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<title>MON ROMAN ? NOIR ET BIEN SERRE !</title>
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<subtitle>Littérature noire. &amp;quot;Café-crime arrosé sang !...&amp;quot; Jacques Prévert</subtitle>
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>Chronique polar : Valentine Imhof - Les Abandonnés de l’île Saint-Paul</title>
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<summary>   Il ne faudrait pas se fier à cette apparence calme et posée qu’elle dégage...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1428105&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/02/278173024.png&quot; alt=&quot;valentine imhof,Éditions de l'aube,parution 2026,récit&quot; /&gt;Il ne faudrait pas se fier à cette apparence calme et posée qu’elle dégage alors que l’on décèle dans l’ensemble de ses textes une espèce d’énergie disruptive transparaissant dans la maîtrise d’une écriture solide, engagée et imprégnée d’une noirceur troublante qui transcende son œuvre. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Si le premier roman de Valentine Imhof, &lt;em&gt;Par Les Rafales &lt;/em&gt;(Rouergue 2018), se déroule à Metz, non loin de Nancy où elle est née, on relèvera que &lt;em&gt;Zippo&lt;/em&gt; (Rouergue 2019) et &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2022/02/19/valentine-imhof-le-blues-des-phalenes-deflagration.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Le Blues Des Phalènes&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; (Rouergue 2022) prennent pour cadre les États-Unis, résurgence sans doute d’une passion pour ce pays dont elle a étudié la littérature avant d’enseigner durant deux ans dans une université du Midwest, tandis que son tout premier ouvrage publié est un essai biographique consacré à Henry Miller. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Mais c’est d’un tout autre environnement qu’il est question dans &lt;em&gt;Les Abandonnés De L'Ile Saint-Paul&lt;/em&gt;, reflet du goût de l’insularité pour celle qui s’est établie depuis 25 ans à Saint-Pierre-et-Miquelon où elle est professeure de lettres au lycée Émile-Letournel, et qui s’est penchée sur le sort de ces sept forçats de la mer que l’on va laisser livrés à eux-mêmes sur un îlot désertique de l’océan Indien, non pas trois mois comme initialement prévu, mais plus de neuf mois. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Traitant d’un fait d’actualité des années trente, ce nouvel ouvrage de Valentine Imhof inaugure la nouvelle série « L’affaire qui » des éditions de l’Aube dirigée par Michèle Pedinielli, qui invite des autrices et des auteurs de la littérature noire à explorer un fait divers historique de leur choix leur paraissant particulièrement emblématique de l’époque où il se situe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1428027&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/00/2993896345.jpeg&quot; alt=&quot;valentine imhof,les abandonnés de l’île saint-paul,éditions de l’aube,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,retour de lecture,parution 2026,récit&quot; /&gt;Mars 1930. Après avoir mis en conserve les langoustes sur l’île de Saint-Paul, l’équipage de l’Austral s’apprête à appareiller pour retourner au pays mettant ainsi un terme à une éprouvante campagne de pêche de six mois. Néanmoins la société La Langouste française exige&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;une présence sur l’île afin d’assurer le gardiennage des installations ainsi qu’une présence pérenne sur ce territoire contesté&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;de l’empire colonial français. Ce sont donc six employés Bretons, dont une femme enceinte, et un ouvrier Malgache qui vont rester seuls sur cette terre désolée dans ce qui apparaît presque comme un congé payé d’une durée maximum de trois mois alors que l’on n’exige d’eux que de menus travaux d’entretien. Mais la relève tarde à venir, ce qui fait que ce séjour forcé se prolonge de six mois et que lorsque le navire accoste enfin, ce ne sont plus que trois survivants que l’on va retrouver sur l’île de Saint-Paul.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1428048&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/01/785796937.png&quot; alt=&quot;valentine imhof,les abandonnés de l’île saint-paul,éditions de l’aube,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,retour de lecture,parution 2026,récit&quot; /&gt;En s'associant à RetroNews, le site de presse de la BnF, chaque ouvrage de la collection L'affaire se voit enrichi d'illustrations — qu'il s'agisse d'articles de journaux, de photos ou de gravures — qui permettent de mieux saisir le contexte de l'époque entourant le sujet abordé. C'est le cas pour cette tragédie des années trente que Valentine Imhof prend soin de restituer avec rigueur, sans que la narration, imprégnée d'une certaine colère et parfois d'une atmosphère mélancolique, n'en souffre pour autant. Ainsi, Les Abandonnés de l'île Saint-Paul se lit d'une traite, mêlant un sentiment d'aventure à un regard social sur cette période où l'empire colonial français est à son apogée, laissant la place à une liberté entrepreneuriale où le profit se fait sur le dos des autochtones et des travailleurs, en pillant les richesses de ces régions conquises.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Subdivisé en deux parties, l'ouvrage débute avec « L'attente », dans laquelle Valentine Imhof s'attache à mettre en exergue le calvaire de ces six hommes et de cette femme enceinte dans un registre sobre qui ne fait que renforcer toute la détresse de cet abandon de neuf mois et de ces morts qui se succèdent. Si l'on avait un doute, on perçoit que la vie des individus ne vaut pas grand-chose pour ces entrepreneurs avides qui s'évertuent à faire en sorte que leurs investissements génèrent du bénéfice à tout prix.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans la seconde partie, consacrée à « L'affaire des oubliés de Saint-Paul » en tant que telle, Valentine Imhof s'intéresse aux médias qui vont traiter ce drame et, bien entendu, aux circonvolutions judiciaires qui vont s'étaler sur près d'une décennie, avec comme enjeu de savoir si les survivants vont finir par être indemnisés. Mais avec des titres racoleurs comme les « Robinson volontaires », la plupart des articles de presse s'orientent vers une narration à la fois romanesque et exotique destinée à faire frissonner le lecteur qui ne sera guère au service des rescapés, qui vont être jetés en pâture à l'occasion de procès où les joutes verbales des avocats, souvent de connivence, deviennent plus importantes que le fond de l'affaire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ainsi, l'événement apparaît sous un angle sensationnaliste dont Valentine Imhof souligne la désinvolture, notamment à travers ce terme d'« oubli », comme s'il s'agissait de simples marchandises que l'on aurait égarées durant neuf mois. Tout cela se décline sur fond d'entre-soi et d'injustice, suscitant un effroi et une indignation que l'on peut percevoir tout au long d'un récit intense où l'on distingue ce mépris des individus et des classes sociales modestes auxquelles ils appartiennent et que l'on exploite sans vergogne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Aussi bref que dense, &lt;em&gt;Les Abandonnés De L'Île Saint-Paul &lt;/em&gt;s'inscrit dans un registre journalistique passionnant, que la romancière conjugue avec son sens de l'intrigue aiguisé pour mettre en évidence les dérives d'une époque où l'on tend à minimiser la valeur d'une vie humaine, sacrifiée sur l'autel du profit. Pas certain que cet aspect ait beaucoup évolué.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1428050&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/4086540334.2.png&quot; alt=&quot;valentine imhof,les abandonnés de l’île saint-paul,éditions de l’aube,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,retour de lecture,parution 2026,récit&quot; /&gt;A noter que Valentine Imhof est la marraine du festival &lt;a href=&quot;https://www.toulouse-polars-du-sud.com&quot;&gt;Toulouse Polar Du Sud&lt;/a&gt; qui se déroulera du 9 au 11 octobre 2026.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Valentine Imhof : Les Abandonnés De L'Ile Saint-Paul. Série « L’affaire qui » de la collection Aube Noire / Editions de L'Aube 2026.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A lire en écoutant : On Every Street de Dire Strait. Album : On Every Strait. 1991 Mercure Records Limited.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>Lolvé Tillmanns : Colon Ne S'Ecrit Pas Au Féminin. Les Suissis.</title>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1427655&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/00/2637953155.png&quot; alt=&quot;lovlé tillmanns,colon ne s’écrit pas au féminin,éditions cousu mouche,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,retour de lecture,littérature suisse,lecture 2026,publication 2026&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwiF6q70w5aXAxWg87sIHcRNFYgQi4wTegoIAggACAAIBxAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAA&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAQ&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;Ses&lt;/span&gt; parents &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;s'étant inspirés&lt;/span&gt; du titre d'un roman de Marguerite Duras pour lui donner son prénom, il n'est pas étonnant qu'elle ait plaqué son travail dans le &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;marketing&lt;/span&gt; pour se consacrer à l'écriture tout en enseignant le français aux expatriés de la Genève internationale. Native du canton de Vaud, d'un père alémanique et d'une mère romande, Lolvé Tillmanns s'est installée à Genève pour effectuer ses études avant de travailler notamment pour le compte de Rolex, ceci jusqu'en 2014 où elle se rend à Gênes pour séjourner durant trois mois dans une résidence littéraire qui lui permettra de publier &lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;33, &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;rue des&lt;/span&gt; Grottes&lt;/em&gt;, un premier roman aux allures de polar prenant pour cadre la communauté d'un petit immeuble d'un quartier populaire genevois qui bascule dans &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;une&lt;/span&gt; atmosphère inquiétante de fin du monde. Avec ce livre, la &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;primo-romancière &lt;/span&gt;connaîtra un certain succès tant auprès des lecteurs que des critiques qui découvrent une écriture imprégnée d'une dose de noirceur que l'on retrouve dans l'ensemble de son &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;œuvre&lt;/span&gt; constituée de huit ouvrages figurant, pour la plupart, dans la collection Cousu Mouche, &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;maison d'édition indépendante&lt;/span&gt; genevoise qui a la particularité d'être dirigée, depuis plus de vingt ans, par un comité de bénévoles qui ont constitué, dans le café où ils se rassemblent, un catalogue de 80 livres d'auteurs provenant de toute la Suisse romande. Mais pour en revenir à Lolvé Tillmanns, on relèvera que son avant-dernier roman &lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;La Fanatique&lt;/em&gt; retrace de manière romancée le parcours sombre de Magda Goebbels qui s'inscrira donc dans une dimension historique que l'on va retrouver dans &lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;&lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;Colon ne s'écrit pas&lt;/span&gt; au &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;féminin&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, son tout nouveau roman qui se penche sur l'histoire méconnue de la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif en Algérie qui fut créée par quelques hommes d'affaires suisses à qui Napoléon III octroya en 1853 une concession de vingt &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;mille&lt;/span&gt; hectares.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAQ&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAQ&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwiF6q70w5aXAxWg87sIHcRNFYgQi4wTegoIAggACAAICBAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAgQAA&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAgQAQ&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1427683&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/00/2323516947.jpeg&quot; alt=&quot;lovlé tillmanns,colon ne s’écrit pas au féminin,éditions cousu mouche,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,retour de lecture,littérature suisse,lecture 2026,publication 2026&quot; /&gt;En 1852, comme il se doit, Madame n'est pas &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;aux commandes&lt;/span&gt; des affaires de son mari, un richissime banquier genevois qui aspire à investir dans les colonies françaises, avec des vues sur l'Algérie. Néanmoins, lorsque la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif est créée, elle a un mauvais pressentiment et voit d'un très mauvais &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;œil&lt;/span&gt; cette idée d'envoyer &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;des&lt;/span&gt; citoyens suisses s'implanter dans la région. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAgQAQ&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Paysanne vaudoise, Anne-Laure peine à joindre les deux bouts avec une ferme au rendement insuffisant pour nourrir sa famille affamée. Ce n'est pas pour autant qu'elle aspire à s'établir en Algérie, un pays dont elle n'a jamais entendu parler. Mais que faire quand son mari a déjà décidé de tout et cédé les titres de propriété de l'exploitation afin de financer le voyage ainsi que l'installation du côté de Sétif, pour rejoindre cette communauté de colons vaudois &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;?&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAgQAQ&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Vivant dans la région de Sétif avec son frère Youssef et sa mère Dhaouia, Safia est une jeune adolescente désemparée qui a observé le massacre de sa tribu par l'armée française ainsi que l'expropriation de la terre de ses ancêtres désormais &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;attribuée&lt;/span&gt; à ces &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;Suisses &lt;/span&gt;avec lesquels elle va pourtant &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;se lier&lt;/span&gt;, plus particulièrement à ces femmes de &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;colons&lt;/span&gt; qui partagent la même précarité ainsi que des similarités quant à la condition féminine.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAgQAQ&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAgQAQ&quot; data-complete=&quot;true&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 16px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(10, 10, 10);&quot;&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1427720&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/00/3197076040.jpeg&quot; alt=&quot;lovlé tillmanns,colon ne s’écrit pas au féminin,éditions cousu mouche,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,retour de lecture,littérature suisse,lecture 2026,publication 2026&quot; /&gt;Au sein de la Suisse, il y a toujours eu ce mythe tenace de l’innocence quant à son absence d’implication dans le système délétère des colonies, du fait que le pays n’a effectivement jamais possédé de territoire en tant qu’État ; ce qui n’a pas empêché des banquiers et autres hommes d’affaires d’investir dans ce domaine. Et c’est ce sujet historique méconnu que l’on va découvrir dans &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s2&quot;&gt;Colon ne s'écrit pas au féminin&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;, où &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s3&quot;&gt;Lolvé&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; Tillmanns se penche sur cette Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif, dont elle a examiné les archives pour en restituer une intrigue romancée s’articulant autour du quotidien ordinaire de trois femmes dont on va suivre le parcours respectif, en se focalisant sur les années 1854 et 1855, qui constituent les deux premières parties du roman &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s3&quot;&gt;que représentent&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; la conquête et la colonisation, tandis que la troisième partie s’apparente à un long épilogue passionnant sur le devenir de chacun des personnages et de leur descendance. Ainsi, ces trois protagonistes féminines deviennent l’incarnation de ce système colonial, que ce soit « Madame », &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s3&quot;&gt;l'épouse&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; d’un banquier genevois, Anne-Laure, la paysanne vaudoise, ou Safia, cette jeune fille algérienne, au sein de ce qui s’apparente à un système de castes dont on observe l’environnement : celui de la haute bourgeoisie et de ceux qui financent cette colonisation en vue de profits juteux, celui des colons à proprement parler, en quête d’une vie meilleure, et bien évidemment celui des autochtones asservis. On ne manquera pas d’apprécier une narration et une mise en scène &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s3&quot;&gt;habiles&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;, &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s3&quot;&gt;efficaces&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; et &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s3&quot;&gt;rythmées&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; qui &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s3&quot;&gt;s'articulent&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; donc autour d’une alternance de ces trois points de vue, débutant par quelques lignes en italique pour planter le décor afin de nous immerger immédiatement dans leur quotidien, pour laisser place ensuite à leurs ressentis et à leurs échanges avec leurs proches. C’est ainsi que l’on observe ces dérives de la mise en &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s3&quot;&gt;œuvre&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; de cette colonie helvétique de Sétif, s’incarnant dans cette quête du profit se conjuguant à cette certitude de la supériorité raciale qui s’applique avec brutalité, mais parfois avec cette condescendance larvée qu’incarne un certain Henry Dunant, qui a pris part à cette activité avant de fonder la Croix-Rouge quelques années plus tard. Ce qui rejaillit du texte, c’est cette exploitation de la misère tant en Suisse qu’en Algérie que &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s3&quot;&gt;Lolvé&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; Tillmanns met en exergue au gré d’un texte à la fois sobre, laissant &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s3&quot;&gt;transparaître&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; cette émotion et cette douleur animant ces trois femmes évoluant dans un cadre &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s3&quot;&gt;patriarcal&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; extrême qui transcende les classes sociales auxquelles elles appartiennent. Et c’est là que le titre du roman prend tout son sens quand le regard de ces femmes, toutes trois corsetées dans le cadre de cette discrimination de genre, fait écho à ce mouvement colonialiste qu’elles subissent à leur corps défendant. Sans que cela ne vire jamais au pamphlet, Lolvé Tillmanns s’inscrit donc dans une dimension féministe pour refléter ces heures sombres de l’histoire de la Suisse mais surtout de l’Algérie, dont on saisit la perspective historique par le biais de ces épigraphes &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s3&quot;&gt;placées&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; au début de chaque chapitre, échos des courants de pensée autoritaires de ces hommes politiques, de ces militaires et de ces indépendantistes qui ont façonné le pays. Tout cela se décline dans la fluidité d’une intrigue naturaliste imprégnée de force et d’émotion au gré de la trajectoire douloureuse de ces femmes qui font de &lt;em&gt;Colon Ne S’Ecrit Pas Au Féminin&lt;/em&gt;, un roman essentiel. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img id=&quot;media-1427682&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/02/4011037516.png&quot; alt=&quot;lovlé tillmanns,colon ne s’écrit pas au féminin,éditions cousu mouche,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,retour de lecture,littérature suisse,lecture 2026,publication 2026&quot; /&gt;&lt;/em&gt;Le vendredi 2 et le samedi 3 octobre 2026, Lolvé Tillmanns sera présente au festival MAUVAIS GENRE qui se tiendra à Onex.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Lolvé Tillmanns : Colon Ne S'Ecrit Pas Au Féminin. Editions Cousu Mouche 2026.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant :&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; The Host Of Seraphim de Dead Can Dance. Album : The Serpent’s Egg. 2007 4AD Ltd.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>JURICA PAVICIC : ALLUMETTES. LES TERRES DE NIKO.</title>
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<updated>2026-09-28T07:45:13+02:00</updated>
<published>2026-09-27T21:42:00+02:00</published>
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<summary>        Service de presse.   &amp;nbsp;   À l’heure de cette rentrée...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1427475&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/01/3770285776.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_5532.jpeg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwjk0uD3xY-XAxW8_7sIHcZ-CXsQi4wTegoIAggACAAIBxAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Service de presse.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;À l’heure de cette rentrée littéraire chahutée où le petit microcosme des salons littéraires et des réseaux &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;s’écharpe&lt;/span&gt; autour des questions essentielles de la littérature, tournons-nous une nouvelle fois vers ces maisons &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;d’édition&lt;/span&gt; indépendantes qui tentent de s’élever &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;au-dessus&lt;/span&gt; de ce cloaque nauséabond de plagiat et &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;d’I.A.&lt;/span&gt; relayés par ces influenceurs littéraires éclairés s’adonnant aux mêmes pratiques. Afin d’échapper à ce brouhaha de considérations bien trop souvent ineptes, il n’est pas inutile de rappeler qu’Agullo célèbre ses dix années d’existence, ce qui n’est pas anodin dans ce monde instable de l’édition, et qu’à cette occasion il faut donc signaler la parution d’&lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;Allumettes&lt;/em&gt;, le nouveau roman de Jurica Pavičić auteur croate qui nous avait &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;impressionnés&lt;/span&gt; avec &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2021/03/23/jurica-pavi%C4%8Di%C4%87-l-eau-rouge-trajectoire-croate.html&quot;&gt;&lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;L’Eau Rouge&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;, un polar d’où émergeait, de manière subtile, toute une fresque historique de ce pays méconnu. Il faut dire que ce romancier âgé de 61 ans, également critique de cinéma, est passé par toutes les grandes étapes contemporaines de l’histoire de la Croatie que ce soit le &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;diktat&lt;/span&gt; communiste de Tito sur &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;l’ex-Yougoslavie ou &lt;/span&gt;l’effroyable guerre civile qui déchira le pays avant que n’apparaisse cette économie de marché et de privatisations entachée de nombreux scandales dont il dépeint les rouages avec une certaine acuité. Et ce sont bien tous ces éléments que l’on retrouve dans l’œuvre de Jurica Pavičić, que ce soit &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2022/11/05/jurica-pavi%C4%8Di%C4%87-la-femme-du-deuxieme-etage-cadeau-empoisonne.html&quot;&gt;&lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;La Femme Du Deuxième Etage&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;ou &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2024/09/08/jurica-pavi%C4%8Di%C4%87-mater-dolorosa-affaire-de-famille-3363764.html&quot;&gt;&lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;Mater Dolorosa&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;, deux romans policiers intimistes ainsi que &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2023/11/27/jurica-pavi%C4%8Di%C4%87-le-collectionneur-de-serpents-guerre-et-paix-3351337.html&quot;&gt;&lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;Le Collectionneur De Serpents&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;, recueil de nouvelles se focalisant sur les échos de cette guerre qui fragmenta la Yougoslavie disparue. Ainsi, ces résonances de l’histoire apparaissent à nouveau dans &lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;Allumettes&lt;/em&gt;, où le romancier s’intéresse aux rouages immobiliers de la région de Split où il a toujours vécu, en abordant le thème de la spéculation immobilière et de ses dérives.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwjk0uD3xY-XAxW8_7sIHcZ-CXsQi4wTegoIAggACAAICBAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAgQAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAgQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwjk0uD3xY-XAxW8_7sIHcZ-CXsQi4wTegoIAggACAAICRAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAkQAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAkQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id=&quot;media-1427520&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/00/4199161171.jpeg&quot; alt=&quot;jurica pavicic,allumettes,blog mon roman noir et bien serré,éditions agullo,chronique littéraire,littérature noire,retour de lecture,blog littéraire,lecture 2026,rentrée littéraire&quot; /&gt;Cela n’aurait pas dû arriver, mais toujours est-il que la tempête s’abattant sur l’Adriatique a changé la donne et que le feu qui s’est déclenché dans les hauteurs de la région de Split menace désormais la ville. Mais une fois &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;celui-ci&lt;/span&gt; circonscrit, c’est l’inspecteur Petar Fradelić qui est en charge de l’enquête afin de déterminer les causes de cet incendie qui a fait une victime. Et c’est avec l’expertise de Stanko Barada, spécialiste dans le domaine auprès de la protection civile, qu’il sera en mesure de définir s’il s’agit d’une négligence humaine ou &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;de&lt;/span&gt; l’œuvre d’un pyromane. Mais si les causes vont être rapidement &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;établies&lt;/span&gt;, l’enquête n’en demeure pas moins extrêmement ardue. Il faut dire qu’il y a de gros enjeux financiers autour de ces terrains avec vue sur la mer suscitant la convoitise d’entrepreneurs immobiliers peu scrupuleux. Et Mladen Božiković, paisible retraité sans histoire, en passe de récupérer les parcelles héritées de son aïeul, va très vite l’apprendre à ses dépens.&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAkQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAkQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Comme pour défier Elmore Leonard et ses règles d’écriture consistant notamment à ne pas débuter une histoire avec des considérations météorologiques, Jurica Pavičić nous entraîne sur l’espace d’un chapitre zéro faisant office de prologue, dans les coulisses de la formation d’une tempête s’abattant sur la région côtière de l’Adriatique pour devenir &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;a posteriori&lt;/span&gt; la pierre angulaire d’un engrenage implacable dont on va mesurer l’impact tragique au fil d’un récit d’une redoutable &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;habileté&lt;/span&gt;. La première partie d’&lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;Allumettes&lt;/em&gt; se penche sur l’enquête policière menée par un inspecteur secondé &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;par un&lt;/span&gt; expert du service du feu, dont on découvre &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;le&lt;/span&gt; quotidien respectif somme toute assez banal que le romancier parvient pourtant à transcender comme à son habitude, signature d’un style qui vous subjugue jusqu’à ce que l’étau se resserre au gré d’une enquête à la fois solide et réaliste. La seconde partie s’articule autour de la personnalité de Mladen et de &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;Mirela&lt;/span&gt;, couple de retraités à la vie paisible dont on adopte également les points de vue respectifs sur un registre intimiste que Jurica Pavičić distille à la perfection. Car c’est bien là que le romancier excelle dans la mise en scène de ces moments de bascule où l’on observe cette perte de &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;maîtrise&lt;/span&gt; implacable d’un homme qui n’aspire qu’à récupérer les terres de ses ancêtres qui ont été nationalisées afin de renflouer les finances de son fils et de sa belle-fille s’apprêtant à quitter le pays à la suite de déboires économiques. C’est ainsi qu’apparaissent en toile de fond les nouveaux enjeux de cet engouement immobilier et de ses dérives, qui sont &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;mis&lt;/span&gt; en exergue par l’entremise d’un promoteur aussi richissime que douteux. À partir de là, les trois dernières parties s’articulent autour d’un chassé-croisé entre les enquêteurs et les suspects potentiels**,** s’inscrivant dans une mise en scène habile dont l’enjeu est de déterminer les conséquences du drame à venir dont on ignore pourtant les contours et dont certains aspects pourront surprendre le lecteur. Et puis il y a cette tension que l’on distingue dans tous ces instants du quotidien, comme ces scènes où &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;Mirela&lt;/span&gt; cuisine tout en ruminant sur sa situation familiale dont on perçoit la détresse qu'elle suscite, tout comme ces randonnées que Mladen affectionne mais qui deviennent une véritable torture lorsqu’il s’attarde sur ses terres dévastées par l’incendie. &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;Émergent ainsi &lt;/span&gt;des sentiments contradictoires de convoitise, de culpabilité et de frustration qui vont animer cette galerie d’individus aux comportements ambivalents, tous autant qu’ils sont, et que Jurica Pavičić saisit avec cette impitoyable justesse qui définit cette écriture toute en &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;nuances&lt;/span&gt;. Dès lors, &lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;Allumettes&lt;/em&gt; se distingue &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;tant par&lt;/span&gt; l'épaisseur et la complexité de ses personnages que dans des scènes attachantes d’une banalité déconcertante qui prennent une singulière ampleur à mesure que l’on progresse dans le cours d’une intrigue savamment maîtrisée.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwjk0uD3xY-XAxW8_7sIHcZ-CXsQi4wTegoIAggACAAIChAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAoQAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAoQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAoQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jurica Pavičić : &lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;Allumettes&lt;/em&gt; (Žigice). Éditions Agullo 2026. Traduit du croate par Olivier Lannuzel.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAoQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAoQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;À lire en écoutant : &lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;7 Fantasias&lt;/em&gt;, Op. 116 No. 2, intermezzo in A Minor interprété par Emil Gilels. Album : &lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;Brahms: The Piano Concertos &amp;amp; Fantasias&lt;/em&gt;, Op 116. 1995 Deutsche Grammophon GmbH, Berlin.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>Anne Pitteloud : Fille De. L’imposture.</title>
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<updated>2026-09-23T22:51:01+02:00</updated>
<published>2026-09-21T18:51:00+02:00</published>
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<summary>    Il semble qu’il y ait désormais un courant littéraire helvétique chez...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'arial black', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1427093&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/01/3511361444.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_5419.jpeg&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Il semble qu’il y ait désormais un courant littéraire helvétique chez Finitude, éditeur indépendant bordelais qui publie le livre de cette primo-romancière genevoise rejoignant ainsi Joseph Incardona et Luca Brunoni au sein d’une maison d’édition dont on apprécie le degré d’exigence vis-à-vis des textes qu’elle défend. Mais au-delà de la nationalité, c’est le sens de la dramaturgie ainsi qu’une espèce de mélange subtil des genres qui rassemblent ces trois romanciers dont Anne Pitteloud fait désormais partie, après avoir subi le refus de deux de ses manuscrits, comme elle le mentionne dans un entretien, ce qui donne une idée du parcours semé d’embûches du romancier ou de la romancière en devenir. Quoi qu’il en soit, du côté de Genève où elle vit, Anne Pitteloud n’a rien d’une inconnue, puisque l’autrice, également journaliste, travaille au sein du quotidien indépendant &lt;em&gt;Le Courrier&lt;/em&gt; en tant que responsable de la rubrique littéraire où l’on peut lire ses critiques, ses entretiens ainsi que ses portraits que l’on peut retrouver sur son blog les &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://annepitteloud.dosi.ch/index.php/critiques&quot;&gt;Bonnes Feuilles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; et que l’on ne saurait que trop recommander. Mais pour en revenir à son travail d’écriture, on relèvera qu’Anne Pitteloud a publié &lt;em&gt;En Plein Vol&lt;/em&gt; (D’Autre Part, 2016), un recueil de nouvelles ainsi que &lt;em&gt;Catherine Safonoff, Réinventer L’île&lt;/em&gt; (Zoé, 2017), dédié à l’étude de l’œuvre de l’écrivaine éponyme, en jouant sur différents registres, entre l’essai, la fiction et la biographie. Et puis voilà que débarque dans l’effervescence de cette rentrée littéraire, le très remarqué &lt;em&gt;Fille De&lt;/em&gt; où Anne Pitteloud explore le petit microcosme du monde du livre en abordant les questions de la légitimité et de l’imposture dans ce qui apparaît comme une fiction contemporaine oscillant sur le registre du roman noir.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1427098&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/01/2255136453.jpeg&quot; alt=&quot;fille de,anne pitteloup,editions finitude,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,retour de lecture,roman noir,roman contemporain,littérature noire,lecture 2026,rentrée littéraire&quot; /&gt;Chloé &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;est&lt;/span&gt; la fille de Christian Monnay, &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;un&lt;/span&gt; monument de la littérature qui, après &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;avoir&lt;/span&gt; écrit deux romans emblématiques, s’est terré dans le silence durant &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;trente&lt;/span&gt; ans en accumulant plusieurs manuscrits qu’il n’a jamais voulu publier. Et voilà que le romancier légendaire vient de s’éteindre et qu’il est temps pour sa veuve aveugle de mettre en lumière tout le génie de cet homme qu’elle adule. Mais lorsqu’elle se rend dans le bureau de son père et qu’elle examine les manuscrits, Chloé découvre qu’il ne s’agit que de pages blanches. Bouleversée, elle ne peut se résoudre à dire la vérité à sa mère qui ne s’en remettrait pas et se résout donc à lui lire son propre roman qu’elle a écrit sans jamais rien dire à personne, &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;faisant&lt;/span&gt; ainsi croire qu’il s’agit du texte du grand Christian Monnay. Et contre toute attente, le stratagème fonctionne, ce qui fait qu’elle se retrouve dépossédée de son texte jugé &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;magistral&lt;/span&gt; et qui une fois publié, rencontre un succès &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;phénoménal&lt;/span&gt;. Enferrée dans ses mensonges, Chloé devient dépositaire de l’œuvre de son père, au gré d’une supercherie qui la prive de son identité d’autrice talentueuse la condamnant à rester la « fille de ». Mais peut-on vivre durablement dans la lumière de ce qui n’est qu’une imposture ?&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwj48PrjjoCXAxXF_7sIHac3OCYQi4wTegoIAggACAAIBxAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Débutant comme une confession, &lt;em&gt;Fille De&lt;/em&gt; s’articule autour du point de vue de Chloé, dont on va suivre la trajectoire incertaine se déployant autour de l’imposture de son père, qu’elle va endosser comme un héritage encombrant dont elle ne peut se défaire. C’est ainsi qu’Anne Pitteloud va déconstruire le mythe du grand écrivain et de son emprise sur son entourage, dans ce qui apparaît comme un récit subtil à la tension savamment distillée, où les personnages se révèlent dans toute leur ambivalence — qu’il s’agisse de Chloé, bien évidemment, mais également de Richard, cet éditeur fébrile qui devient l’incarnation de ce microcosme littéraire fait de faux-semblants admirablement mis en scène à mesure que l’on progresse dans cette intrigue habilement construite et ponctuée de quelques révélations saisissantes. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Mais pour en revenir à Chloé, c’est particulièrement dans les rapports qu’elle entretient avec sa mère aveugle que l’on perçoit ce glissement, cet engrenage infernal qui font que, d’une démarche protectrice, on passe à une attitude de défiance délétère, à mesure que la jeune femme s’enlise dans ses mensonges qui ne resteront pas sans conséquences pour cette veuve bercée dans une illusion toxique. Et puis il y a également ce thème sous-jacent de l’invisibilisation des femmes vivant dans l’ombre de l’écrivain adulé, particulièrement criant dans ce monde du livre encore très masculin qu’Anne Pitteloud met en exergue sans que cela ne vire jamais au pamphlet, ce qui en rend la portée d’autant plus pertinente. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;On trouvera dans le récit, une référence à l'affaire Romand ce faux médecin acculé qui décima toute sa famille plutôt que de leur dire la vérité sur sa situation et dont l'évocation nous ramène à ce sentiment d'oppression du mensonge d'où découle cette solitude implacable dans lequel Chloé va s'engouffrer. Mais si l’on songe peut-être à &lt;em&gt;L’Adversaire&lt;/em&gt; (P.O.L 2000) d’Emmanuel Carrère, inspiré de l'affaire Romand, ou à &lt;em&gt;Yellowface &lt;/em&gt;(HarperCollins 2024) le roman satirique de Rebecca F. Kuang sur le monde de l'édition, c'est davantage vers &lt;em&gt;Monsieur Ripley&lt;/em&gt; (Calmann-Lévy 1955) de Patricia Highsmith qu'il faut se tourner ; car &lt;em&gt;Fille De&lt;/em&gt; partage avec lui cette mécanique d'une précision redoutable, entièrement articulée autour de la personalité équivoque des protagonistes. Tout cela se décline dans l’équilibre parfait du suspense et de l’introspection qu'Anne Pitteloud insuffle au gré d’une intrigue maîtrisée, tout comme l'est l’écriture d’ailleurs, pour un premier roman superbement réussi d’où émerge cette éternelle quête de la reconnaissance qu’elle soit filiale ou littéraire. Brillant.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1427179&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/02/3484202565.png&quot; alt=&quot;fille de,anne pitteloup,editions finitude,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,retour de lecture,roman noir,roman contemporain,littérature noire,lecture 2026,rentrée littéraire&quot; /&gt;Le vendredi 2 octobre 2026, Anne Pitteloup sera présente au festival MAUVAIS GENRE qui se tiendra à Onex.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Anne Pitteloup : Fille De. Editions Finitude 2026.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;A lire en écoutant : Malaxe d’Alain Bashung. Album : Fantaisie Militaire.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;1998 Barclay&lt;/span&gt;.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>LEONARDO PADURA : OURAGANS TROPICAUX. LES REPROUVES.</title>
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<updated>2026-09-22T22:16:59+02:00</updated>
<published>2026-09-17T15:20:00+02:00</published>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1426788&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/01/1241152444.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_5393.jpeg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwiuwOjW3vWWAxWE87sIHSMyJSMQi4wTegoIAggACAAIBxAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAcQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il est souvent question d’exil dans ses romans, alors qu’il a fait le choix de rester à Cuba, ce qui fait de lui l’un des grands romanciers de La Havane dont l’œuvre, critique à l’égard d’un régime autoritaire, a été traduite dans plus d’une trentaine de langues, lui conférant ainsi le statut de star de la littérature hispanique. Mais malgré l’obtention de la nationalité espagnole, il ne saurait être question pour Leonardo Padura de quitter son quartier populaire de Mantilla, où il a vu le jour et où il vit toujours, tout comme son double de papier, Mario Conde, un lieutenant de police qui apparaît au début des années 90, tout d’abord dans le cycle des quatre saisons de La Havane, avant d’évoluer au gré de ses enquêtes à travers les décennies. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;On observera ainsi un parcours professionnel changeant car après avoir démissionné de la police, cet amateur de cigares, de rhum et de bonne chère deviendra bouquiniste, spécialiste de livres précieux, tout en endossant la fonction de détective privé amateur, presque à son corps défendant, alors qu’il aspire à se lancer dans l’écriture.&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Et ce qui émerge des dix enquêtes de Mario Conde, c’est une écriture à la fois érudite et poétique, imprégnée de nostalgie, où l’histoire du pays se conjugue à une intrigue subtile permettant d’aborder des thèmes sensibles, voire &amp;nbsp;tabous, qui sont le reflet de la société cubaine que Leonardo Padura dépeint avec la sagacité qui le caractérise. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est sans doute pour cette raison que ce romancier adulé demeure en retrait des mondanités cubaines. Les autorités font en sorte de ne lui accorder que très peu d’attention, ce qui fait qu’il n’apparaît quasiment pas dans les médias du pays, sans pour autant avoir subi l’ostracisme que les artistes ont vécu durant la période des années 70. Et c’est justement de cette marginalisation durant cette époque trouble dont il est question dans &lt;em&gt;Ouragans Tropicaux&lt;/em&gt;, dixième enquête de Mario Conde qui va également se pencher sur la trajectoire d’Alberto Yarini y Ponce de León, une personnalité historique cubaine qui s’est fait connaître en tant que dandy et proxénète extrêmement populaire, et qui envisageait de se lancer en politique pour devenir président de la toute jeune république de Cuba, au début du XXe siècle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwiuwOjW3vWWAxWE87sIHSMyJSMQi4wTegoIAggACAAICRAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAkQAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAkQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwiuwOjW3vWWAxWE87sIHSMyJSMQi4wTegoIAggACAAIChAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAoQAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAoQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1426885&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/2191960089.jpeg&quot; alt=&quot;leonardo padura,ouragans tropicaux,éditions métailié,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,roman noir,roman policier,littérature cubaine,chronique littéraire,lecture 2026,retour de lecture,littérature noire&quot; /&gt;En 2016, c’est l’effervescence qui anime La Havane avec l’arrivée prochaine du président Barack Obama, suivie d’un concert des Rolling Stones, d’un défilé Chanel et de toute une cohorte de touristes qui ont déjà &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;pris&lt;/span&gt; possession de la capitale cubaine. Mais pour Mario Conde, éternel pessimiste, cet enthousiasme s’apparente plutôt à un de ces ouragans tropicaux qui secouent l’île sans que rien ne change véritablement. Quoi &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;qu’il&lt;/span&gt; en soit, ses anciens collègues policiers, débordés par les préparatifs d’un tel événement, vont faire appel à lui pour les aider à résoudre une affaire de meurtre dont la victime n’est autre qu’un haut fonctionnaire de la culture, véritable censeur du comité révolutionnaire. Autant dire que l’affaire est sensible et que ce ne sont pas les mobiles qui manquent, eu égard à tous les artistes qu’il a &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;tourmentés&lt;/span&gt; et qui deviennent ainsi des coupables potentiels, dont Mario se sent davantage proche que du défunt dont il distingue les agissements odieux.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwiuwOjW3vWWAxWE87sIHSMyJSMQi4wTegoIAggACAAICxAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAsQAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAsQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Et tandis qu’il progresse dans ses investigations, un texte prend forme sur sa machine à écrire. En 1910, alors que la comète de Halley menace de s’abattre sur la Terre, c’est un tout autre ouragan tropical qui anime les quartiers populaires de la &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;capitale&lt;/span&gt; : il s’incarne autour du conflit entre proxénètes français et cubains avec, à la tête de ces derniers, Alberto Yarini. Ce jeune et digne notable, tenancier de bordels huppés, semble prêt à se présenter comme candidat à l’élection présidentielle de la République de Cuba qui vient de voir le jour. Se peut-il que l'on trouve des liens entre ce passé sulfureux et ce présent trouble qui gangrène la société cubaine ?&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwiuwOjW3vWWAxWE87sIHSMyJSMQi4wTegoIAggACAAIDBAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAwQAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAwQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAwQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACAwQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C'est toujours un immense plaisir de retrouver Mario Conde, sexagénaire désabusé mais au tempérament généreux, comme en &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;témoignent&lt;/span&gt; ses trop rares &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;et&lt;/span&gt; solides repas qu’il partage avec ses amis. Il est le véritable passeur de cet univers cubain que Leonardo Padura décrit avec une immense somme de &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;connaissances&lt;/span&gt; de l’histoire du pays, et plus particulièrement de La Havane. Il décline son récit entre le passé et le présent afin de mettre subtilement en exergue les dérives sociales qui laminent cette île où la misère se conjugue avec l’espoir.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwiuwOjW3vWWAxWE87sIHSMyJSMQi4wTegoIAggACAAIDRAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACA0QAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACA0QAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est cette double trame narrative que l’on retrouve dans &lt;em class=&quot;zhvwWe&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;Ouragans Tropicaux&lt;/em&gt;, avec une mise en &lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot;&gt;abyme&lt;/span&gt; vertigineuse. On y découvre le texte de Mario Conde qui s’est enfin lancé dans l’écriture, et dont l’intrigue s’articule autour d’un lieutenant de police enquêtant sur le meurtre de deux prostituées. Cela va l’amener à côtoyer Alberto Yarini, figure historique et quelque peu sulfureuse régnant sur le monde de la prostitution durant la première décennie du siècle passé.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwiuwOjW3vWWAxWE87sIHSMyJSMQi4wTegoIAggACAAIDhAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACA4QAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACA4QAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Mais l’écriture ainsi que le commerce de livres précieux ne rapportant pas grand-chose, Mario Conde va devoir gérer la sécurité d’un établissement sélect de la ville, tout en enquêtant sur la mort de ce haut fonctionnaire de la culture qui s’est acharné sur les artistes ne rentrant pas dans le rang de l’idéologie révolutionnaire. C’est d’un autre exil dont il est question à mesure que l’on progresse dans les investigations devenant le prétexte pour le romancier d’évoquer le parcours de ces créateurs, notamment peintres ou poètes, qui subissent l’avanie d’un gouvernement autoritaire les empêchant d’exercer leur art, ce qui équivaut à une exécution sociale. Mais &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;il s’agit d’une époque révolue &amp;nbsp;pour bon nombre de citoyens qui voient, avec l’arrivée d’un président américain sur &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;le&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; sol cubain, un espoir d’ouverture auquel Mario Conde ne croit guère et qui mesure chaque soir, en fréquentant le restaurant de luxe qui l’emploie, le fossé séparant l’élite privilégiée du citoyen lambda qui lutte en permanence pour joindre les deux bouts. Autant dire que l’on apprécie la richesse d’un texte généreux, imprégné de nostalgie et de doute, émanant de cet homme vieillissant qui s’inquiète du départ de sa compagne devant se rendre en Italie pour visiter sa famille et qu’il ne peut accompagner, faute de &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;rQesXe MPyX&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;moyens&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;&quot; data-bfc=&quot;&quot; data-ved=&quot;2ahUKEwiuwOjW3vWWAxWE87sIHSMyJSMQi4wTegoIAggACAAIEBAA&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACBAQAA&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 0px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACBAQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il y a donc cette vulnérabilité qui émerge de l’ensemble d’une intrigue au souffle exalté où l’on accompagne Mario Conde et son entourage, dont certains disparaissent à mesure que le temps passe, véritable fil conducteur de ce roman poignant qui nous immerge dans l’atmosphère chaleureuse et mélancolique de cette île de Cuba chargée d’histoires, que Leonardo Padura retranscrit avec le style incomparable et la virtuosité qui le caractérisent.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;n6owBd awi2gc&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; data-sfc-cp=&quot;&quot; data-sfc-root=&quot;ep&quot; data-hveid=&quot;CAIIAAgACBAQAQ&quot; data-copy-service-computed-style=&quot;font-family: &amp;quot;Google Sans&amp;quot;, &amp;quot;Helvetica Neue&amp;quot;, sans-serif; font-size: 19.84px; font-weight: 400; margin: 12px 0px 16px; text-decoration: none; border-bottom: 0px rgb(230, 232, 240);&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Leonardo Padura : Ouragans Tropicaux (Personas Decentes). Editions Métailié 2023. Traduit de l'espagnol (Cuba) par René Solis.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A lire en écoutant Like A Hurricane de Neil Youg &amp;amp; Crazy Horse. Album : Weld (Live). 1991 Reprise Records.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>Chris Offutt : La Loi Des Collines / Shérif Malgré Lui. Dettes de sang.</title>
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<updated>2026-09-15T11:43:27+02:00</updated>
<published>2026-09-12T21:26:00+02:00</published>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1426530&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/01/1723687900.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4660.jpeg&quot; /&gt;Il est l'une des grandes figures littéraires de cette Amérique rurale, de ces contrées de la marge qu'il n'a eu de cesse de mettre en avant dans l'ensemble de son oeuvre qui prend pour cadre ce Kentucky rugueux des Appalaches où il a grandi, notamment à Haldeman, au sein d'une communauté ouvrière, nichée au pied de ces contreforts montagneux et isolés que l'on désigne sous l'appellation des collines. Et comme de très nombreux écrivains de ce calibre, Chris Offutt a vécu une période de baroudeur en arpentant les Etats-Unis en stop tout en exerçant une multitude de boulots variés, que ce soit éboueur ou vendeur ainsi qu'employé dans un abattoir ou pour un cirque puis d'embarquer pour la France où il va séjourner durant six mois en vivant sur ses maigres économies qui, une fois épuisées, le contraignent à retourner au pays, où il se lancera dans l’écriture tout comme son père auteur d’une multitude de romans de sciences fiction et de fantaisy ainsi que d’un nombre considérable de textes à caractère pornographique qu’il rédigea sous le couvert de divers pseudonymes. De cette vie tumultueuse, Chris Offutt en tirera trois romans autobiographiques avant de publier un recueil de nouvelles, &lt;em&gt;Kentucky Straight&lt;/em&gt; (Gallmeister 2018) traduit par l’incontournable Philippe Garnier pour la collection La Noire chez Gallimard et repris par la suite par les éditions Gallmeister qui vont publier l’ensemble de ses textes et contribuer ainsi à une certaine renommée notamment avec &lt;em&gt;Nuits Appalaches&lt;/em&gt; (Gallmeister 2019) qui obtient en 2020 le prix Mystère de la critique. Outre ce profil de baroudeur, le romancier partage avec d’autres écrivains de son acabit, cette particularité&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;de s’être éloigné des lieux où il a grandi et sur lesquels se concentre ses intrigues, à l’instar de James Ellroy ayant quitté Los Angeles pour vivre à Denver, James Lee Burke désertant la Louisiane pour s’établir à Missoula ou William Boyle qui s’est éloigné de Brooklyn pour s’installer à Oxford dans le Mississippi en devenant le voisin de Chris Offut qui ne compte pas retourner dans son Kentucky natal, hormis par l’entremise de sa série d’ouvrages mettant en scène Mick Hardin ancien Marines et enquêteur pour la police militaire qui revient à Rocksalt, une bourgade des Appalaches où il a vu le jour et au sein de laquelle sa soeur Linda endosse la fonction de shérif.&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-1426551&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/02/4018117350.jpeg&quot; alt=&quot;chris offutt,la loi des collines,shérif malgré lui,éditions gallmeister,litterature noire,blog min roman noir et bien serré,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire,roman policier,roman noir,parution 2026,littérature américaine,country dark&quot; /&gt;La Loi Des Collines :&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Cette fois-ci, ce n'est pas une blessure ou un divorce douloureux qui poussent Mike Hardin à revenir dans les collines de son Kentucky natal. Bénéficiant d'une retraite bien méritée, après 14 ans d'activité comme enquêteur du CID de l'armée américaine, il compte simplement se rendre à Rocksalt afin de saluer sa soeur Linda qui vient d'être réélue comme shérif, avant de s'envoler pour la France. Mais Linda et son adjoint Johnny sont sur une grosse affaire en lien avec le meurtre d'un mécanicien bien connu de la région ce qui contraint Mick à intervenir, à son corps défendant, sur une affaire mineur qui débouche sur des rumeurs de combats de coq clandestins et surtout sur la découverte d'un second cadavre. Et bien qu'il ne souhaite pas s'investir dans cette affaire, les événements vont le contraindre à poursuivre ses investigations qui vont le conduire du côté de Detroit en côtoyant les membres peu commodes de la pègre locale. Mais que ce soit dans les bois des collines ou dans les méandres d’une ville tentaculaires, Mick Hardin sait s’adapter à son environnement pour arriver à ses fins. Il ne reste plus qu’à espérer que son audace ne lui coûte pas la vie.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Troisième opus de la série, après &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2022/04/24/chris-offutt-les-gens-des-collines-la-loi-du-talion.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Les Gens Des Collines&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;(Gallmeister 2022) et &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2024/02/07/chris-offutt-les-fils-de-shifty-3354261.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Les Fils de Shifty&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; (Gallmeister 2024), on retrouve avec un plaisir certain, dans &lt;em&gt;La Loi Des Collines&lt;/em&gt;, l’ensemble des protagonistes d’une série qui prend une tournure plutôt inattendue à l’exemple de cette évocation de la France et plus particulièrement de la Corse qui ne sort pas de nulle part puisque certains admirateurs francophones viennent rendre visite à Chris Offutt dans son antre reculé du Mississippi à l’instar du romancier Nicolas Mathieu ou du journaliste Sébastien Bonifay, directeur de Libri Mondi, un festival littéraire d’envergure &amp;nbsp;se déroulant à Bastia. Il semble que cette dernière rencontre ait marqué les deux hommes puisque Sébastien Bonifay en évoque les contours dans son ouvrage &lt;em&gt;(Not) Born In The USA &lt;/em&gt;(Marchialy 2026), retraçant son road trip aux Etats-Unis pour s’entretenir avec les écrivains qu’il admire tandis que Chris Offutt fait mention d’un mystérieux Sébastien installé en Corse qui apparait dans le cours de ce nouveau volet des aventures de Mick Hardin et que l’on retrouvera dans &lt;em&gt;Shérif Malgré Lui,&lt;/em&gt; tenez-le vous pour dit. &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Hormis la Corse, on relèvera que Chris Offutt va s’opposer la ruralité abrasive du Kentucky à l’urbanisme tout aussi rugueux d’une ville de Détroit dans laquelle une part non négligeable de l’intrigue va se dérouler et où va apparaître Charley Flowers un individu charismatique tout aussi inquiétant que le décor urbain dans lequel il évolue et dont les échanges savoureux avec Mick Hardin laisse entrevoir une redoutable intelligence au service des trafics sur lesquels il règne sans partage. Mais c'est également autour de la personnalité de Linda Hardin que l'histoire se développe en mettant en avant cette femme shérif au caractère fort, à l'image de ce comté dont on se plait toujours à découvrir certains aspects du quotidien qui se déclinent autour de ses interventions et des rapports qu'elle entretien avec la communauté qui semble l'apprécier. Tout cela s'articule autour du thème des paris clandestins qui prennent une toute autre envergure dans cet environnement précaire où chaque dollar compte ce qui va déclencher toute une succession d'événements tragiques que Mick Hardin va donc devoir gérer en endossant une nouvelle fois le rôle de shérif adjoint ce qui lui permettra d'interpréter la loi à sa manière bien particulière. Et c'est ce que l'on apprécie avec cet homme aux traits de caractère complexes que Chris Offutt met en place avec un sens aiguisé de la narration afin de faire en sorte que l'arche narrative de l'ensemble de la série prenne davantage d'envergure dans ce cadre âpre du Kentucky qu'il restitue de manière admirable sans jamais tomber dans la caricature. On en redemande. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1426600&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/506013747.jpeg&quot; alt=&quot;chris offutt,la loi des collines,shérif malgré lui,éditions gallmeister,litterature noire,blog min roman noir et bien serré,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire,roman policier,roman noir,parution 2026,littérature américaine,country dark&quot; /&gt;Shérif Malgré Lui :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;C'est officiel, Mike Hardin endosse désormais la fonction de shérif au sein de la petite ville de Rocksalt dans le Kentucky, ceci jusqu'à ce que sa soeur Linda, victime d'une blessure par balle, se soit rétablie. Le voilà qui parcoure donc les collines en gérant du mieux qu'il le peut les événements qui se présentent à lui à l’instar. Et autant dire qu'il n'est pas à l'aise dans ce rôle, ce d'autant plus que son ex femme Peggy le sollicite afin d'en savoir plus sur les circonstances qui font que Zack, son nouveau mari, vient d'être inculpé pour un meurtre qui s'est déroulé à la lisère du comté. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que des individus en provenance de Détroit viennent squatter la cabane de son grand-père qu'il vient de retaper, afin d'échapper à la menace de truands biélorusses prêts à en découdre. Autant dire qu'arpenter les forêts qui recouvrent les collines de la région ne va pas être de tout repos.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;D’emblée, il conviendra de lire tout d’abord &lt;em&gt;La Loi Des Collines&lt;/em&gt; afin de saisir toute la portée des différentes intrigues qui alimentent &lt;em&gt;Shérif Malgré Lui&lt;/em&gt; où l’on retrouve donc Mike Hardin ainsi que sa soeur Linda qui évoluent dans cet univers rural du Kentucky que Chris Offutt met en avant avec le talent qu’on lui connaît tant sur le plan des paysages qu’il dépeint avec cette verve à la fois sobre et poétique et qui devient bien plus qu’un simple décor, que sur le plan d’une narration, certes complexe, qui donne l’impression de partir dans tous les sens mais que le romancier finit par ramener à bon port en abordant notamment le thème des magouilles immobilières qui semblent déborder dans le comté d’Eldridge où les gens du coin vont s’opposer à quelques promoteurs véreux tandis que Mike Hardin va une nouvelle fois interpréter les lois à sa manière. Et pour parachever le tout, on relèvera cette confrontation finale imprégnée de tension,&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;prenant pour cadre cette fameuse forêt des collines devenant le théâtre d’événements tragiques aux allures de règlement de comptes à O.K. Corral mettant un terme à quelques intrigues secondaires alors que d’autres vont prendre naissance en relançant l’histoire dont on attend d’ores et déjà une suite. Mais la singularité du roman réside dans le parcours de Johnny Boy Tolliver, personnage secondaire qui gagne en maturité en trouvant refuge au sein du maquis corse et en se plaçant sous la protection de ce mystérieux Sebastien qui a partagé quelques faits d’arme avec Mick Hardin dont il semble être redevable. Et il faut bien admettre que Chris Offutt se révèle plutôt à l’aise pour mettre en scène cet environnement insulaire méditerranéen dont il a saisi les particularités sans trop tomber dans les clichés, ce qui fait que le récit prend une tournure inattendue qui lui évite donc de s’enliser dans les méandres d’un épilogue trop convenu. Et puis il y a toujours ces échanges vifs et savoureux mettant en exergue la mentalité à la fois rêche et généreuse de ces gens des collines du Kentucky auxquels on finit définitivement par s’attacher. C’est peut-être là que réside toute la magie de l’écriture de Chris Offutt.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Chris Offutt : La Loi Des Collines (Code Of The Hills). Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anatole Pons-Reumaux.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Chris Offutt : Shérif Malgré Lui (The Reluctant Sheriff). Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : Heaven Sent de The SteelDrivers. Album : The SteelDrivers. 2008 Rounder Records.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>YAN LESPOUX : LES AMATEURS. COKE EN MEDOC.</title>
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<updated>2026-09-03T16:43:14+02:00</updated>
<published>2026-09-03T00:58:00+02:00</published>
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<summary>   Il ne vous aura pas échappé que la rentrée littéraire vient de débarquer...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1425802&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/01/3175593281.jpeg&quot; alt=&quot;yan lespoux,agullo,les amateurs,blog mon roman noir et bien serré,chronique littéraire,retour de lecture,blog littéraire,lecture 2026,roman noir,littérature noire&quot; /&gt;Il ne vous aura pas échappé que la rentrée littéraire vient de débarquer avec son avalanche de livres que l’on ne&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;lira pas, pour la plupart, ce qui en soi n’est pas forcément une mauvaise nouvelle au regard de la ligne des grands groupes éditoriaux s’employant à truster les places des étals de librairies avec cette sempiternelle quête de la visibilité se conjuguant à une affligeante homogénéité qui rejaillit dans la sélection des grands prix littéraires de cette saison vous donnant l’impression de vivre un jour sans fin. L’un des échappatoires indispensables à ce marasme éditorial consistera à vous tourner vers les éditeurs indépendants à l’instar d’Agullo nous proposant avec &lt;em&gt;Les Amateurs&lt;/em&gt; de Yan Lespoux, rien de moins que le plus hilarant des livres de cette rentrée littéraire, qui s’inscrit dans une tonalité de roman noir nous rappelant, à certains égards, l’oeuvre déjantée de Tim Dorsey que personne ne connaît en dépit de l’insistance obsessionnelle de l’auteur à vouloir le mettre en avant du temps où il animait le blog &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.encoredunoir.com&quot;&gt;Encore du noir,&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; véritable pilier du mauvais genre. Mais si l’on veut une référence plus parlante, on évoquera le style des frères Cohen qui auraient planté leur caméra dans cette région côtière du Médoc que Yan Lespoux mettait déjà en avant dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2021/01/24/yan-lespoux-presqu-iles-medoc-noir.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Presqu’îles&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; (Agullo 2021), &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;un recueil de nouvelles à la fois drôle et féroce (dont on retrouvera quelques éléments dans Les Amateurs, pour les lecteurs qui y prêteront attention) d’où émerge toute l’affection qu’il porte pour cette contrée qui l’a vu grandir. Et puis ce Médoc aussi sauvage que grandiose, on le retrouvait dans &lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2023/09/09/yan-lespoux-pour-mourir-le-monde-naufrage-3347888.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Pour Mourir, Le Monde&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; (Agullo 2023), récit historique et roman d’aventure s’articulant autour du naufrage d’une armada espagnole au large du golfe de Cascogne, en 1627. Mais c’est d’un tout autre naufrage dont il est question dans &lt;em&gt;Les Amateurs&lt;/em&gt;, puisque Yan Lespoux s’inspire de cette marée blanche de 2019&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 16px;&quot;&gt;sur les plages du littoral Atlantique &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;où échoua durant plusieurs semaines, une quantité non négligeable de paquets étanches de cocaïne, pour un total de 1600 kilos recensés par les autorités. Ce type de chargement se déclinant généralement à la tonne, on peut se demander ce qu’il est advenu des 400 kilos manquants. Et c’est justement en répondant à cette question que Yan Lespoux va bâtir son&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;intrigue autour d’une bande de bras cassés découvrant quelques pains de cocaïne qui, en dépit de la manne financière providentielle qu’ils peuvent représenter, vont s’avérer bien plus encombrants qu’il n’y parait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img id=&quot;media-1425803&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/00/1003735023.jpeg&quot; alt=&quot;yan lespoux,agullo,les amateurs,blog mon roman noir et bien serré,chronique littéraire,retour de lecture,blog littéraire,lecture 2026,roman noir,littérature noire&quot; /&gt;Hélène, tout le monde l’appelle Sue Ellen, parce qu’elle tient le bar de cette petite station balnéaire du Médoc qui a la particularité de rester ouvert en basse saison pour y accueillir toute la petite communauté locale, composée d’individus hauts en couleur qui n’aiment rien tant que deviser sur les ragots et autres considérations régionales. Autant dire qu’Helène est au courant de tout ce qu’il se passe et qu’elle fait donc partie des premières personnes apprenant la découverte de ces pains de cocaïne estampillés du visage suggestif d’Al Pacino, dans son rôle de Tony Montana, qui viennent d’échouer sur la plage, non loin de son estaminet. Et lorsque la nouvelle se répand, voilà que débarque, dans la torpeur hivernale, toute une kyrielle d’individus venus des quatre coins de la France afin de saisir cette stupéfiante opportunité et qui tentent de déjouer la vigilance des gendarmes qui ont bouclé le secteur, Mais la plupart d’entre eux vont revenir bredouille. Et pour cause, Helène peut observer depuis son comptoir, l’attitude de certains de ses habitués qui ont changé de comportement et qui discutent âprement avec l’Américain dont on dit qu’il a quelques compétences dans le domaine de la vente de produits illicites. Mais dans le business du narco-trafic, les amateurs n’ont pas vraiment leur place et vont rapidement l’apprendre à leurs dépens.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Si l’on parle beaucoup du réalisme magique pour nourrir la fiction, Yan Lespoux met en avant un style littéraire bien à lui et peu commun de réalisme comique qui va alimenter une intrigue aussi solide que déjantée, réglée au cordeau et digne des plus fines mécaniques de précision &amp;nbsp;s’articulant autour de faits divers que l’on retrouve notamment dans les pages des journaux régionaux du Médoc bien évidemment, mais que l’on peut aisément transposer dans n’importe quel endroit de France, ce qui fait que &lt;em&gt;Les Amateurs&lt;/em&gt; s’inscrivent résolument dans une portée universelle d’histoires de comptoir à l’atmosphère âpre que l’on distinguait dans les premiers films de Guillaume Nicloux pour citer une autre référence cinématographique. Mais au delà de l’aspect à la fois drôle et irrévérencieux qui rejaillit en permanence du texte, jusqu’à vous faire parfois rire aux éclats, les ressorts comiques parfaitement agencés sont au service d’un récit tout en acuité féroce sans pour autant vouloir sombrer dans une méchanceté gratuite. On dira même qu’en arpentant cette station balnéaire du Médoc, baignant dans une sorte de léthargie hivernale, on y décèle une langueur mélancolique chargée de tendresse, entrecoupée de scènes hilarantes pleines de vitalité dans ce qui apparaît comme un équilibre parfait où les multiples pas de côté tous aussi cocasses et inoubliables les uns que les autres vont alimenter le cours d’un récit tournant autour d’une transaction de drogue qui va se révéler aussi laborieuse que bancale. Et puis il faut également souligner le fait que ces traits humour vachard donnent de la consistance à cette galerie de personnages atypiques tant dans l’origine des surnoms dont ils sont affublés que dans les situations cocasses dans lesquels ils s’embourbent, parfois à leur corps défendants, mais plus fréquemment mû par une logique où la bêtise se conjugue à une consommation excessive de boissons alcoolisées à toute heure du jour et de la nuit. A partir de là, on ne peut s’empêcher de s’attacher à ces amateurs qui donnent leur titre à ce roman dont la narration se décline autour du point de vue d’Hélène, cette tenancière de bistrot au regard omniscient qu’elle porte sur l’ensemble de sa clientèle qui transite dans son bistrot, avec cette faculté de reconstituer les événements qu’elle va interpréter à sa manière au gré des confidences, des ragots et des échanges cinglants qu’elle recueille durant ces longues journées d’hiver tandis que le juke-box résonne dans ce brouhaha chaleureux, régenté par l'Américain, autre personnage attachant, plus complexe qu’il n’y paraît, qui semble vouer une passion sans commune mesure pour certains tubes de Johnny Halliday que l’on n’écoutera plus jamais de la même manière, tout comme les Gipsy Kings d'ailleurs. Et autour d’eux gravitent toute une galerie de seconds couteaux plus maladroits les uns que les autres. en évoluant dans ce contexte sociale des petites gens qui se débrouillent du mieux qu’ils le peuvent, parfois pour le meilleur, souvent pour le pire et que Yan Lespoux met en scène d’une manière magistrale afin de faire en sorte que &lt;em&gt;Les Amateurs&lt;/em&gt; fassent partie de ces romans qui marquent les esprits en nous faisant pleurer de rire à l’instar de cette scène de la Grande Librairie accueillant Sylvain Tesson pour la sixième fois afin de présenter son ouvrage consacré aux gorilles argentés. Du grand art.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;Yan Lespoux : Les Amateurs. Editions Agullo 2026.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A lire en écoutant : Quiero Saber des Gipsy Kings. Album : Love Song. 1996 P.E.M.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>Séverine Chevalier : De Guerre Ou D'Ailleurs. Le zoo.</title>
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<updated>2026-08-30T07:39:08+02:00</updated>
<published>2026-08-24T07:13:00+02:00</published>
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<summary>   Je ne sais plus trop quoi vous dire à propos de Séverine Chevalier parce...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1425525&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/282248472.jpeg&quot; alt=&quot;séverine chevalier,de guerre ou d’ailleurs,la manufacture de livres,roman rentrée littéraire,roman noir,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,littérature noire,lecture 2026,chronique littéraire,retour de lecture&quot; /&gt;Je ne sais plus trop quoi vous dire à propos de Séverine Chevalier parce que, contrairement à elle, les mots finissent par me manquer pour évoquer le talent hors-norme de cette romancière à la notoriété confidentielle, ce qui tend à prouver dans le milieu littéraire, que la corrélation entre ces deux aspects n'a rien d'une évidence. Son dernier ouvrage venant de paraitre, je pourrais bien vous dire, sans trop prendre de risque, que De Guerre Ou D’Ailleurs est le meilleur roman de cette rentrée littéraire, même si je n’ai pas lu l’intégralité des 461 livres annoncés à l’occasion de cette période effrénée où chacun s’emploie à agiter frénétiquement l’ouvrage qu’il ne faut pas manquer. Il semble toutefois certain que les premiers retours font l’éloge d’un récit qui donne foi en la littérature, rien de moins, ce qui n’a en soi rien d’étonnant puisque celles et ceux qui vont à la rencontre des textes de Séverine Chevalier en ressortent éblouis avec ce sentiment d’être bousculé en permanence tout en se demandant pourquoi son oeuvre, constituée de sept romans aussi différents les uns des autres, peine à rencontrer son public. Et dès la parution de ses deux premiers romans, Recluses et Clouer L’Ouest, dans la défunte collection Ecorce où elle côtoyait des auteurs débutant comme Frank Bouysse et Antonin Varenne, Séverine Chevalier suscitait cet engouement discret et cet enthousiasme affirmé au gré de textes concis où chaque mot compte à l’image d’une délicate pièce d’orfèvrerie, fascinante de beauté, jusque dans ses moindres détails. Mais au-delà de la beauté de l’écriture, c’est toujours dans cette force de la narration que l’on ressort ébranlé avec cette colère qui sourde en nous, ces instants d’émotions qui rejaillissent par le prisme de ces personnages à part qui vous saisissent avec cette perspective commune où la marginalité de l’individu nous renvoie aux dysfonctionnements d’une société qui s’illustre dans la cruauté de son indifférence vis à vis de celles et ceux qui ne répondent pas aux attentes d’un système qui tente de les broyer. Ainsi, c’est dans l’intériorité subtile des protagonistes que Séverine Chevalier excelle en diffusant cette petite musique tragique et cet amoncellement de déchirures terribles qu’elle capte avec la précision d’une langue sobre qui n’en demeure pas moins explosive. Et c’est un peu tout cela que l’on va retrouver dans De Guerre Ou D’ailleurs dont l’intrigue s’articule autour de la personnalité de Lolita B. autrefois star de la première émission de téléréalité et désormais sur le déclin.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1425467&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/01/937268432.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_5311.jpeg&quot; /&gt;Elle a 49 ans et est de retour dans la maison maternelle où l’on a enterré les sales petits secrets de famille. Ceux qu’il faudrait oublier parce qu’ils dérangent, parce que le silence c’est mieux. Elle, c’est Lolita B. parce que lorsque l’on intègre l’Émission on ne peut pas s’appeler Minerve Chabot, surtout lorsque l’on en ressort célébrée et méprisée. Et trente ans plus tard, il est question de refaire l’Émission ce qui arrangerait bien ses affaires depuis qu’elle est fauchée et qu’elle est tombée dans l’oubli. Elle pourrait aussi renouer avec son fils Remi, qu’elle connait à peine, parce que là aussi on a préféré enterrer les sales petits secrets sous un couvercle de mensonge. Mais au-delà de ces non-dits, de ces silences, il y a toutes ces questions essentielles que l’on se pose au sujet de Lolita B. Des questions essentielles et bien sordides, il faut bien le dire. Mais que voulez-vous, le public veut savoir. Alors qui est Lolita B. ?&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Qu’on revienne de guerre ou d’ailleurs&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;quand c’est un ailleurs&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;aux autres inimaginable&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;c’est difficile de revenir&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Mesure de nos jours&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Charlotte Delbo&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;Jamais la citation de Charlote Delbo qui figure en épigraphe ne prendra plus de sens que Dans &lt;em&gt;De Guerre Ou D’Ailleurs&lt;/em&gt;, où le champ de bataille se situe dans la cuisine de cette maison d’enfance, plus précisément autour de cette table en Formica à laquelle Lolita B., femme proche de la cinquantaine, ancienne star d’une émission de télé-réalité, est attablée, tandis que sa mère dort à l’étage. On n’en dira pas plus, quant à la nature de cette dévastation qui ronge de l’intérieur cette femme abimée nous rappelant la personnalité de Loana au travers d’un texte rédigé quelques mois avant son décès. Si Séverine Chevalier s’est inspirée de ce parcours de vie tragique, celui-ci rejaillit principalement&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;par le prisme de ces onze questions que l’on s’est sans doute posées au sujet de Loana et qui font office de titre pour chacun des chapitres du roman. Et ces interrogations transposées autour de la personnalité de Lolita B. nous interpelle forcément en nous ramenant vers notre propre mesquinerie quant à notre rapport à la notoriété, plus particulièrement dans le contexte de ces formats télévisuels. Il va de soi que Séverine Chevalier ne répondra pas à ces questions sordides mais qu’elle nous entrainera dans ce cheminement intérieur d’une impressionnante profondeur d’où vont rejaillir quelques souvenirs marquants qui vont façonner, de manière tragique, la trajectoire de Lolita B. Et c’est autour de cette errance dans la bourgade de son enfance que l’on prend la mesure de l’ampleur de cette guerre intérieure que la romancière restitue avec une impressionnante justesse et qui nous interpelle en permanence. Et comme pour faire écho à cette trajectoire chaotique, incarnation de la colère qui ne manquera pas de gronder en nous, il y a Rémi, le fils de Lolita B., que l’on va suivre dans ses pérégrinations tourmentées l’entrainant dans l’environnement de celles et ceux qui ont façonnés la fameuse Emission dont il ne sera jamais question, hormis ce parallèle avec ce zoo abandonné où rode un chevreuil à trois pattes, ou ces expositions d’autrefois où l’on exhibait des êtres humains en provenance des ces contrées lointaines de l’empire colonial. Et tandis que l’intrigue progresse, c’est tout ce questionnement qui apparait avec cette force tellurique qui nous bouscule dans nos certitudes bien campées quant aux participants de ces émissions de télé-réalité. Tout cela prend forme au gré d’un récit d’une intensité impressionnante qui s’achève sur un texte en prose qui oscille entre puissance et délicatesse, marque de fabrique d’une romancière dont le talent singulier nous interpelle avec une belle constance.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Séverine Chevalier : De Guerre Ou D'Ailleurs. La Manufacture de livres 2026.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : Ami Ou Ennemi de Maurane. Album : Ami Ou Ennemi. 1991 Polydor.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>JEONG YOU-JEONG : UN BOHNEUR PARFAIT. LA SOUSTRACTION.</title>
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<published>2026-08-15T16:44:00+02:00</published>
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&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1425034&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/00/2555726746.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_5294.jpeg&quot; /&gt;Exclusivement dédiée à la littérature en provenance de l’extrême-orient, la maison d’éditions Picquier a constitué, depuis 40 ans, un catalogue où tous les genres se confondent que ce soit des classiques ou des romans contemporains, des essais ou des ouvrages pour les enfants ainsi que de la littérature noire allant du thriller au policier classique en passant&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;par le roman noir. Ce qui importe dans le choix des textes, c’est cette sensation d’effectuer une véritable immersion par le biais d’intrigues du cru habilement traduites nous permettant de saisir les particularismes du pays, tant au niveau géographique bien évidemment, mais surtout dans la dimension culturelle et sociale qui émergent de récits ancrés dans le terroir. Dès lors, avec une ligne éditoriale de ce calibre, on comprendra que les thrillers qui intègrent la collection ne répondent pas forcement aux codes occidentaux propre au genre, ce qui permet à &lt;em&gt;Un Bonheur Parfait&lt;/em&gt; de la sud-coréenne Jeong You-jeong d’apparaitre comme un récit dense et chargé de tensions certes, mais qui se dispensera de rebondissements absurdes pour se concentrer sur le fil d’une intrigue captivante qui s’articule autour des points de vue de l’entourage d’une sociopathe inquiétante et qui s’inspire d’un fait divers réel qui a marqué le pays. Il faut dire que la romancière, infirmière de formation, n’est pas une débutante avec pas moins de huit romans qui s’inscrivent tous dans une veine sombre et dont plusieurs d’entre eux ont fait l’objet d’une adaptation au cinéma tandis que d’autres sont traduits en français à l’instar de &lt;em&gt;Généalogie Du Mal&lt;/em&gt; (Picquier 2018), un thriller psychologique qui se penchait déjà sur le portrait d’un jeune homme tourmenté se réveillant avec le cadavre de sa mère gisant en bas des escaliers du duplex où ils vivent. Ainisi, au-delà de la noirceur de ses romans, lJeong You-jeong s’emploie à nous offrir un tableau vif de la société sud-coréenne qu’elle restitue par l’entremise de personnages à la fois nuancés et extrêmement fouillés dont les interactions nous donnent un aperçu des rapports qui les régentent au sein de leur environnement très codifié.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1425041&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/1309452423.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_5292.jpeg&quot; /&gt;A six ans Jiyu s’emploie à respecter du mieux qu’elle peut les règles que lui impose sa maman. Il faut dire que Yuna est exigeante et que son humeur s’assombrit lorsque l’on ne répond pas à ses attentes. Sa soeur en a fait les frais ainsi que le second mari de Yuna qui vient de perdre son fils, issu d’un premier mariage, dans des circonstances tragiques. Il faut dire que les tragédies s’enchaînent dans l’entourage de Yuna. On commence même à se demander ce qu’il est advenu de son premier mari qui semble avoir disparu de la circulation. Jiyu pourrait bien dire qu’elle a vu son papa et qu’elle s’est promenée avec lui au bord de l’étang aux canards avant qu’il ne parte définitivement après avoir mangé un bon repas concocté par sa maman. Mais celle-ci dit que c’est un secret. Et puis il y ces rêves terribles qui hantent les nuits de la fillette avec ces oiseaux qui semblent hurler de douleur. Qu’ont-ils pu avoir bien vu ?&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Contrairement à bon nombre de thrillers se focalisant sur des psychopathes, on n’adoptera jamais le point de vue de Yuna, cette femme narcissique dont le portrait s’esquisse par le prisme de son entourage que ce soit Jiyu sa fille, Eun-ho&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;son second mari et Jae-in sa grande soeur que Jeong You-jeong met en scène dans une alternance de trois chapitres qui constituent chacune des trois partie d’un roman à la mécanique aussi précise que redoutable. Dès lors, à&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;mesure que l’on progresse dans le cours de l’intrigue, s’additionne ainsi les regards parcellaires de chacun des proches de Yuna qui vont nous permettre de saisir l’ampleur de sa personnalité terrifiante tout en se demandant ce qu’il va advenir de chacun d’entre eux, ceci dans une atmosphère chargée de tension. Ce que l’on apprécie avec cette romancière sud-coréenne, c’est ce pouvoir de suggestion qui rejaillit d’un texte où l’horreur émerge dans une espèce d’incertitude qui ne font que renforcer les doutes du lecteur, sans pour autant abuser du procédé. De cette manière, l’enjeu du roman s’articule autour du devenir des trois membres de la famille de Yuna à mesure que l’on distingue les projets de cette personne inquiétante, en quête d’&lt;em&gt;Un Bonheur Parfait &lt;/em&gt;qui se construit au gré d’une logique implacable qui fait froid dans le dos et que l’on retrouve sur le quatrième de couverture qu’il faudra s’abstenir de lire tant il dévoile certains aspects de l’intrigue, quand bien même si celle-ci ne se définit pas sur des ressorts surprenants mais davantage sur une construction machiavélique où Yuna apparaît peu à peu dans toute sa froide humanité imprégnée tout de même d’une certaine détresse qui ne la rend que plus crédible. Tout cela se construit sur un rythme lent qui correspond à cette langueur hivernale imprégnant un récit de plus de 500 pages où chaque détail compte en s’enchâssant parfaitement et en nous invitant à découvrir également les rapports qui régissent cette famille coréenne reflet d’une société où la pression qu’elle soit sociale ou familiale semble définir les codes d’une société fortement hiérarchisée. Et puis, au gré de quelques analepses chargée d’une certaine mélancolie, on s’aventurera du côté de Vladivostok, ville russe, guère éloignée de la Corée du Sud qui abrita d’ailleurs une importante communauté coréenne avant que Staline ne fasse raser le quartier, mais qui entretient aujourd'hui encore, des liens économiques, culturels et touristiques étroits avec ce pays. D’une richesse incroyable tant au niveau des personnages que de l’environnement dans lequel ils évoluent, Un Bonheur Parfait apparait comme un thriller prenant qui vous envoute à mesure que l’on progresse dans les rouages tortueux d’un texte dense à l'écriture ciselée qui dévoile les contours de la personnalité d’une femme aussi troublante que fascinante.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Jeong You-jeong : Un Bonheur Parfait (Perfect Happiness - Wanjeonhan Haengbok). Editions Picquier 2024. Traduit du coréen par Lim Yeong-hee avec la collaboration de Suzy Borello.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A lire en écoutant : Why&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Should I Love You de Kate Bush. Album : The Red Shoes. 2011 Noble &amp;amp; Brite Ltd.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>Frank Bill : Mordre La Poussière.</title>
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<updated>2026-07-29T07:52:08+02:00</updated>
<published>2026-07-28T03:55:00+02:00</published>
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<summary>   Il y avait bien eu l’adaptation au cinéma de son unique roman,  Donnybrook...</summary>
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&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1424065&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/00/2428294201.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_5172.jpeg&quot; /&gt;Il y avait bien eu l’adaptation au cinéma de son unique roman, &lt;em&gt;Donnybrook&lt;/em&gt;, une histoire féroce de combats clandestins prenant pour cadre une région reculée de l’Indiana, mais depuis 2014, on était sans nouvelle de ce romancier dont le texte était traduit par Antoine Chainas pour trouver sa place dans la Série Noire, de l’époque où Aurélien Masson, grand découvreur de talents un peu décalés, était aux commandes. Hautement recommandé, encore tout dernièrement, par Donald Ray Pollock himself, on ne peut que se féliciter qu’Aurélien Masson, désormais directeur littéraire chez Plon, ait pris l’initiative de publier Mordre La Poussière, second roman de Frank Bill qui rend hommage à son père, un vétéran de la guerre du Viet Nam incorporé dans le corps de Marines. Comme pour les romans et nouvelles&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;de Donald Ray Pollock, on retrouve chez Frank Bill cette écriture brutale et cinglante qui met en exergue l’Amérique des laissés-pour-compte où l’on croise des vétérans rongés par les traumas de la guerre se réinsérant tant bien que mal dans l’univers âpre du monde ouvrier et de l’usine, tandis que l’on soulage les corps usés avec l’oxycodone qui devient le théâtre de trafics sordides. C’est au sein de ce tableau, plutôt sombre, que se met en place l’intrigue de &lt;em&gt;Mordre La Poussière&lt;/em&gt; qui s’articule autour de la personnalité de Miles Knox, rescapé de la guerre du Vietnam, adepte de la musculation intensive sous stéroïde, qui tente de conserver tant bien que mal son emploi à l’usine, en dépit de son tempérament sanguin. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p2&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1424066&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/00/4247527882.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4664.jpeg&quot; /&gt;Son statut d’ancien combattant au Viet-Nam ne lui donnant aucun passe-droit, Miles Knox risque bien de perdre son travail à la suite d’une bagarre devant l’usine avec un collègue voulant l’arnaquer avec une livraison de stéroïdes qu’il différait sans cesse. Il faut dire qu’à 57 ans, le vieux briscard se montre toujours aussi colérique et seule Shelby, une strip-teaseuse au grand coeur, est capable d’apaiser cette nervosité qui le ronge et d’éloigner les fantômes qui l’accompagnent en permanence. Mais la jeune femme doit également protéger son frère Wylie, un individu instable qui vient d’éliminer un couple de dealers d’oxycodone et qui n’a rien trouvé de mieux que de kidnapper sa soeur et de l’emmener dans le refuge de pêche de Miles afin de se soustraire à ses poursuivants. Bien décidé à retrouver celle qu’il aime et dont il est sans nouvelle, Miles&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;va entamer des recherches erratiques qui vont l’embarquer à la lisière de la folie, au cours d’une longue nuit sans fin. Une situation explosive qui risque bien de dégénérer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Si le coeur de l’intrigue se déroule sur l’espace d’un jour et d’une nuit tourmentée,&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Frank Bill se joue de la temporalité à mesure que l’on plonge dans les délires de Miles Knox&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;cet ancien Marines hantés par la silhouette fantomatique d’un compagnon d’arme qui semble lui susurrer quelques imprécations obscures qui vont ranimer certains souvenirs du Viet-Nam qu’il aurait préféré garder enfoui à tout jamais. On s’égare ainsi dans les réminiscences d’une mission aux entournures douteuses qui se fragmente dans l’esprit torturé de ce vétéran tandis qu’il se débat entre cauchemar et réalité se conjuguant dans un agrégat de violence, de douleur et même d’horreur rappelant, à certains égards, les errements d’un certain colonel Kurz dans Apocalypse Now. Mais Miles Knox n’est pas le seul individu qui va Mordre La Poussière puisque l’on adopte également le point de vue de Shelby qui se heurte aux exactions de son frère jumeau ainsi que celui de Nathaniel, un ancien policier, devenu armurier qui vient de recueillir son neveu unique témoin de la mort de son père et de sa mère, dealers d’oxycodone, tous exécuté sous ses yeux. C’est donc autour de ces trois personnages que se construit cette intrigue rude, sans fioriture, qui parfois part délibérément en vrille pour retomber sur ses pieds dans ce qui apparaît comme un récit extrêmement bien construit s’inscrivant dans le réalisme sans fard d’individus un peu paumés qui n’attendent pas grand chose d’un rêve américain noyé dans l’alcool, l’oxycodone et les stéroïdes. Au final, on distingue des femmes et des hommes qui font du mieux qu’ils peuvent pour survivre au sein d’un milieu plutôt farouche, mais qui trébuchent parfois au gré d’une routine qui peut se révéler délétère. Reste à savoir qui parmi, Miles, Shelby et Nathaniel, sera capable de se relever dans les ruines d’une journée et d’une nuit cauchemardesque que Frank Bill met un scène dans des environnements rudes que ce soit l’usine, les bars glauques ainsi que cette plantation de marijuana abritant une masure rongée par la vermine où cette cabane de pêcheur dans laquelle Shelby va se confronter aux souvenirs douloureux qui imprègnent son parcours tragique. &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Tout cela s’enchaine à merveille au rythme d’une construction narrative à la fois intense et habile qui s’agrège dans l’abîme d’une atmosphère poisseuse, chargée de testostérone à l’image de Miles Knox dont la personnalité complexe emprunte quelques traits de caractère au père de Frank Bill des éléments qui lui sont propre à l’instar de cette passion pour la musculation qui fait office d’échappatoire pour ce héros tourmenté dont la force de caractère masque une profonde détresse. Et c’est bien ce qui transparait dans &lt;em&gt;Mordre La Poussière&lt;/em&gt;, avec cette dureté et cette violence, jamais gratuites qui imprègne ce texte brutal qui n’est pourtant pas dépourvu de nuance à l’image de cette épilogue qui s’inscrit dans le réalisme sans fard que Frank Bill dépeint avec force de talent qui vous secoue.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Frank Bill : Mordre La Poussière (Back To The Dirt). Editions Plon 2026. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Yoko Lacour.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : Engine 999 de The Hooters. Album : One&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Way Home. 1987 CBS INC.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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