registre burlesque, littéralement jubilatoire. Dans la seconde partie, le romancier s’attarde sur le parcours de Paul Fichard, ce père de famille qui veut s’extraire de sa condition morne et sans fard, dépeinte avec ce cynisme digne des meilleurs textes de Manchette et qui bascule dans une tragédie tempétueuse, c’est le moins que l’on puisse dire. Il faut dire qu’en dépit d’un contexte hors norme, basé sur la réalité de ses drogues de synthèse et de leurs effets destructeurs, Lionel Destremau s’emploie à faire en sorte de mettre en scène une intrigue solide qui tient toute ses promesses jusqu’à la dernière ligne d’un épilogue nous offrant encore quelques perspectives sombres quant au devenir de certains protagonistes de ce récit qui ne manquera pas de vous secouer. Bref et percutant, Voir Venise… est donc un pur bonheur de lecture pour les amateurs de romans noirs cyniques et déjantés.

     

    Lionel Destremau : Voir Venise... Editions Melmac/Esprit Noir 2026.

    Yvan Robin : Bagarre. Editons In8 / Collection Polaroïd 2025.

    A lire en écoutant : Baston de Renaud. Album : Marche à L’Ombre. 1984 Polydor.

     

     

  • MATHILDE BEAUSSAULT : LA COLLINE. DONT ACTE.

    IMG_3980.jpegOn ne sait plus trop bien par quoi commencer pour commenter l’actualité de celle que l’on peut déjà considérer comme l’une des grandes figures montantes de la littérature noire  avec deux romans aux connotations sociales qui se distinguent véritablement au sein de l’ensemble des publications de ces deux dernières années. Il faudra tout d’abord mentionner Les Saules (Seuil/Cadre Noir 2025) premier roman de Mathilde Beaussault qui est désormais disponible en format poche, ce qui vous permettra d’appréhender, pour les inconscients qui ne l’auraient pas encore fait, ce polar aux accents ruraux, prenant pour cadre cette terre de Bretagne dépouillée de tous les clichés qu’elle peut véhiculer. Pour cette enseignante qui ne se prédestinait pas  forcément à se lancer dans l'écriture de polar, on relèvera cette propension à bousculer quelque peu des codes propre au genre pour faire en sorte de véhiculer, avec beaucoup de retenue, une noirceur certaine se conjuguant à la fragilité de ses personnages évoluant dans cet environnement rural qu’elle connaît bien. Mais l’autre actualité de Mathilde Beaussault, c’est la parution de La Colline, son second roman, pour lequel elle était très attendue, avec cette pensée carnassière de savoir si elle était en mesure de réitérer le succès qui a entouré son premier ouvrage. Conjuguant, une nouvelle fois cette campagne magnifiée à un environnement beaucoup plus urbain de la banlieue de Rennes, en se penchant sur le destin d’une jeune fille mutique, on admettra sans réserve que Mathilde Beaussault parvient encore une fois  jà nous saisir au gré d’une intrigue prenante qui se décline au rythme d’un roman choral à l’écriture singulière qui caractérise désormais son style. 

     

    mathilde beaussault,la colline,editions seuil polar,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,actualité littéraire,roman noir,roman policier,parution 2026,lecture 2026Lorsque l’on jette ses ordures, un matin d’hiver, dans un container de la banlieue de Rennes, on peut faire des découvertes déconcertantes à l’instar de ce bébé dont les pleurs vont alerter ce vieil homme s’apprêtant à se débarrasser de son sac poubelle. Et tandis que pompiers, secouristes et policiers s’emploient à sauver le nouveau-né et à découvrir les circonstances qui l’ont conduit à se retrouver dans cet endroit insalubre, Monroe, un jeune fille de 17 ans, se vide de son sang sous le regard impavide de sa mère qui l’a enfermée dans sa chambre. Oscillant d’une lucidité incertaine à un état semi-comateux, l’adolescente se remémore ces quelques mois passés sur La Colline, où vit sa grand-mère Madeleine qui l’a recueillie alors qu’elle était enceinte. Ce sont des instants de bonheur dans cet environnement âpre où la vieille femme transmet la somme de ses connaissances de guérisseuse à sa petite fille qui se reconstruit peu à peu jusqu’à ce que tout bascule. Et tandis que Monroe agonise sur ce matelas crasseux, les policiers investiguent dans cette cité désolée, tandis que les soignants s’activent autour de cet enfant afin de le tirer d’affaire sous le regard des pompiers qui l’ont secouru et qui s’interrogent sur la tournure de cet événement tragique. Quelle en sera la finalité ?

     

    mathilde beaussault,la colline,editions seuil polar,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,actualité littéraire,roman noir,roman policier,parution 2026,lecture 2026Inspiré du fait divers d’un bébé retrouvé dans une poubelle de la ville de Rennes dont sa soeur, sage-femme, lui a rapporté certains aspects, Mathilde Beaussault rend également hommage à sa grand-mère par le biais de ce magnifique portrait de Madeleine qui s’inscrit dans le thème de la transmission nourrissant une grande partie de cette intrigue noire, auréolée de la lumière de ses souvenirs d’enfance  transparaissant dans cet environnement de La Colline que parcourt Monroe, une jeune fille en déshérence, qui retrouve un certain équilibre au contact de cette matriarche  dont l’affection toute en retenue devient le véritable moteur de sa vie chaotique. D’entrée de jeu, on appréciera la construction narrative taillée au cordeau que la romancière décline sur le registre de la chorale de points de vue qui régissent l’intrigue menée tambour battant autour de la personnalité des différents individus qui vont interférer dans le cadre de la découverte de ce nouveau-né qui va bousculer chacune de leur existence. Que ce soit les secouristes, les policiers et les soignants, mais aussi toute une multitude de personnes plus ou moins proche de Monroe l’ensemble de ces points de vue  se déclinent sur le mode de la première personne, ce qui permet d’absorber une certaine dose d’émotion qui sera toute contenue lorsque l’on se penche sur le parcours de Monroe en adoptant une narration à la troisième personne ce qui nous permet d’éviter l’écueil du registre larmoyant qui ne transparait jamais dans cette intrigue d’une dureté éprouvante qui vous secoue en permanence avec, en arrière plan, toute la dimension tragique des violences à l’égard des femmes qui transparait notamment par l’entremise de personnages touchants à l’image de ce duo improbable que forme Samantha, femme de la rue que la vie n’a pas épargné et de Lazuli, bourgeoise nantie dont l’attitude guindée dissimule une détresse certaine. Et puis le véritable coup de génie, réside dans la lecture des procès-verbaux des interrogatoires de la police dont la froideur administrative nous donne le vertige en mettant en perspective toute la tragédie sordide qui entoure la famille de Monroe dont on va saisir toute la mesure en prenant soin de rester dans un réalisme social captivant. Ainsi, La Colline apparait comme le cri du coeur de Monroe, cette jeune femme meurtrie, ayant trouvé refuge dans le silence, mais dont les contours de sa détresse vont émerger d’une manière ou d’une autre en devenant l’un des  enjeux d’une intrigue aussi habile que prenante, suscitant toute une gamme de sentiments en passant de l’indignation à l’espoir qui rejaillit dans la luminosité de personnages pétris d’humanité. Et pour clôturer l’actualité de Mathilde Beaussaut, on relèvera sa présence aux Quais du Polar à Lyon où elle dédicacera ses deux livres. 

     

    Mathilde Beaussault : La Colline. Editions Seuil / Cadre Noir 2026.

     

    A lire en écoutant ; Summertime interprété par Big Brother & The Holding Compagnie & Janis Joplin. Album : Cheap Thrills. 1968 Sony Music Entertainment.