Olivier Truc : La Baleine Et Le Berger. Récits d'objets.

Service de presse.
Lorsqu'il débarque aux Quais du Polar en 2013, il remporte le prix des lecteurs avec son premier roman policier; Le Dernier Lapon {Métailié 2012), qui fait sensation en raflant pas moins d'une vingtaine de prix récompensant le premier opus de la série de la Police des Rennes qui dépeint cette environnement du Grand Nord dont il est désormais familier puisqu'il officie également comme correspondant auprès de nombreux médias pour les pays nordiques et baltes pour lesquels il a également consacré plusieurs documentaires en tant que réalisateur. Olivier Truc est également l'auteur de plusieurs récits dont L’Affaire Nobel, Une Autre Histoire De La Suède (Grasset 2019) retraçant le scandale qui a entaché l'institution, ainsi que, sous une forme plus romancée, l'affaire des sous-marins de Karachi dont il dessine les contours avec Les Sentiers Obscurs De Karachi {Métailié 2022) tandis qu'il dénonce les affres de la colonisation et de l'évangélisation de la Scandinavie qui transparaissent dans Le Cartographe Des Indes Boréales {Métailié 2019), récit d'aventure dense autour du parcours d'Izko qui devient le témoin des bouleversements ravageant la région au XVIIe siècle. Régulièrement présent aux Quais Du Polar, Olivier Truc a également participé au partenariat littéraire du festival, "Deux auteurs, deux pays, un seule enquête", en publiant L'Inconnue Du Port (Point 2023), brève intrigue énergique se déroulant entre Barcelone et Lyon qu'il a coécrit avec la romancière espagnole Rosa Montero. Mais c'est d'une toute autre démarche dont il s'agit avec La Baleine Et Le Berger puisqu'Olivier Truc s'inscrit dans le cadre de la collection Récits d'Objets du fabuleux musée des Confluences de Lyon consistant, pour chaque écrivain invité, à s'approprier d'un des objets du muséum pour en décliner une intrigue où l'imaginaire est au service de la science. Et ce n'est pas moins du gigantesque squelette du rorqual commun boréal, traversant les différents niveaux du bâtiment à l'architecture audacieuse, dont il s'est emparé pour en relater la découverte sur les côtes corses en 1877.
En Corse, Uliveriu, jeune berger de 15 ans, prend garde de ne jamais franchir le col de San Bastiano et arpente le maquis avec le troupeau de chèvres que son oncle irascible lui confie chaque jour. Mais un jour, lorsqu’il s’aperçoit que deux bêtes sont manquantes, il franchit la crête montagneuse masquant la mer et découvre la silhouette massive d’une baleine échouée sur une plage déserte où nul ne s’aventure. Et tandis qu’une nuée d’oiseaux survolent la carcasse du mammifère marin, le garçon distingue le corps sans vie d’un jeune marin partiellement dissimulé sous le flanc de l’animal. Quel événement tragique à lié à tout jamais l'homme et le cétacé ? A plus d'un titre, Iliveriu est tiraillé par la singularité de cette découverte qu'il doit dissimuler à son oncle qui prendrait mal son incartade au détriment du troupeau dont il a la charge. Mais en se confiant à un ancien du village, il perçoit la somme d'argent importante qu'il pourrait obtenir en recueillant les fanons de la baleine, matière très convoitée en cette fin du XIXe siècle. Peut-être obtiendra-t-il des réponses auprès du maître d'école qui vient dispenser ses leçons une fois par semaine et qui dispose de certains ouvrages animaliers mais également des journaux dont il fait la lecture pour l’ensemble des habitants de la localité.
En introduction de ce bref roman, vous trouverez quelques caractéristiques de ce squelette de baleine ornant désormais le hall du musée des Confluences de Lyon ainsi que certains aspects sur les péripéties de son acquisition, de la restauration de certaines vertèbres endommagées, de l'absence des fanons, de son exposition au musée Guimet de Lyon jusqu'à sa fermeture, de son sommeil dans une caisse durant plus d'une décennie avant de retrouver la lumière. Et c'est à partir de ces éléments qu'Olivier Truc a façonné cette intrigue prenant l'allure d'une aventure et d'un fait divers s'articulant autour de la personnalité d'Ulivieru Romanetti, un jeune berger corse s'écartant du maquis pour découvrir cette baleine échouée sur une plage déserte ainsi que le corps sans vie d'un marin tout aussi jeune que lui. C'est peu dire que l'on se retrouve totalement immergé dans cette ambiance de nature sauvage où le cri des oiseaux se mêle au murmure des vagues se désagrégeant cette côte désolée tandis que résonne au loin le bêlement des chèvres d'un berger intimidé par cette trouvaille dont il ne sait que faire. A partir de là, l'intrigue prend également l'allure d'une émancipation sociale qui se traduit par le biais de la connaissance, incarnée par ce maître d'école parcourant la région afin de dispenser ses leçons aux enfants des villages
environnants. De cette soif de connaissance imprégnant ce jeune homme du XIXe siècle, on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec le musée des Confluences abritant plus de deux millions d'objets avec pour ambition de narrer l'histoire de l'humanité par le prisme des sciences naturelles et des sciences humaines se conjuguant pour alimenter notre imaginaire et notre propre soif de connaissance. S'inscrivant ainsi dans un registre très réaliste, on en est à se demander qu'elles sont la parts de récit et de fiction régissant cette intrigue sobre qui n'est pas dénuée d'une certaine émotion que l'on relèvera au fil des révélations mettant à jour les circonstances de cet événement peu commun qu'Olivier Truc décline avec une belle sensibilité animant l'ensemble de l'entourage de ce berger également en quête de justice qui, outre cette baleine échouée, découvre tout un monde qui s'offre à lui. C'est ainsi que La Baleine Et Le Berger vous inciteront à vous rendre au musée pour contempler ce sublime squelette de baleine admirablement bien conservé, terrain fertile d'un imaginaire que le romancier est parvenu à exploiter avec une habilité saisissante. Et pour celles et ceux qui se rendront aux Quais du Polar, vous pourrez aller à la rencontre d'Olivier Truc qui évoquera le sujet en compagnie d'Olivier Adam, bioacousticien, spécialiste des baleines, tous deux réunis en partenariat avec le musée des Confluences et un festival de littérature noire ouvert sur les richesses que recèlent la ville de Lyon.
Olivier Truc : La Baleine Et Le Berger. Editions Cambourakis & Musée des Confluences 2026.
A lire en écoutant : Trio en la mineur : Modéré de Maurice Ravel. Album : Trio Ravel. Debussy : Trio en sol majeur pour piano, violon et violoncelle - Ravel : Trio en la mineur pour piano, violon et violoncelle. 1986 Arion.

Première de sa promotion au concours d'officier de police judiciaire, Nora demeure toujours affectée, après une année de service, à la fonction de patrouilleuse au sein d'un commissariat où bon nombre de policiers voient d'un mauvais oeil son attitude qu'ils jugent à la fois hostile et défiante, ce d'autant plus qu'elle affiche également sa ferveur chrétienne qu'elle met au service des réprouvés qu'elle côtoie dans le cadre de son travail. A l'occasion d'un ronde avec deux collègues, dont Djabri, vieux briscard qui a toujours vécu dans ce secteur de la presqu'île de Gennevilliers, ainsi que William, jeune flic en tenue qui vient de débarquer de sa province, Nora va se rendre dans la zone portuaire où s’est échoué un container à semi-immergée dans lequel l'équipage découvre les corps sans vie de jeunes femmes et d'un enfant qui ont fait le voyage depuis les côtes africaines dans des conditions atroces. S'agit-il d'un accident ou d'un crime, c'est ce que l'enquête devra déterminer au grand désarroi de la jeune policière que le commissaire Janowski écarte de l'affaire en dépit de ses compétences. Mais convaincue que cet événement tragique n'a rien de fortuit, Nora défie sa hiérarchie et entame des investigations en marge de la procédure officielle avec une volonté impérieuse qui la dépasse complètement.
Une fois encore, Olivier Ciechelski nous entraîne sur un tout autre registre que celui auquel on peut s'attendre avec Le Livre Des Prodiges qui va s'écarter du thème classique de l'enquête parallèle sur des réseaux de prostitution abondamment traité dans le domaine de la littérature noire. Comme le titre le laisse présager, il sera également question d'événements surnaturels qui vont interférer dans le cours des investigations de Nora, policière au profil atypique, dont le romancier joue avec certains aspects de sa personnalité sur laquelle il laisse planer un certain doute comme il l'avait fait d'ailleurs dans son précédent ouvrage avec certaines caractéristiques de Stanislas Kosinski, individu autour duquel on s'est laissé surprendre comme cela sera le cas avec Nora. Que l'on ne s'y trompe pas, le thème du prodige, comme il est abordé, se décline sur un registre extrêmement sobre sans qu'il ne soit question de théories fumeuses ou d'explications vaines, nous interrogeant davantage sur la question de la foi au gré de conversations entre Nora et le prêtre de l'église de sa congrégation, ainsi que sur les légendes urbaines qui résonnent dans cet environnement habilement mis en perspective et qui s'agrége parfaitement à l'atmosphère de cette intrigue aux connotations singulières qui vont nous dérouter avec cette collision entre nos croyances occidentales et celles plus lointaines du continent africain.
Ainsi, la ville de Gennevilliers prend véritablement corps dans Le Livre Des Prodiges avec quelques scènes dantesques à l'instar de cette tempête ravageant la ville, qui prend une dimension quasi biblique avec cette symbolique du déluge de la Genèse balayant la corruption et la violence des hommes dont il est également question au fil de ce roman surprenant à plus d'un titre. Tout cela s'imbrique donc autour du parcours de Nora confrontée à un passé qui va ressurgir au gré d'une enquête chaotique où sa maladresse de jeune novice livrée à elle-même sera donc contrebalancée par quelques incidents étranges qui s'inscriront dans une cohérence certaine que le romancier décline avec une redoutable habilité, ce qui fait que l'on s'inscrit dans une ambiance de légende urbaine somme toute assez réaliste ce qui constitue un paradoxe en soi assez surprenant. Tout juste regrettera-t-on que la personnalité de Nora prenne beaucoup de place au détriment de personnages secondaires comme Djabri ce flic expérimenté dont on aurait aimé qu'il soit plus présent alors que les policiers comme Conrad, Brice et Jaworski sont cantonnés dans un rôle d'adversaires légèrement stéréotypés. Il n'en demeure pas moins que Le Livre Des Prodiges se distingue furieusement dans un parfait équilibre entre le polar et le fantastique prenant parfois quelques tonalités poétiques virant au sublime à l'image de cette scène finale qui vous laisse sans voix. A noter que vous pourrez rencontrer Olivier Ciechelski à l'occasion du festival des Quais du Polar qui se tiendra à Lyon du 3 au 5 avril 2026.
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à l’instar de 13 Tzameti du réalisateur géorgien Gela Banluani et de Intacto de l’espagnol Juan Carlos Fresnadillo traitant le thème de la chance dans un registre terrifiant tout comme The Manchurian
Candidate (Un Crime Dans la Tête) de John Frankenheimer tout droit inspiré du programme MK Ultra que la CIA a mis en place en 1953 dans l’intention d’identifier les méthodes visant à contrôler et manipuler le comportement et l’esprit humain et que Damien Igor Delhomme mentionne dans son roman où il imagine son corollaire version soviétique qu’il met en scène avec une réalisme effarant dans ce qui apparaît comme un complot d’état. D’ailleurs, à la lecture de La Chance Rouge, on ne peut manquer de mentionner toute la maîtrise narrative rappelant furieusement l’admirable Partie De Chasse, bande dessinée
emblématique d’Enki Bilal et de Pierre Christin abordant également cette période trouble de l’ère Brejnev. Infusant ainsi toute une myriade
de références au gré d’une intrigue passionnante, il sera possible d’évoquer certaines d’entres elles
En 1969, à la lecture d’un article mentionnant les progrès des américains dans le domaine du contrôle mental, Leonid Brejnev, secrétaire général du parti communiste de l’Union
Pour le prix d’une chronique vous aurez droit à un roman, une bande dessinée en deux volumes ainsi qu’à un recueil un peu particulier dont l’achat permettra d’aider Réservoir Books, une librairie indépendante de Besançon, ville apparaissant régulièrement dans l’ensemble de l’oeuvre du romancier qui y a grandit, tout comme Victor Hugo, signe d’une grande destinée à venir. Outre les localités où il a vécu servant de décor pour ses intrigues, l’autre
Killing Me Softly :
Habemus Bastard 1 & 2 :
Avec Jacky Schwartzmann au scénario associé à
fond les règlements de compte s’enchainent entre un clan de gitans et un gang lyonnais dont Lucien faisait partie. Sans trop dévoiler d’éléments du récit, il faut relever l’excellence de la mise en scène qui fonctionne parfaitement au gré de ces entrelacs
On Voudrait Pas Crever :
Juillet 1982. C’est la consécration pour Jacquie Lienard, inspectrice auprès des RG, qui intègre désormais la cellule antiterroriste de l’Elysée, sous l’égide des officiers du GIGN qui répondent aux ordres directs du président François Mitterrand et son chef de cabinet François de Grossouvre. C’est l’occasion pour la jeune femme de poursuivre sa traque de la mystérieuse Khadidja Ben Bouazza, cette ancienne militante du FLN qui alimente désormais en arme les groupuscules de l’OLP, d’Action Directe et du FLNC avec l’appui de l’ex-policier Jean-Louis Gourvennec qui opère sur le territoire français en convoyant des explosifs à destination de l’extrême gauche révolutionnaire. Elle n’est pas la seule sur le coup et doit damner le pion à Marco Paolini, inspecteur en disgrâce affecté à la DST ainsi qu’à Robert Vauthier qui fraye avec la DGSE en opérant désormais du côté du Liban en pleine ébullition. Ainsi, au rythme des affaires et scandales alimentant la chronique politico-judiciaire en servant les intérêts d’une extrême-droite en pleine ascension, les investigations de Lienard, Gourvennec, Paolini et Vauthier vont converger vers Beyrouth où s’est réfugiée celle qui détient les secrets inavouables d’une République qui n’en a plus que le nom.