<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="/atom.xsl" ?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="fr">
<title>MON ROMAN ? NOIR ET BIEN SERRE !</title>
<link rel="self" type="application/atom+xml" href="https://www.monromannoiretbienserre.com/atom.xml"/>
<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.monromannoiretbienserre.com/" />
<subtitle>Littérature noire. &amp;quot;Café-crime arrosé sang !...&amp;quot; Jacques Prévert</subtitle>
<updated>2026-07-11T17:45:28+02:00</updated>
<rights>All Rights Reserved blogSpirit</rights>
<generator uri="https://www.blogspirit.com/" version="6.0">blogSpirit</generator>
<id>https://www.monromannoiretbienserre.com/</id>
<entry>
<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
<uri>https://www.monromannoiretbienserre.com/about.html</uri>
</author>
<title>BRET ANTHONY JOHNSTON : LA LUMIERE ET LES TENEBRES.</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2026/07/06/bret-3392652.html" />
<id>tag:www.monromannoiretbienserre.com,2026-07-06:3392652</id>
<updated>2026-07-11T17:32:13+02:00</updated>
<published>2026-07-11T17:15:00+02:00</published>
<category term="04. Roman noir" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Auteurs J" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS PAR PAYS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="USA" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>   Si l’on a pu voir ou lire toute une kyrielle de reportages consacrés au...</summary>
<content type="html" xml:base="https://www.monromannoiretbienserre.com/">
&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1423262&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/01/1732214598.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4917.jpeg&quot; /&gt;Si l’on a pu voir ou lire toute une kyrielle de reportages consacrés au siège de Waco au Texas, les romans dédiés à cet événement tragique ne sont guère nombreux pour ne pas dire inexistants, ce qui fait que &lt;em&gt;La Lumière Et Les Ténèbres&lt;/em&gt; de Bret Anthony Johnston ne pouvait manquer de susciter une curiosité certaine. Natif de Corpus Christi, ville côtière texane qui donnera d’ailleurs son titre à son premier recueil de nouvelles, Bret Anthony Johnston, outre son activité d’enseignant en écriture créative notamment à l’université d’Harvard, est l’auteur de cinq romans dont &lt;em&gt;Souviens-Toi De Moi Comme Ça&lt;/em&gt; (Albin Michel 2016), son avant-dernier et unique ouvrage traduit en français abordant le thème de la disparition qui a été salué par John Irving. Ainsi, après un silence de plus d’une dizaine d’années, le romancier texan revient donc sur cette confrontation de 51 jours qui opposa l’ATF et le FBI à cette secte religieuse dirigée par Vernon Wayne Howell plus connu sous le nom de David Koresh. En 1993, outre les images des deux assauts qui ont fait le tour du monde, le bilan tragique qui en découla, la gabegie des autorités fédérales et la folie de ce gourou charismatique, c’est la première fois que l’on prenait la mesure de l’ampleur, aux Etats-Unis, de ces courants extrémistes religieux ou politiques, parfois les deux, farouchement opposés à la moindre incursion gouvernementale quitte à prendre les armes pour faire valoir leurs propres lois. C’est donc autour de ce déchaînement de fureur apocalyptique, que Bret Anthony Johnston met en scène une intrigue prenant la forme d’une romance aux connotations shakespeariennes, digne émanation de Roméo et Juliette transposée dans cette région désolée du Texas qui devient le théâtre de cet amour naissant entre deux jeunes gens dont les communautés s’opposent tout en s’agrégeant de manière immuable dans cette spirale de violence rejaillissant dans &lt;em&gt;La Lumière Et Les Ténèbres &lt;/em&gt;au cours de ce qui apparaît comme le plus grand combat sur sol étasunien depuis la guerre de sécession.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1423264&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/01/2917249145.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4661.jpeg&quot; /&gt;En 1993, du côté de Waco au Texas, Perry Cullen, que tout le monde surnomme l’Agneau, a rassemblé toute une communauté qui voit en lui la réincarnation du prophète. Pour lui, certains d’entre eux ont cédé leurs économies tandis que d’autres ont quitté leur conjoint pour se tourner vers ce leader charismatique qui se prépare à la fin des temps en rassemblant un impressionnant stock d’armes et de munitions qu’il entasse dans cette propriété reculée du comté. Arrivée de Californie avec sa mère, fervente adoratrice de Perry Cullen, Jay s’aperçoit rapidement que le gourou a davantage de vue sur elle, ce qui fait qu’elle l’accompagne régulièrement sur les bourses aux armes qu’ils écument dans toute la région. C’est lors d’un de ces sorties que la jeune adolescente rencontre Roy, le fils du shérif du comté qui éprouve une attirance réciproque à mesure que la tension s’accroit entre la secte et les forces de l’ordre bien décidées a investir les lieux afin de saisir les armes illégales que Perry Cullen détiendrait au sein de son domaine sur lequel il règne sans partage. Dans cette spirale de confrontations ténébreuses, les deux amant parviendront-ils à retrouver la lumière qui les unira à nouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;S’il s’agit d’une fiction, Bret Anthony Johnston reprend avec précision la majeure partie des événements du siège de Waco qui vont alimenter l’intrigue de &lt;em&gt;La Lumière Et Les Ténèbres&lt;/em&gt; s’articulant autour du point de vue de Jay, fille d’une disciple de Perry Cullen, en alternance avec celui de Roy fils du shérif du comté éprouvant tous deux un amour naissant en dépit des divergences opposant leurs entourages réciproques. On notera également que l’ensemble des protagonistes sont fictifs, même si Perry Cullen présente de très grandes similitudes tant dans son parcours que dans ses traits de caractère avec David Koresh et plus particulièrement pour ce qui concerne sa fascination pour les armes et sa folie destructrice qui s’inscrit dans une démarche apocalyptique dont il est d’ailleurs fait référence dans les quatre parties&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt; composant le texte avrc des titres faisant &lt;/span&gt;référence à la couleur de robe des quatre chevaux de l’apocalypse. Tandis que l’on suit les aléas de cette romance rugueuse, Bret Anthony Johnston a eu la bonne idée d’intégrer les entretiens d’un mystérieux podcaster qui retrace les péripéties de cette confrontation en interrogeant les différents protagonistes impliqués dans cet imbroglio tragique qui laisse&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;place à une immense amertume que l’on ressent de manière assez intense, ce qui permet au lecteur d’anticiper certains éléments du récit tout en se demandant ce qu’il va advenir de Jay et de Roy. On observe ainsi une certaine distance avec les événements qui s’enchainent au gré d’une fureur qui apparaît de manière lointaine, presqu’en filigrane du parcours de ces deux adolescents plongés bien malgré eux dans cette spirale de violence qui prend de plus en plus d’essors. Tout cela se décline sur la base d’une écriture pragmatique, redoutable d’efficacité qui nous permet d’appréhender l’atmosphère explosive qui imprègne les lieux mais également de la fragilité d’individus à la marge qui trouvent un échappatoire social au sein de ces mouvances extrêmes. A partir de là, on distingue la défiance des membres de cette secte envers des autorités fédérales dépassées faisant preuve d’une maladresse crasse comme le relève le shérif qui tente en vain de contenir la montée en puissance d’une confrontation immuable. Finalement, c’est cette alchimie de folie et d’incompétence qui transparait tout au long d’un roman prenant où les événements s’enchainent en arrière-plan de cette relation qui se noue entre deux adolescents dont on saisi le désarroi bien évidemment, mais également cette volonté farouche de s’extraire de cette impasse dans laquelle ils se trouvent malgré eux, en défiant leurs proches dont les certitudes vacillent, comme dépassés par la fureur des confrontations qu’ils ne maitrisent plus du tout. Si la tonalité du texte reste sobre de bout en bout, on regrettera un épilogue qui traine un peu en longueur en prenant davantage une allure « dysneylandienne » que shakespearienne où transparait un léger manque de crédibilité qui se met au service d’un récit imprégné d’une tension palpable mais qui ne demeurera pas inoubliable. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Bret Anthony Johnston : La Lumière Et Les Ténèbres. Editions Albin Michel/Collection Terres d’Amérique 2026. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Charles Bonnot.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A lire en écoutant : Riders On the Storm de The Doors. Album : L.A.Woman. 2021 Rhino Entertainment Compagny.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
<uri>https://www.monromannoiretbienserre.com/about.html</uri>
</author>
<title>David Peace : Munichs. Les Busby Babes.</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2026/06/21/david-peace-munichs-les-busby-babes-3392059.html" />
<id>tag:www.monromannoiretbienserre.com,2026-06-21:3392059</id>
<updated>2026-06-24T23:29:39+02:00</updated>
<published>2026-06-23T14:31:00+02:00</published>
<category term="04. Roman noir" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Auteurs P" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Grande-Bretagne" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS PAR PAYS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>   Il ne s’agit pas de savoir si vous aimez ou pas le football au cas où vous...</summary>
<content type="html" xml:base="https://www.monromannoiretbienserre.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1422293&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/01/1230434107.png&quot; alt=&quot;Capture d’écran 2026-06-21 à 16.54.22.png&quot; /&gt;Il ne s’agit pas de savoir si vous aimez ou pas le football au cas où vous vous aventureriez à lire la trilogie consacrée à ce sport emblématique de la société britannique dont il restitue avec minutie le contexte sociale d’une époque s’étalant entre les années cinquante et les années quatre-vingt. C’est d’ailleurs ce qui rejaillit dans l’ensemble de l’oeuvre de David Peace, cette puissance de fond sociale qui transcende ses textes, que ce soit &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/recueil-david-peace-le-quatuor-du-yorkshire/&quot;&gt;&lt;em&gt;la tétralogie du Yorkshire&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;, retraçant cette période sombre où sévissait Peter Suscliff, tueur en série qui terrorisa cette région où le romancier a vécu toute sa jeunesse avant de s’établir au Japon qui deviendra le cadre de &lt;em&gt;l&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/apps/search?s=David+Peace+japon&amp;amp;search-submit-box-search-73159=OK&quot;&gt;a trilogie nippone&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; restituant par le prisme de trois faits divers, l’époque tourmentée d’un pays se relevant des affres de la seconde guerre mondiale. A cela s’ajoute la dimension politique d’un romancier engagé qui s’incarne particulièrement dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2013/11/10/david-peace-gb-84-la-revolte-des-gueules-noires.html&quot;&gt;&lt;em&gt;GB 84&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; (Rivages/Noir 2009) où l’on découvre l’ampleur de cette grève des mineurs luttant contre la montée d’un libéralisme effréné conduit d’une main de fer par une Margareth Tatcher au fait de son pouvoir gouvernemental. Et puis il y a cette douleur et cette folie que l’on découvre dans chacun des romans de David Peace et qui prennent l’ascendant, notamment autour de &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2024/10/29/david-peace-patient-x-le-dossier-ryunosuke-akutagawa-les-ame-3365871.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Patient X&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; (Rivages 2024), biographie romancée de Ryūnosuke Akutagawa, figure légendaire de la littérature japonaise dont le destin s’agrège à celui du pays qu’il arpente &amp;nbsp;notamment lors du séisme du Kantō de 1923 qui ravagea la ville de Tokyo. On retrouve tout cela dans &lt;em&gt;Munichs&lt;/em&gt; son nouveau roman qui complète donc ce qui apparaît désormais comme une trilogie dédiée au ballon rond, véritable institution britannique, débutant avec &lt;em&gt;44 Jours&lt;/em&gt; (Rivages/Noir 2010) qui se consacre à la trajectoire éclaire de Brian Clough en tant que manager de Leeds United tandis que le superbe &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2014/09/21/david-peace-rouge-ou-mort-du-charbon-et-des-jeux.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Rouge Ou Mort&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; (Rivages/Noir 2014) se focalisait sur le parcours de Bill Shankly, entraineur légendaire du Liverpool Football Club. Abordant le deuil, la douleur de la perte, le remord des survivants et cette lente résilience incertaine, David Peace transcende ces thèmes autour de &lt;em&gt;Munichs&lt;/em&gt; qui se penche sur le tragédie qui a frappé le Manchester United Football Club en 1958 &amp;nbsp;avec le crash d'un avion, lors d'une escale à Munich, décimant un grand partie de l'équipe et du staff ainsi que plusieurs journalistes qui les accompagnaient dans ce qui va apparaître comme un véritable drame aux dimensions nationales.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1422324&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/01/73524818.jpeg&quot; alt=&quot;david peace,munichs,éditions rivage,littérature noire,blog mon roman noir et bien serré,chronique littéraire,blog littéraire,lecture 2026,littérature anglaise&quot; /&gt;Le 6 février 1958, le pilote du vol 609 de la British European Airways, s'évertue à tenter de faire décoller son avion à trois reprises sur la piste de l'aéroport de Munich en proie aux intempéries hivernales. Mais la troisième tentative va se révéler tragique, puisque l'appareil s'écrase en faisant 23 morts dont 11 membres de l'équipe de Manchester United. Mais au cours de cette escale qui les ramenait en Angleterre, il y a aussi 21 survivants dont 8 joueurs et leur manager Matt Busby qui doivent se remettre de leurs blessures, dont certaines sont extrêmement graves. Et puis il y a le trauma à surmonter avec cette culpabilité lancinante d'avoir survécu qui se conjugue avec un sentiment d'injustice pour ceux qui vont revenir au pays, dans cette atmosphère d'après-guerre où le football &amp;nbsp;fait figure d'institution, plus particulièrement au sein d'une classe ouvrière véritablement marquée par cette catastrophe brisant l'élan de cette équipe adulée que tout le monde surnomme affectueusement les Busby Babes. Il faut dire que ces joueurs incarnaient le sentiment d'appartenance de toute une nation désormais endeuillée. Mais les compétitions se poursuivent et il s'agit de recomposer l'équipe en intégrant des joueurs marqués par l'événement qui doivent affronter les équipes adverses tout en composant avec les souvenirs des morts qui affleurent en permanence. Mais peut-on se relever d'une telle tragédie et remporter le championnat d'Angleterre dans de telles circonstances ?&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1422352&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/3672690082.2.png&quot; alt=&quot;david peace,munichs,éditions rivage,littérature noire,blog mon roman noir et bien serré,chronique littéraire,blog littéraire,lecture 2026,littérature anglaise&quot; /&gt;Sur la couverture sublime, il y a Edward Duncan qui s'élève vers le ballon tandis qu'en arrière plan, on distingue un public massé sur les gradins afin admirer le jeu de ce footballeur exceptionnel dont on s'accordera à dire que la posture prend l'allure d'un art similaire à celui d'un danseur étoile. Et c'est autour du destin tragique de ce joueur et de celui de ses coéquipiers du Manchester United, que David Peace se focalise avec &lt;em&gt;Munichs&lt;/em&gt;, livre hypnotique, qui retrace donc l'histoire de cette catastrophe aérienne qui a marqué l'entièreté d'un pays bouleversé par cette tragédie et dont on va percevoir l'intensité du chagrin en adoptant le point de vue des membres l'équipe qui ont survécu au crash et de celles et ceux qui sont restés à Manchester. Parmi tous ces regards, on s'attardera sur celui des mères et des fiancées de ces jeunes hommes fauchés dans la fleur de l'âge alors que certains d'entre eux s'apprêtaient à fonder une famille tandis que d'autres laissent des enfants désormais privés de leur père. Ainsi de l'intimité de l'individu qui se morfond dans sa culpabilité d'avoir survécu à la pesante ferveur de ces hommes et de ces femmes composant la foule qui encadre ces convois funéraires traversant les villes endeuillées du pays, on ressent ce sentiment de douleur qui rejaillit de ce texte hypnotique au style inimitable qui s'inscrit une fois encore dans cette formidable scansion s'agrégeant au rythme de ce récit prenant. Débutant sur les instants hallucinants de ces passagers et membres de l'équipage s'extrayant de la carlingue éventrée de l'avion, au milieu des corps mutilés, on suivra donc le parcours &amp;nbsp;de chacun d'entre eux jusqu'à cette finale du championnat d'Angleterre dans ce qui apparaît comme une fresque prodigieuse où il est question de football bien évidemment mais également de cette courbe de deuil, propre à chacun des protagonistes et que David Peace, restitue avec une minutie insensée, pour mieux nous immerger dans le contexte sociale de cette époque de l'après-guerre où les morts, fantômes omniprésents au sein de la ville de Manchester, côtoient les survivants évoluant dans un maelström de sentiments douloureux et où les matchs deviennent une espèce d'exutoire chargé de ferveur. A partir de là, s'enclenche une véritable performance de tension qui s'articule autour des enjeux d'un championnat où l'on prend la mesure de cette solidarité qui anime une communauté soudée autour de son club qui dépasse les frontières de la ville pour se diffuser à travers toute une nation dans laquelle évolue Jimmy Murphy, entraîneur adjoint charismatique du légendaire Matt Busby, qui s'acharne à reconstituer cette équipe décimée en s'attachant particulièrement aux joueurs qui ont survécus dont Bobby Charlton autre légende du football anglais qui va transcender les foules. Mais si l'on partage l'exaltation incandescente qui anime le &lt;img id=&quot;media-1422353&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/01/1125129332.png&quot; alt=&quot;david peace,munichs,éditions rivage,littérature noire,blog mon roman noir et bien serré,chronique littéraire,blog littéraire,lecture 2026,littérature anglaise&quot; /&gt;stade d'Old Trafford lors des matchs, David Peace s'attarde également sur le quotidien de ces footballeurs extrêmement proches de leurs supporters qui peuvent jouer dans les rues des Manchester avec les jeunes du quartier et qui vivent dans le même environnement social, puisque issus, pour la plupart, de milieux extrêmement modestes dont ils ne se sont guère éloignés. Et c'est tout cela que l'on retrouve dans &lt;em&gt;Munichs&lt;/em&gt;, où la lettre s devient l'incarnation de la trajectoire de chacun des rescapés de cette tragédie qui n'a rien d'une ode mystique dédiée au foot que David Peace dépeint avec cette lucidité foudroyante où l'on perçoit aussi quelques zones d'ombre à l'instar de ces entraîneurs d'équipes adverses estimant que les dirigeants du Manchester United exploitaient à des fins stratégiques la compassion dont bénéficiait le club ou de ces supporters scandant &quot;&lt;em&gt;Munich ! Munich !&quot;&lt;/em&gt; afin de déstabiliser la formation lorsqu'elle jouait à l'extérieur. Parce qu'il transcende les sujets comme personne d'autre ne saurait le faire, il n'est pas nécessaire d'être un aficionados du ballon rond pour prendre la mesure de &lt;em&gt;Munichs&lt;/em&gt;, roman exceptionnel d'un David Peace, au sommet de son écriture, qui reconstitue avec une minutie démentielle les instants d'une époque révolue, comme en témoigne l'impressionnante bibliographie qu'il a absorbée pour nous en restituer la quintessence émotionnelle qui ne manquera pas de vous faire frémir. Dans la maîtrise littéraire, il s'agit ni plus ni moins que d’un modèle du genre.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;David Peace : Munichs. Editions Rivages 2026. Traduit de l'anglais par Isabelle Maillet.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;How High The Moon interprété par Ella Fitzgerald. Album : Ella at Zardi's (Live 1956). A Verve Rec ordsrelease; 2017 UMG Recordings, Inc.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
<uri>https://www.monromannoiretbienserre.com/about.html</uri>
</author>
<title>Hervé Le Telliez : L’anomalie. Dissolution.</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2026/06/17/herve-le-telliez-l-anomalie-dissolution-3391937.html" />
<id>tag:www.monromannoiretbienserre.com,2026-06-17:3391937</id>
<updated>2026-06-22T13:24:57+02:00</updated>
<published>2026-06-18T13:20:00+02:00</published>
<category term="03. Roman policier" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="04. Roman noir" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="06. Thriller" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="08. Espionnage" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="09. Aventure" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="11. Science-fiction/Anticipation" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="12. Fantastique/horreur" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Auteurs L" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="France" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS PAR PAYS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>    «  Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance,...</summary>
<content type="html" xml:base="https://www.monromannoiretbienserre.com/">
&lt;p class=&quot;p1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1422148&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/00/58664046.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4597.jpeg&quot; /&gt;« &lt;em&gt;Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;Victør Miesel - L’Anomalie&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;Il y a parfois des lectures où vous jubilez tellement, où vous éprouvez un tel plaisir que vous vous demandez, en milieu de parcours, s’il n’y aura pas une petite faiblesse, une faille, quelques temps morts où même une déception une fois arrivé au terme de l’intrigue. Sans rien dévoiler de ce récit prenant, on peut admettre sans coup férir que &lt;em&gt;L’anomalie&lt;/em&gt; d’Hervé Le Tellier fait partie de ces romans captivants de bout en bout qui s’inscrivent dans ce qui apparait comme la conjugaison parfaite de la créativité, du style et de la narration qui semble avoir convaincu tant les jurés du Goncourt 2020 que les nombreux lecteurs qui ont fait l’acquisition de ce roman singulier qui se serait vendu à plus d’un million d’exemplaires. Alors bien sûr qu’il y aura quelques esprits chagrins pour vous expliquer qu’ils n’ont rien capté à ce texte dont ils ne saisissent pas l’engouement qu’il a pu susciter au sein d’une masse forcément aveuglée par le succès relayé par la kyrielle de médias qui ont encensé &lt;em&gt;L’Anomalie&lt;/em&gt;. On trouvera pourtant quelques explications en s’attardant sur le parcours d’Hervé Le Tellier, de sa formation de mathématicien, puis de journaliste jusqu’à ce qu’il obtienne un doctorat en linguistique en se spécialisant dans les littératures sous contrainte qui l’amèneront au sein de l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle) dont il assure la présidence en 2019 pour ce groupe littéraire fondé en 1952 par le mathématicien François Le Lionnais et l’écrivain, poète Raymond Quenaud. Et c’est en s’articulant autour de cette interrogation sur la littérature sous contrainte que vont apparaître quelques oeuvres emblématiques à l’instar de &lt;em&gt;Cent Mille Milliards De Poèmes&lt;/em&gt; de Raymond Queneau permettant au lecteur de composer ses poèmes dont je vous laisse deviner le nombre de possibilités, de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s2&quot;&gt;La Disparition&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; de Georges Perec où la lettre e ne figure sur aucune des trois cent pages du texte et de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s2&quot;&gt;La Vie Mode D’Emploi&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;, du même auteur, où l’on suit la vie des habitants évoluant dans l’environnement d’un immeuble parisien en adoptant dans leurs déplacements&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;le mouvement du cavalier d’un jeu d’échec. C’est donc toute cette culture oulipienne que l’on va retrouver dans &lt;em&gt;L’anomalie&lt;/em&gt; qui se décline autour de la personnalité de onze passagers d’un avion, représentatifs d’autant de genre littéraire que ce soit le thriller, et le roman policier, la science fiction et l’anticipation, le roman psychologique et intimiste, l’espionnage et l’intrigue géopolitique, l’hommage à la littérature blanche et au récit introspectif, ainsi qu’au roman philosophique s’interrogeant ni plus ni moins quant à la nature de notre existence.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1422149&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/02/4275384170.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4559.jpeg&quot; /&gt;A bord de ce vol Air France Paris New-York AF006, on s’attardera sur quelques individus parmi le 243 passagers qui ont embarqué dans cet avion qui se trouve soudainement pris dans une gigantesque turbulence aux dimensions colossales que l’on ne peut contourner. Il y a Blake, le tueur à gage, Victor Miesel écrivain reconnu mais sans succès, Lucie Boagert une monteuse pour le cinéma qui accompagne André Vannier, un architecte de renom, Joanna Wood, une avocate afro-américaine qui a intégré un grand cabinet juridique, Slimboy un chanteur nigérian contraint de vivre dans le mensonge pour dissimuler son homosexualité, Sophia Kleffman une fillette de six ans qui doit composer avec les traumas d’un père vétéran de la guerre d’Irak et d’Afghanistan et David Markle, pilote de ligne qui tente de s’extraire du piège dans lequel il s’est engouffré avec l’avion dont il est le commandant de bord. Mais une fois qu’ils ont atterri, l’ensemble des occupants de l’avion vont être confronté à un événement qui les dépassent. Et pour répondre aux questions que le monde entier ne manquera pas de se poser, les autorités américaines vont faire appel à Meredith Harper et Adrian Miller, deux scientifiques qui ont rédigé les bases du protocole 42 désormais chapeauté par l’armée et le FBI et qui ont remisé le Boeing 787 et ses occupant dans un hangar. Qu’elle est cette anomalie qui va bouleverser toutes nos certitudes ?&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1422201&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/00/3913208971.jpeg&quot; alt=&quot;hervé le tellier,l’anomalie,éditions gallimard,éditions folio,prix goncourt,chronique littéraire,blog min roman noir et bien serré,blog littéraire,thriller,roman noir,roman fantastique,science fiction,anticipation,lecture 2026&quot; /&gt;Quelle que soit la multitude de genres qu’il pastiche et auxquels il rend hommage avec un plaisir évident, L’anomalie, véritable page-turner aussi dense que passionnant, s’inscrit finalement comme une expérience de pensée où le lecteur s’interrogera forcément sur ce triptyque existentiel de savoir qui nous sommes, d’où nous venons et où nous allons et auquel Hervé Le Tellier va apporter une réponse singulière, s’inspirant de la théorie du philosophe suédois Nick Bostrom dont je vous laisserai découvrir le postulat, une fois le livre terminé. Et puis il y a cette multitude de mises en abime jalonnant ce texte aussi singulier que redoutable de maîtrise, à l’instar de cet épigraphe de Victør Miesel, protagoniste de l’intrigue, qui a publié en 2021 un roman devenu best-seller, intitulé L’Anomalie, soit un an après la publication du présent ouvrage. On y trouve également toute un multitude de clin d’oeil aux oeuvres de Raymond Quenaud dont les titres des trois parties composant le livre sont extraits de ses poèmes tandis que d’autres font allusion à l’oeuvre de Georges Perec, notamment au terme de ce calligramme mystérieux, chargé de symboles, qui met un terme à cette intrigue s’achevant de manière tout simplement magistrale.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Et bien que foisonnant et protéiforme en abordant toute une multitude de sujets qu’il serait vain d’énumérer, il faut saluer la grande tenue de cette histoire qui se lira quasiment d’une traite au gré d’une mise en scène littéraire extrêmement imagée qui donne cette sensation de s’immerger dans une série audiovisuelle chargée de tension. Au travers de personnages bien charpentés, on plonge donc avec fébrilité dans ce récit choral d’où émane parfois quelques tonalités ironiques à l’exemple de cette conversation lunaire entre un président des Etats-Unis et son homologue français se révélant guère éloigné de ce qui nous est rapporté dans l’actualité du moment.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Il y a finalement quelque chose de véritablement vertigineux à lire L’anomalie qu’il faudra faire ressurgir de votre bibliothèque pour les inconscients comme moi qui aurait relégué l’ouvrage dans les fins fond des rayonnages ou pour celles et ceux qui voudraient capter quelques références aussi amusantes que mystérieuses qui rejaillit de la trajectoire fabuleuse de ces protagonistes qui vont faire face à eux-mêmes au gré de circonstances déroutantes qui vous laisseront sans voix. A lire ou à relire avec le même enthousiasme qui vous fait dire que la littérature a décidément de beaux jours devant elle, n’en déplaise à celles et ceux qui se penchent sur son cadavre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Hervé Le Tellier : L’anomalie. Editions Gallimard 2020.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : Decks Dark de Radiohead. Album : A Moon Shaped Pool. XL Recording 2016.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
<uri>https://www.monromannoiretbienserre.com/about.html</uri>
</author>
<title>JAVIER CERCAS : TERRA ALTA. L’ESPAGNOLARD.</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2026/06/13/javier-cercas-terra-alta-les-miserables-3391752.html" />
<id>tag:www.monromannoiretbienserre.com,2026-06-13:3391752</id>
<updated>2026-06-14T08:06:44+02:00</updated>
<published>2026-06-14T07:21:00+02:00</published>
<category term="03. Roman policier" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Auteurs C" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Espagne" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS PAR PAYS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>     Il fait partie des grandes figures de la littérature espagnole...</summary>
<content type="html" xml:base="https://www.monromannoiretbienserre.com/">
&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1421931&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/01/2667728554.jpeg&quot; alt=&quot;javier cercas,terra alta,actes sud,roman policier,blog mon roman noir et bien serré,chronique littéraire,littérature noire,littérature espagnole,blog littéraire,lecture 2026&quot; /&gt;Il fait partie des grandes figures de la littérature espagnole contemporaine avec cette particularité de se mettre en scène dans le cours de l'intrigue pour ce qui apparaît davantage comme une mise en abîme qu'une autofiction nombriliste, destinée à alimenter les thèmes qu'il aborde et qui s’articulent très fréquemment autour du dilemme lui permettant d'apporter un éclairage à la&amp;nbsp; fois pertinent et nuancé sur les zones d'ombre de l'histoire espagnole à l'instar de la guerre civile et du franquisme ou du séparatisme catalan. Egalement chroniqueur pour &lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s2&quot;&gt;El Pais&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; tout en enseignant la littérature à l'université de Gérone, c’est à l’âge de quinze ans que Javier Cercas découvre l'oeuvre de Jorge Luis Borges qui sera l’une des grandes sources d’inspiration avec cette propension à mélanger les genres, procédé qu’il adoptera lui-même dès l’écriture de ses premiers romans. Et même s’il est doté d’une assise certaine au sein du milieu des lettres, ce romancier traduit dans plus d’une trentaine de langues et auréolé de prix prestigieux, s’inscrit dans une démarche de renouvellement lorsqu’il se lance dans une trilogie de romans policiers&amp;nbsp;où il met en scène Melchor Marín, policier tourmenté (encore un), dont la personnalité oscille entre un Llyod Hopkins de James Ellroy, un Philippe Marlowe de Raymond Chandler et une pincée de Maigret de Georges Simenon que Javier Cercas cite parmi les auteurs majeurs et évidents de la littérature noire tout en&amp;nbsp; faisant également allusion à Leonardo Sciascia et Dashiell Hammett ainsi qu’à son compatriote Manuel Vázquez Montalbán. Mais dans &lt;em&gt;Terra Alta&lt;/em&gt;, premier roman de la trilogie éponyme faisant référence à cette cormaque reculée de la Catalogne, c’est la figure tutélaire de Javert qui apparaît afin d’aborder le thème de cette soif de justice inextinguible et du dilemme qui en découle,&amp;nbsp; planant sur l’ensemble d’un texte d’envergure où l’on distingue ce mouvement indépendantiste qui imprègne cette région proche de l’Ebre, théâtre d’une longue bataille marquante de la guerre civile espagnole, avant le retrait des troupes républicaines et dont les souvenirs affleurent encore dans l’esprit des anciens.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id=&quot;media-1421934&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/1655195054.2.jpeg&quot; alt=&quot;javier cercas,terra alta,actes sud,roman policier,blog mon roman noir et bien serré,chronique littéraire,littérature noire,littérature espagnole,blog littéraire,lecture 2026&quot; /&gt;En accord avec sa hiérarchie l’enquêteur Melchor Marìn a choisi d’être muté à Terra Alta afin de se mettre au vert à la suite de son acte héroïque qui lui a permis de contrer les attentats qui ont secoué les villes de Barcelone et de Cambrils. Désireux d’échapper à la notoriété grandissante dont il fait l’objet, le jeune policier aspire donc à d’avantage de quiétude au sein de cette commune reculée de la Catalogne qui porte encore&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;les stigmates de la bataille de l’Ebre. Mais à la suite de la découverte du couple Ardell sauvagement assassiné au sein de leur propriété, Melchor Marìn se rend bien compte que l’enquête s’enlise en dépit des moyens déployés afin d’identifier les auteurs ce crime abject. Qui pouvait en vouloir à ce couple de nonagénaire régnant sur l’entièreté de la région avec leur entreprise florissante de cartonnage employant la majeure partie de la communauté de Terra Alta ? Difficile de répondre à cette interrogation lancinante&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;même si Melchor Marìn s’acharne à examiner les éléments de l’enquête, lui qui aspire à ce que justice soit faite à l’image de Javert, ce personnage de Victor Hugo qui le fascine et auprès duquel il s’identifie tout comme celui de Jean Valjean dans les traces duquel il a pu cheminer au cours d’une jeunesse tourmentée dont les stigmates demeurent encore très présents. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1421935&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/02/3576088435.jpeg&quot; alt=&quot;javier cercas,terra alta,actes sud,roman policier,blog mon roman noir et bien serré,chronique littéraire,littérature noire,littérature espagnole,blog littéraire,lecture 2026&quot; /&gt;« La justice absolue peut être la plus absolue des injustices ». C’est autour de cette phrase lancée par un de ses supérieurs hiérarchiques que se définit la personnalité complexe de Melchor Marìn, policier en quête de vérité afin de faire notamment la lumière sur la tragédie qui a frappé sa mère et dont il cherche à retracer les circonstances qui entourent cette affaire trouble désormais classée mais qu’il a la volonté de déterrer. Javier Cercas façonne donc son récit autour du parcours de Melchor dont on adopte le point de vue en permanence au gré d’une enquête sur la mort abominable d’un notable de la région de Terra Alta et de son épouse alors qu’il est d’astreinte au sein du commissariat où il a été transféré, bien loin de la ville de Barcelone où il a toujours vécu. C’est de cette manière que l’on prend la mesure du parcours de jeunesse chaotique de ce policier tourmenté dont on découvre, par petites touches, certains aspects à mesure que l’on progresse dans le cours des investigations destinées à identifier qui sont les professionnels qui ont pu s’en prendre à ce couple Ardell très respecté au sein d’une communaute soudée et marquée par ce terrible événement. En dépit de son caractère individualiste et renfermé, Melchor Marìn parvient à s’intégrer dans cette région rurale et plus particulièrement avec ses collègues qui vont former une véritable équipe afin de confondre les auteurs de ce crime odieux. On est donc bien loin de cette image de l’enquêteur solitaire qui parviendrait à dénouer les fils d’une enquête envers et contre tous, pour davantage osciller vers une intrigue réaliste qui s’appuie sur les procédures policières que Javier Cercas fait en sorte de respecter ce qui lui permet de mettre en scène quelques personnages secondaires savoureux à l’instar du sergent Blai, indépendantiste catalan convaincu, mais sachant respecter le cadre légal auquel il est astreint en tant que policier. C’est ainsi qu’émerge en filigrane les thèmes chers à l’auteur que ce soit ce courant indépendantisme qui anime la province ainsi que les contours historiques de cette bataille de l’Ebre qui planent encore sur cette région reculée de l’Espagne que Javier Cercas dépeint notamment au travers du regard d’Olga, l’épouse de Melchor, qui dirige la bibliothèque municipale de la localité où ils vivent des jours heureux avec leur fille Causette. Une fois posés tous ces éléments qui apparaissent dans le cours d’une intrigue plutôt classique, on appréciera le fait que Javier Cercas s’emploie à déconstruire le schéma narratif de l’enquête policière, ceci plus particulièrement dans la seconde partie du roman qui se révèle beaucoup plus singulière qu’il n’y parait, en puisant dans la mémoire d’un passé historique de la région se révélant tout aussi tourmenté que ce jeune policier auquel, l’air de rien, le lecteur s’est immanquablement attaché et que l’on se réjouit déjà de retrouver dans les deux opus d’une trilogie qui promet d’être extrêmement dense. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Javier Cercas : Terra Alta. Editions Actes Sud. Collection Lettres hispaniques 2021. Traduit de l'espagnol par Alexandre Grujičić et Karine Louesdon.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : Blue American de Placebo. Album : Black Market Music. 2000 Elevator Lady Ltd.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
<uri>https://www.monromannoiretbienserre.com/about.html</uri>
</author>
<title>Fanny Taillandier : Sicario Bébé. L’Iliade et L’Odyssée.</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2026/05/29/fanny-taillandier-sicario-bebe-l-iliade-et-l-odyssee-3391045.html" />
<id>tag:www.monromannoiretbienserre.com,2026-05-29:3391045</id>
<updated>2026-06-07T21:30:36+02:00</updated>
<published>2026-05-30T07:25:00+02:00</published>
<category term="03. Roman policier" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Auteurs T" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="France" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS PAR PAYS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>   Dans ce milieu précaire de la littérature, il faut bien admettre que l'on...</summary>
<content type="html" xml:base="https://www.monromannoiretbienserre.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420987&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/01/3735011863.png&quot; alt=&quot;Capture d’écran 2026-05-29 à 13.28.48.png&quot; /&gt;Dans ce milieu précaire de la littérature, il faut bien admettre que l'on est beaucoup plus prompt à détourner le regard lorsqu'il s'agit de saisir une opportunité pour être publié et ce n'est pas l'actualité toute récente qui a bousculé ce petit univers du livre qui me donnera tord, même s'il existe &amp;nbsp;des hommes et des femmes qui ne dérogeront pas avec leurs convictions. Sans qu'elle ne le porte en étendard, Fanny Taillandier fait partie de ces personnes engagées s'employant à dépeindre son environnement, cet espace périurbain, sorte de frontière entre le monde rural et l'univers des villes dans ce qui apparaît comme une oeuvre sociale où les essais côtoient les romans quand ils ne se mélangent pas les uns aux autres comme le souligne Eric Chevillard à évoquant &lt;em&gt;Les États Et Empires Du Lotissement Grand Siècle&lt;/em&gt;&amp;nbsp; (P.U.F. 2016) : &quot;&lt;em&gt;Publié dans la collection « Perspectives critiques » des PUF comme pour tromper son monde, le deuxième livre de Fanny Taillandier, Les États et Empires du Lotissement Grand Siècle n’est pas un essai d’urbanisme ou de sociologie ni une réflexion sur la ville nouvelle, mais un récit inventif en diable, d’un genre inédit, qui emprunte au conte, à la satire, et se réinvente sans cesse en variant les styles et les approches.&quot;&lt;/em&gt; On ne saurait mieux dire pour définir les textes de cette romancière qui tant sur le thème de l’urbanisme qui traverse ses écrits que dans les différents domaines littéraires dans lesquelles elle s’inscrit, s’émancipe de ces limites dans lesquelles on tendrait à rester enfermer, comme un territoire conquis dont il est difficile de s’extraire puisque intrinsèquement lié à sa condition sociale. Née à Alfortville, à la périphérie de Paris lui apparaissant comme un tout autre monde, Fanny Taillandier suit des études de lettre à Marseille avant de se consacrer durant dix ans à l’enseignement dans plusieurs lycées de Créteil tout en collaborant pour des revues comme &lt;em&gt;Mouvement&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Livre Hebdo&lt;/em&gt;. Et puis c’est &lt;em&gt;Les Confessions D’Un Monstre&lt;/em&gt; (Flammarion 20213) abordant de manière inhabituelle le thème du tueur en série, qui marque ses débuts en tant que romancière où Fanny Taillandier dresse le portrait d’un individu qui va confesser ses crimes au gré d’un récit qui se dépare résolument de tous les clichés galvaudés propre à ce type de personnages qui encombrent la littérature noire. Cette absence de cliché, c’est même un engagement qui anime Fanny Taillandier lorsqu’elle rédige &lt;em&gt;Sicario Bébé &lt;/em&gt;où l’on observe notamment la trajectoire d’un jeune garçon qui va exécuter un contrat pour le compte d’un trafiquant de drogue, afin de subvenir aux besoins de la petite famille qu’il va fonder avec sa compagne, enceinte de lui.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420989&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/01/2502907572.jpeg&quot; alt=&quot;fanny taillandier,sicario bébé,éditions rivages,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire,parution 2026,lecture 2026,roman noir,littérature noire&quot; /&gt;Blaise a dix-sept ans tout comme Djen dont il est fou amoureux et qui attend un enfant de lui. S’il considère cet amour réciproque comme un miracle, le jeune garçon ne doit pas occulter la réalité et prendre conscience qu’ils n’ont pas les moyens d’élever ce bébé à venir. Mais Bobby, son meilleur pote, lui propose la meilleure combine pour acquérir rapidement pas moins de cinquante mille euros en liquidant l’adversaire d’un narcotrafiquant local qui sévit au sein d’une cité amenée à être démolie très prochainement. Pour exécuter ce contrat, Blaise, Djen et Bobby vont donc entamer tout un périple qui vont les conduire d’un foyer pour travailleur à une ZAD enfouie dans un bois en passant par une zone portuaire devenant le théâtre de tous les trafics qui inondent le pays.&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Et au delà de l’amour et de l’amitié qui lient ces trois jeunes gens, finiront-ils par exécuter ce sinistre contrat ? Il faut dire que leurs commanditaires ne sont pas des enfants de coeur et qu’il n’est pas possible de renoncer à un tel&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;engagement sous peine des pires représailles. Une voie sans issue dont il est impossible de s’extraire.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1421071&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/75177403.jpeg&quot; alt=&quot;fanny taillandier,sicario bébé,éditions rivages,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire,parution 2026,lecture 2026,roman noir,littérature noire&quot; /&gt;Roman noir ? Roman d’amour ? Roman social ? Ne cherchez pas, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s2&quot;&gt;Sicario Bébé&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; se décline sur les trois&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;registres dans ce qui apparaît comme un texte chargé de nuance ce qui fait que Fanny Taillandier s’affranchi des écueils propre à chacun des genres qui s’agrègent les uns aux autres. Ainsi, il n’y aura pas de mièvrerie dans les rapports amoureux de Djen et de Blaise auxquels on s’attache immanquablement en suivant leurs points de vue respectifs qui s’enchainent dans une alternance qui donne du rythme à ce récit imprégné d’une noirceur toute relative s’inscrivant davantage sur le registre de la tension avec cet enjeu sous-jacent de savoir s’ils vont commettre ce crime pour lequel ils vont être rémunéré, faisant écho à ces adolescents, voire même des enfants qui ont défrayé l’actualité des faits divers en tant que tueur à gage pour le compte de narcotrafiquants sans scrupule. Néanmoins, à mesure que se dévoile les personnalités du trio qu’ils forment avec Bobby, on doit bien admettre que le suspense est de courte durée car en s’inscrivant dans un réalisme social dans laquelle on la sent véritablement à l’aise et qu’un Pierre Jolivet ou un Ken Loach ne renieraient pas, Fanny Taillandier s’installe dans une chronique sociale passant en revue tout un environnement précaire que l’on distingue aussi bien dans cet ensemble d’immeubles voués à la destruction, dans les ZAD ainsi que dans les foyers sociaux, mais qui&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;se dilue l’air de rien sur l’ensemble de cette ville sans nom, de seconde zone. Et en dépit de la détresse et des aléas qui jalonnent les parcours de ces trois jeunes gens, on ne peut s’empêcher de voir émerger quelques lueurs d’espoir qui jalonnent cette intrigue où l’on tente de s’extirper du marasme par tous les moyens possibles, au gré de rencontres qui tendent à briser ce déterminisme social dans lequel on voudrait les enfermer à l’instar de ces formations pour lesquelles Blaise serait prédestiné. A partir de là, on apprécie véritablement ces individus qui apparaissent dans l’existence de Blaise et de Djen. Il y a évidemment Bobby, ce gars cool, cet ami fidèle qui aspire à devenir magicien ou cette aïeule s’installant dans une ZAD afin d’éviter de finir son existence dans un EPAHD, ou Sanoune s’employant à venir en aide aux travailleurs précaires, tous représentatifs de cette communauté aux limites de la marge dont l’humanité se révèle dans ces instants de solidarité et de générosité qui émaillent le texte. Peut-être aurait-on aimé que Julien et Malabar, les deux trafiquants de drogue qui sévissent dans cette cité en décomposition, soient un peu plus incarnés et se déploient davantage dans cette intrigue où ils se contentent tous deux d’alimenter la tragédie qui va prendre de l’ampleur au terme d’une confrontation attendue mais dont la finalité se révèle tout aussi brève que singulière.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Il n’empêche que &lt;em&gt;Sicario Bébé &lt;/em&gt;ne verse jamais dans l’excès et le sensationnalisme par rapport à ce thème d’enfant tueur que Fanny Taillandier traite avec une rigueur formelle imprégnée d’une émotion salutaire qui anime ce jeune couple bien éloigné des idées reçues, comme en témoigne leur rapport à la culture et à la littérature avec notamment ces références à Homère et à René Char qui parsèment ce récit sombre certes, mais d’où émergent également quelques superbes instants de tendresse, véritables odes à la vie et à la liberté qui deviennent finalement les sujets centraux de ce singulier roman sortant, l’air de rien et de manière habile, des normes convenues. Une belle découverte ce qui fait que l’on se réjouira de rencontrer Fanny Taillandier à l’occasion du festival Libri Mondi broie du noir qui se déroulera à Luri, en Corse, ce samedi 30 mai 2026.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Fanny Taillandier : Sicario Bébé. Editions Rivages 2026.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : Babacar de France Gall. Album : Babacar. 1987, 2004 Warner Music France.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
<uri>https://www.monromannoiretbienserre.com/about.html</uri>
</author>
<title>Frédéric Andrei : L'Homme Assis Au Carrefour de Chabottes. C'est moi le boss.</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2026/05/27/frederic-andrei-l-homme-assis-au-carrefour-de-chabottes-c-es-3390945.html" />
<id>tag:www.monromannoiretbienserre.com,2026-05-27:3390945</id>
<updated>2026-05-27T17:21:50+02:00</updated>
<published>2026-05-27T16:50:00+02:00</published>
<category term="03. Roman policier" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="06. Thriller" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Auteurs A" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="France" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS PAR PAYS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>   Lu dans le cadre du festival LIBRI MONDI broie du noir à Luri en Corse (30...</summary>
<content type="html" xml:base="https://www.monromannoiretbienserre.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420866&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/02/1670761651.jpeg&quot; alt=&quot;frédéric andrei,l’homme assis au carrefour de chamottes,la manufacture de livres,roman policier,thriller,sleuther,lecture 2026,parution 2025,blog mon roman noir et bien serré,littérature noire,libri mondi,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire&quot; /&gt;Lu dans le cadre du festival LIBRI MONDI broie du noir à Luri en Corse (30 mai 2026).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Pas bien certain que l’on se rappelle de son premier grand rôle dans &lt;em&gt;Diva&lt;/em&gt; de Jean-Jacques Beinex où il interprétait un facteur subjugué par une cantatrice incarnée par la sublime Wilhelmenia Wiggins Fernandez, guère moins connue que Barbara Hendricks à qui le réalisateur souhaitait confier le rôle dans un premier temps. Frédéric Andrei apparaissait donc dans ce film marquant à l’improbable esthétisme léché des eighties, en entamant ainsi une carrière sporadique d’acteur aussi bien pour le cinéma que pour la télévision où il travaille également comme documentariste pour un grand nombre d’émissions emblématiques comme &lt;em&gt;Faut pas Rêver &lt;/em&gt;ou &lt;em&gt;Envoyé Spécial&lt;/em&gt;. A cela s’ajoute des activités de producteur et de réalisateur ainsi que dans le domaine du théâtre, ce qui fait qu’il entamera sa carrière de romancier dans la cinquantaine en publiant chez Albin Michel trois romans policiers mettant en scène Nicholas Dennac, un ancien journaliste d’investigation devenu charpentier et prenant pour cadre le vaste territoire des Etats-Unis où &lt;img id=&quot;media-1420876&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/02/3040789824.jpeg&quot; alt=&quot;frédéric andrei,l’homme assis au carrefour de chamottes,la manufacture de livres,roman policier,thriller,sleuther,lecture 2026,parution 2025,blog mon roman noir et bien serré,littérature noire,libri mondi,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire&quot; /&gt;il mènera des enquêtes en lien avec les grands sujets sensibles du pays que ce soit les injustices sociales dans &lt;em&gt;Riches A En Mourir&lt;/em&gt; (Albin Michel 2014), la conditions des amérindiens dans &lt;em&gt;Bad Land&lt;/em&gt; (Albin Michel 2016) et l'exploitation du gaz de schiste dans &lt;em&gt;L'Histoire De La Reine Des Putes &lt;/em&gt;&amp;nbsp;(Albin Michel 2020). Mais en 2025, Frédéric Andrei change de décor et d'éditeur puisqu'il intègre La Manufacture de livres en publiant &lt;em&gt;L'Homme Assis Au Carrefour De Chabottes&lt;/em&gt;, une intrigue aussi singulière que géniale se déroulant dans la région montagneuse de Grenoble où l'on découvre, par le biais d'un long interrogatoire, les activités d'un « sleuther&quot; qui vient d'être hospitalisé à la suite d'une blessure par balle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420875&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/01/777874872.jpeg&quot; alt=&quot;frédéric andrei,l’homme assis au carrefour de chamottes,la manufacture de livres,roman policier,thriller,sleuther,lecture 2026,parution 2025,blog mon roman noir et bien serré,littérature noire,libri mondi,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire&quot; /&gt;En tant que gendarme adjoint volontaire, Chloé Gutman est chargée de consigner la déposition de Loïc Payan qui a été admis à l'hôpital pour une blessure par balle qui a failli lui coûter la vie. C'est le commandant du peloton de gendarmerie qui est chargé de l'interrogatoire sur les circonstances d'une affaire dont elle ignore tous les tenants et aboutissants. Bien vite, elle comprend qu'on la laisse volontairement dans le flou, tandis que d'autres enquêteurs, dont elle ne connaît ni la fonction ni le service auquel ils sont rattachés, vont intervenir au cours d'un interrogatoire qui va révéler quelques éléments troubles d'une affaire en lien avec le meurtre d'une randonneuse que l'on a retrouvée à proximité d'une station de ski de la région. Quel rapport Loïc Rayan a-t-il avec ce fait divers ? Et qu’est devenue sa femme qu'il réclame sans cesse ? Et se peut-il qu'un tueur en série sévisse dans les environs sans que les autorités ne se soient aperçues de quelque chose ?&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420884&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/00/866826222.jpeg&quot; alt=&quot;frédéric andrei,l’homme assis au carrefour de chamottes,la manufacture de livres,roman policier,thriller,sleuther,lecture 2026,parution 2025,blog mon roman noir et bien serré,littérature noire,libri mondi,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire&quot; /&gt;Dans le paysage de la littérature noire, il y a toujours eu ce personnage de l’enquêteur amateur ridiculisant les forces de police&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;avec son esprit de déduction, souvent hors norme, sa ténacité et parfois son audace à toute épreuve lui promettant de&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;venir à bout des énigmes les plus insolubles. On a donc croisé le détective privé bien évidemment, mais également le journaliste et même la vieille dame espiègle résolvant des affaires sur lesquelles la police s’était cassée les dents du fait d’un mélange de stupidité, d’incompétence et de négligence. Et avec l’avènement d’Internet, on ne s’étonnera pas que ce genre des personnages aient suscité quelques vocations d’individus désireux de démontrer leur supériorité en se lançant dans la résolutions de &lt;em&gt;cold case&lt;/em&gt; dans ce qui apparaît comme un loisir qu’ils partagent avec d’autres sur les forums des réseaux sociaux et que l’on désigne désormais sous l’appellation de sleuther désignant ces cyber-enquêteurs amateurs. Avec &lt;em&gt;L’Homme Assis Au Carrefour De Chabottes&lt;/em&gt;, Frédéric Andrei s’empare donc de ce phénomène au gré d’une intrigue tendue, s’articulant autour de la personnalité de Loïc Payan, banal électricien, qui s’adonne donc à ce cyber loisir d’enquêtes criminelles prenant de plus en plus d’ampleur à mesure qu’il réalise qu’il peut s’émanciper d’une épouse et de sa belle-famille écrasantes qui ont toujours eux l’ascendant sur lui. L’enjeu est donc de savoir si cet enquêteur en herbe est un véritable génie dans ce qui apparait comme une véritable traque au serial killer sévissant dans cette région montagneuse des Alpes françaises que Frédéric Andrei met véritablement en valeur au gré d’un récit saisissant qui prend parfois quelques petites tonalités poétiques à l’instar du superbe titre de ce singulier roman prenant l’allure d’un thriller. L’autre enjeu de l’intrigue se focalise autour de Chloé Gutman, cette jeune gendarme adjointe volontaire cherchant à comprendre les circonstances d’une affaire criminelle dont elle n’a jamais eu connaissance alors qu’elle est chargée de rédiger le procès-verbal de l’interrogatoire&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;de Loïc Payan qu’elle ne connaît pas du tout. Ainsi le récit prend forme autour de cet interrogatoire mené par plusieurs enquêteurs issus de services qui ne font que renforcer la part de mystère emanant de ce texte d’une redoutable habilité qui s’inscrit dans une dimension de réalisme à toute épreuve, bien éloigné de ces thrillers grotesques et outranciers. Ainsi, au gré de la progression de cet interrogatoire mystérieux, le lecteur sera balloté de certitudes en retournements de situation semant à nouveau le doute que Frédéric Andrei met en scène avec un immense talent pour faire en sorte de nous immerger au sein de cet univers étrange des sleuthers, véritable incarnation d’égocentrisme et de vanité que l’auteur a su retranscrire à la perfection dans &lt;em&gt;L’Homme Assis Au Carrefour De Chabottes&lt;/em&gt; qui se lit quasiment d’une traite. Un sans faute pour ce romancier qui sera présent à l’occasion du festival Libri Mondi broie du noir qui se tiendra le samedi 30 mai 2026 à Luri en Corse.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Frédéric Andrei : L'Homme Assis Au Carrefour de Chabottes. Editions La Manufacture de livres 2025.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : The Magnificent Seven de The Clash. Album : From Here to Eternity.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
<uri>https://www.monromannoiretbienserre.com/about.html</uri>
</author>
<title>DONALD RAY POLLOCK : KNOCKEMSTIFF, OHIO. ETENDS-LE, RAIDE !</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2026/05/24/donald-ray-pollock-knockemstiff-ohio-etends-le-raide-3390813.html" />
<id>tag:www.monromannoiretbienserre.com,2026-05-24:3390813</id>
<updated>2026-05-26T16:59:24+02:00</updated>
<published>2026-05-24T18:49:00+02:00</published>
<category term="03. Roman policier" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Auteurs P" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS PAR PAYS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="USA" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>   Lu dans le cadre du festival Libri Mondi broie du noir (30 mai 2026)....</summary>
<content type="html" xml:base="https://www.monromannoiretbienserre.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420662&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/00/1062604351.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4343.jpeg&quot; /&gt;Lu dans le cadre du festival Libri Mondi broie du noir (30 mai 2026).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est encore une fois Philippe Garnier, journaliste, traducteur et immense chantre de la littérature américaine qui nous balançait à la gueule, comme ça, presque l’air de rien, une trouvaille de son cru, à savoir ce légendaire recueil de nouvelles, au titre imprononçable d’un bled perdu de l’Ohio, qui amorçait les débuts tardifs de la carrière de ce romancier hors norme. Donald Ray Pollock débarquait donc ainsi en France, en 2008 avec Knockemstiff publié initialement aux éditions Buchet Chastel avant de paraître en version poche dans la collection Libretto pour faire tout dernièrement l’objet d’une réédition chez Albin Michel en intégrant la collection &amp;nbsp;Terres d’Amérique &amp;nbsp;dirigée par Francis Geffard qui a contribué à sa notoriété en publiant son roman emblématique, &lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2013/03/10/donald-ray-pollock-le-diable-tout-le-temps-dans-l-ombre-du-r.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le Diable Tout Le Temps&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ainsi qu’&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2016/09/21/donald-ray-pollock-une-mort-qui-en-vaut-la-peine-la-part-d-o.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Une Mort Qui En Vaut La Peine&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, malheureusement un peu plus confidentiel en dépit du fait qu’il m’apparaît comme beaucoup plus abouti. Hormis la préface qu’il a rédigée en 2018, pour &amp;nbsp;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2025/12/21/earl-thompson-un-jardin-de-sable-misere-et-chatiments-3383333.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Un Jardin De Sable&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; (Monsieur Toussaint Louverture 2018) d'Earl Thompson dont il est un grand admirateur et qui l’a grandement inspiré, tout comme Flannery O’Connor qu’il cite régulièrement lors des rares entretiens qu’il accorde aux médias, on était un peu sans nouvelle de ce romancier qui se fait bien trop rare et dont on désespère de lire un prochain roman qui se fait désirer. Quoi qu’il en soit, Donald Ray Pollock entame une tournée en France à l’occasion des célébrations du 30ème anniversaire de la collection Terres d’Amérique dont il est devenu l’un des auteurs phares ce qui lui donnera l’occasion de présenter &lt;em&gt;Knockemstiff, Ohio&lt;/em&gt; dans sa traduction révisée par Philippe Garnier himself tout en bénéficiant d’une nouvelle inédite, tandis que &lt;em&gt;Le Diable Tout Le Temps&lt;/em&gt; est désormais agrémenté d’une préface de Marie Vingtras proclamant sa fascination pour ce texte qui l’a ébranlée. Il faut dire que la fascinante petite musique de Donald Ray Pollock sonne extrêmement juste pour ce qui est de restituer les affres de cette population des USA à la marge qu’il a côtoyée toute sa vie et plus particulièrement lorsqu’il a travaillé durant plus de trois décennies en tant qu’ouvrier dans la puanteur de l’usine de papier de Chillicothe, dans le sud de l'État de l'Ohio, unique vecteur d’emploi de cette région qu’il affectionne toujours autant en dépit &amp;nbsp;des galères qui ont marqué sa vie que ce soit l’alcool, les divorces et la drogue. Cette fameuse petite musique, vous pouvez en avoir un bel aperçu dans l’adaptation au cinéma de son ouvrage &lt;em&gt;Le Diable Tout Le Temps&lt;/em&gt;, où il endosse la fonction de narrateur dans la bande-son en VO avec cette voix légèrement rauque s’agrégeant parfaitement à l’âpreté du texte. Et c'est donc tout cet univers de douleur et de violence que l'on retrouve dans ce sublime recueil rassemblant 19 nouvelles où l’on explore cette région désolée de Knockemstiff, Ohio, avec la certitude qu’il ne sortira rien de bon de ce bled paumé, aujourd’hui complètement abandonné tous, telle une des nombreuses localités fantômes qui jalonnent le pays.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420667&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/02/2764524585.2.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4347.jpeg&quot; /&gt;Du côté de l’Ohio, si vous débarquez du côté de Knockemstiff, comme ce couple californien, on se dira que vous vous êtes sans doute égarés dans cette combe désolée qui vous contraindra à faire demi-tour. Mais pour ne pas perdre votre temps, vous frair comme eux et et prendre quelques photos des pancartes figées par le temps qui ornent le magasin de Maude, unique commerce de ce patelin perdu. Hormis l'employé qui y travaille plus de dix heures par jour, vous croiserez peut-être Jack Lowry, un gars un peu bizarre qui traine également du côté de Dynamite Hole, un endroit infesté de vipères cuivrées, qu'il a attrapées durant tout le cours de l'été. Au Torch Drive In, il ne vaut mieux pas se frotter à Vernon, un brin agressif lorsqu'on le contrarie devant son gamin, tandis que sa femme cuve sur le siège passager de la voiture. Pour boire un verre, il y a le Hap's qui ne sert pas à manger. Wanda, la barmaid, pourra vous fournir quelques gélules d'amphétamine sous le regard de Bobby Lowe et de son pote Frankie Johnson, deux habitués des lieux quand ils ne sont pas trop défoncés. Ils arpentent parfois la région à bord d'une Super Bee, modèle 69 jaune canari et à ce moment-là, il est préférable de vous ranger sur le bord de la route. Les poules des environs ont eu de mauvaises expériences avec ses deux lascars. Et puis lorsque vous quitterez Knockemstiff, vous passerez à nouveau sur le Schott's bridge et apercevrez Todd qui s'est hissé sur la rambarde du pont et qui regarde fixement les flots en attendant je ne sais quoi. Ils sont vraiment cinglés ces gens-là.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;float: right; margin-top: 0.2em; margin-bottom: 1.4em; margin-left: 0.7em;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420670&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/2239895049.png&quot; alt=&quot;donald ray pollock,knockemstiff ohio,éditions albin michel,collection terres d’amérique,blog mon roman noir et bien serré,chronique littéraire,blog littéraire,retour de lecture,parution 2026,littérature américaine,roman noir,lecture 2026&quot; /&gt;&lt;/span&gt;D’emblée, il y a cette illustration de David Cain, un plan de Knockemstiff où l’on peut distinguer les différents lieux-dits de la localité ainsi que les endroits où résident certains membres de la communauté qui vont apparaitre dans plusieurs des dix-neuf nouvelles composant ce recueil qui prend pour cadre cette bourgade désolée du midwest où Donald Ray Pollock a passé une grande partie de sa jeunesse. A l’instar de &lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La Vie En Vrai&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;, première histoire de l’ouvrage on ressent comme les réminiscences de l’enfance de l’auteur qui, s’il a forcé le trait, s’inscrit dans un réalisme sans fard qui caractérise une écriture à la fois sobre et puissante.&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt; Et c’est un peu ce qui ressort de l’ensemble de toutes ces nouvelles d’où émerge cet attachement viscéral chevillé à cet endroit, cette combe sans issue, dont il est difficile de s’extraire dans ce qui apparaît comme une véritable allégorie pour ses habitants tentant vainement de trouver une échappatoire à leurs conditions sociales mais qui semble &amp;nbsp;les marquer au fer rouge à l’instar de Sandy, une toxicomane qui s’est fait tatouer Knockemstiff, Ohio sur son cul, à l’encre bleue. Et puis c’est l’absence de tout jugement qui définit l’écriture de Donald Ray Pollock s’employant à demeurer au plus près de ce qu’il a vécu lui-même et de ce que lui a raconté son entourage et qu’il met donc en scène dans cette succession de fictions extrêmement âpres, parfois cruelles, qui ne sont jamais dénuées d’un certain affect même à l’égard des personnages les plus terrifiants à l’exemple de Jack Lowry, un déserteur trouvant refuge dans les collines de Knockemstiff et dont les actes se révèlent aussi abjects que terrifiants. Il n'y a pas de monstre mais des hommes et des femmes aux comportements déviants qui &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;s’abîment dans une logique de violence, d’addictions et parfois même de malchance définissant leur quotidien sordide que l’auteur dépeint de manière à la fois sobre et directe avec parfois cette pointe d’humour, dans ce qui apparaît comme une dimension burlesque où la grimace se définit dans la détresse et la douleur de protagonistes ballotés par des événements qu’ils ne sont pas en mesure de maîtriser. Parce qu’il n’y a pas de faux-semblant, parce qu’il n’y pas de volonté de se complaire dans le registre d’une violence gratuite, l’intégralité des intrigues marqueront le lecteur qui ne pourra se départir du malaise imprégnant l’atmosphère de cette région de Knockemstiff qui s’incarne dans la personnalité délétère de cette galerie de personnages fracassés par les affres de leurs existences respectives, reflet de cette marginalisation de ces trous paumés du midwest dans lesquels on se rend, presque par mégarde, pour prendre quelques clichés des lieux et des gens comme si l’on était en quête de sensation que l’on rapporterait à notre retour dans la civilisation. Et c’est bien de cette fracture, de ce choc des civilisations, dont il est question dans &lt;em&gt;Knockemstiff, Ohio &lt;/em&gt;que&lt;em&gt; &lt;/em&gt;Donald Ray Pollock décline finalement dans chacune de ses nouvelles s’achevant bien souvent sur petite une note bien acérée, chargée d’une ironie poisseuse ou mordante, parfois aussi fulgurante que l’impact d’une balle de 44 magnum. Gare au choc ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Et à l’occasion de sa tournée en France, vous pourrez rencontrer Donald Ray Pollock au festival Libri Mondi broie du noir qui se tiendra le samedi 30 mai 2026 à Luri en Corse. Un rendez-vous à ne pas manquer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Donald Ray Pollock : Knockemstiff, Ohio (Knockemstiff). Editions Albin Michel. Collection Terres d'Amérique 2025. Traduction de Philippe Garnier, révisée en 2025 pour la présente édition.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : Last Train to Clarksville de The Monkees. Album : The a's, The B's &amp;amp; The Monkeys. 2026 Rhino Entertainment Company.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
<uri>https://www.monromannoiretbienserre.com/about.html</uri>
</author>
<title>Victor Del Árbol : Le Temps Des Bêtes Féroces. Partie de chasse.</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2026/05/20/victor-del-arbol-le-temps-des-betes-feroces-partie-de-chasse-3390657.html" />
<id>tag:www.monromannoiretbienserre.com,2026-05-20:3390657</id>
<updated>2026-05-27T16:18:20+02:00</updated>
<published>2026-05-21T10:14:00+02:00</published>
<category term="03. Roman policier" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="04. Roman noir" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Auteurs D" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Espagne" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS PAR PAYS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>   Lecture dans le cadre du festival Libri Mondi broie du noir (30 mai 2026)....</summary>
<content type="html" xml:base="https://www.monromannoiretbienserre.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420546&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/02/2329925656.jpeg&quot; alt=&quot;victor del arbol,le temps des bêtes féroces,actes sud,actes noirs,blog littéraire,blog mon roman noir et bien serré,parution 2026,littérature espagnole,roman noir,roman policier,littérature noire,chronique littéraire,festival libri mondi&quot; /&gt;Lecture dans le cadre du festival Libri Mondi broie du noir (30 mai 2026).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Chez Actes Sud, le marketing a ses raisons que la raison ignore, ce qui fait qu'&lt;em style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2015/03/29/nicolas-mathieu-aux-animaux-la-guerre-chronique-de-la-deshum.html&quot;&gt;Aux Animaux La Guerre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;/em&gt;(Babel 2026), premier roman de Nicolas Mathieu, a désormais intégré la collection blanche de Babel en se débarrassant ainsi de l'infâme label noir qui ornait sa couverture faisant d'ailleurs l'objet d'une nouvelle illustration afin de célébrer ce transfert salutaire. On rétorquera que le récit se situait à la lisière des genres avec une connotation sociale extrêmement dense qui semble donc avoir supplanté les codes du roman noir. Et il est vrai que plusieurs auteurs de la collection Babel Noir se placent à la frontière de ces fameux codes de la littérature noire à l'instar de Victor Del Arbol que l'on découvrait, il y a de cela 15 ans avec &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2012/02/19/victor-del-arbol-la-tristesse-du-samourai-dans-la-forge-de-l.html&quot;&gt;&lt;em style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La Tristesse Du Samouraï&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; (Babel noir 2013) qui s'inscrivait davantage dans un registre de roman noir aux accents mélancoliques que de pur polar, un paradoxe pour celui qui a exercé la profession de policier durant une vingtaine d'année en tant que patrouilleur auprès de la police autonome catalane avant d'intégrer la brigade des mineurs puis d'officier au sein du service de protection des hautes personnalités. Un parcours d'autant plus atypique pour celui qui fut, dans sa jeunesse, séminariste durant cinq ans avant de bifurquer vers un cursus universitaire où il obtint une licence en histoire auprès de l'université de Barcelone. Et c'est probablement cette trajectoire peu commune qui imprègne l'oeuvre singulière de celui que l'on peut considérer comme un romancier d'envergure, tant en France qu'en Espagne et dont certains ouvrages furent récompensés de quelques prix prestigieux comme le Grand Prix de la Littérature Policière célébrant &lt;em style=&quot;font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen, Ubuntu, Cantarell, 'Open Sans', 'Helvetica Neue', sans-serif; font-size: 12px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Toutes Les Vagues De L’Océan &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;(Babel noir 2017), tandis que le prix Nadal, équivalent du prix Goncourt en Espagne, rendait hommage à &lt;em&gt;La Veille De Presque Tout&lt;/em&gt; (Babel noir 2019), autre roman majeur de Victor Del Árbol qui puise son inspiration dans les aspects sombres de l'histoire contemporaine rejaillissant immanquablement dans le passif de personnages à la fois complexes et nuancés. Et alors que ses huit premiers livres étaient des récits indépendants, son dernier ouvrage, &lt;em style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le Temps Des Bêtes Féroces&lt;/em&gt;, marque un tournant en rassemblant les personnages de son livre précédent, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2025/09/03/victor-del-arbol-personne-sur-cette-terre-3378230.html&quot;&gt;&lt;em style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Personne Sur Cette Terre&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; (Actes Noir 2025), qui met notamment en scène un sicario à la fois nihiliste et &amp;nbsp;mystérieux, donnant son titre à ce qui s'annonce comme la trilogie du tueur à gage sans nom.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420500&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/00/2547706016.jpeg&quot; alt=&quot;victor del arbol,le temps des bêtes féroces,actes sud,actes noirs,blog littéraire,blog mon roman noir et bien serré,parution 2026,littérature espagnole,roman noir,roman policier,littérature noire,chronique littéraire,festival libri mondi&quot; /&gt;En cette belle soirée printanière, alors qu’elle vient de terminer son service au sein de l’hôtel où elle travaille, la jeune femme fait un détour pour rentrer chez elle à vélo en empruntant la route escarpée qui longe la côte de Lanzarote. Mais l’escapade tourne court lorsqu’une voiture la percute violemment en la laissant pour morte, avant de prendre la fuite. Fraichement muté sur l’île alors qu’il est proche de la retraite, c’est au sous-inspecteur Soria qu’échoit l’enquêtede délit routier qui prend une toute autre envergure lorsqu’il s’aperçoit que la victime s’est enfuie sans demander son reste. Il faut dire que l’enquête déclenche aux quatre coins du monde toute une série d’événements apparement sans lien qui vont pourtant trouver leur origine, 15 ans plus tôt, dans cette tragédie qui a frappé ce couple, accompagné de leurs deux enfants, qui parcourait la crête des montagnes Volujak marquant la frontière entre le Montenegro et la Bosnie-Herzégovine en proie à une guerre ethnique qu’ils cherchent à fuir.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420521&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/01/4210110641.jpeg&quot; alt=&quot;victor del arbol,le temps des bêtes féroces,actes sud,actes noirs,blog littéraire,blog mon roman noir et bien serré,parution 2026,littérature espagnole,roman noir,roman policier,littérature noire,chronique littéraire,festival libri mondi&quot; /&gt;Il importe de souligner qu’il est impératif de lire &lt;em&gt;Personne Sur Cette Terre&lt;/em&gt; avant d’entamer &lt;em&gt;Le Temps Des Bêtes Féroces&lt;/em&gt; où l’on retrouve donc l’ensemble des protagonistes, quelques années plus tard, et dont il s’agit&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;d’assimiler les trajectoires afin de saisir les motivations qui le poussent à agir d’une certaine manière en fonction des événements qui surviennent dans le cadre d’un récit extrêmement dense qui nécessitera une certaine concentration afin de ne pas se perdre dans la multitude de personnages qui alimentent une intrigue en forme de puzzle, se révélant parfois un peu confuse. Et pour celles et ceux qui ont lu l’ouvrage précédent, il y a de cela presqu’une année, il ne sera pas superflu de le parcourir rapidement pour s’imprégner à nouveau du contexte général, à savoir la mondialisation du crime organisé s’agrégeant à l’univers entrepreneurial à l’échelle internationale en plein essor. &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A partir de là, il faut prendre conscience que que &lt;em&gt;Le Temps Des Bêtes Féroces&lt;/em&gt; va nous entraîner d’un pays à l’autre que ce soit l’Espagne bien sûr, mais également le Mexique, les Etats-Unis ainsi que l’Italie qui vont donner corps à cette mondialisation criminelle. Mais l’intrigue se focalise également sur les territoires de l’ex-Yougoslavie, devenant le théâtre, durant la guerre qui a déchiré&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;le pays, d’exactions abjectes faisant d’ailleurs l’objet d’enquêtes récentes défrayant l’actualité et que l’on ne révélera pas afin de ne pas gâcher la lecture du roman. Comme à l’accoutumée, ce sont les réminiscence du passé qui vont animer la galerie d'individus que l’on a plaisir à retrouver, à l’instar de ce mystérieux tueur à gage mexicain dont certains aspects de sa personnalité vont nous être dévoilés. On en saura également davantage sur le sous-inspecteur Soria qui va conduire cette enquête complexe où il côtoiera son ancienne partenaire, Virginia Ortiz, travaillant désormais pour son père, à la tête d’un gros consortium d’entreprises qu’il dirige d’une main de fer. C’est autour de la personnalité de cette femme ambivalente que Victor Del Árbol va aborder le thème de l’éthique professionnelle se heurtant à la loyauté vis à vis de la famille dans ce qui va apparaître comme un conflit intérieur par rapport à l’image que cette cheffe d'entreprise veut donner à l’extérieur et plus particulièrement auprès de sa fille avec laquelle elle va tenter de se rapprocher tout en préservant ses acquis. Si l’on s’égare parfois dans les méandres d’une intrigue touffue, le romancier fait en sorte de cadrer ce récit en dépit de petites confusions dans les prénoms durant des échanges entre les protagonistes (page 333) qui sont vraiment trop nombreux ce qui fait que certains d’entre eux perdent de leur substance à l’exemple de Julián Leal qui apparaît comme un fantôme impavide. Il n’en demeure pas moins que les mécanismes du récit fonctionnent parfaitement afin de mettre en lumière l’ensemble de ces prédateurs cruels asservissant leurs entourages respectifs qui vont s’agréger les uns aux autres&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;pour former cette caste redoutable d’ultra riches, véritables bêtes féroces, régnant&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;sans partage sur le monde qui nous entoure et dont le temps ne semble pas compté. On aura la réponse avec le troisième volume qui a déjà paru en Espagne au mois de janvier 2026 sous le titre &lt;em&gt;Las Buenas Intenciones &lt;/em&gt;auprès de la maison d’éditions Destino et dont on attend bien évidemment la traduction en français avec une fébrile impatience. En attendant, vous pouvez vous &amp;nbsp;rendre au festival Libri Mondi broie du noir qui se tiendra le samedi 30 mai 2026 à Luri en Corse, où vous aurez l’occasion de rencontrer avec Victor Del Árbol qui se livrera sur son travail d'écriture, ceci dès 14h00.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Victor Del Árbol : Le Temps Des Bêtes Féroces (El Tiempo de las Fieras). Editions Actes Sud/Collection Actes Noirs 2026. Traduit de l'espagnol par Alexandra Carrasco.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A lire en écoutant : If I Should Fall Behind de Bruce Springsteen. Album : Lucky Town. 1992 Bruce Springsteen.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
<uri>https://www.monromannoiretbienserre.com/about.html</uri>
</author>
<title>VALERIO VARESI : LA PEUR DANS L'ÂME. LE BAFFARDELLO.</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2026/05/09/valerio-varesi-la-peur-dans-l-ame-le-baffardello-3390038.html" />
<id>tag:www.monromannoiretbienserre.com,2026-05-09:3390038</id>
<updated>2026-05-15T19:03:15+02:00</updated>
<published>2026-05-10T07:46:00+02:00</published>
<category term="03. Roman policier" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Auteurs V" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Italie" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS PAR PAYS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>       Service de presse.    Parce qu'il est étroitement associé à la...</summary>
<content type="html" xml:base="https://www.monromannoiretbienserre.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1419848&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/02/1494424871.png&quot; alt=&quot;Capture d’écran 2026-05-09 à 14.35.13.png&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Service de presse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Parce qu'il est étroitement associé à la destinée et au succès de cette maison d'éditions indépendante célébrant ses dix ans d'existence, il n'était pas question de célébrer l'événement sans lui. En 2016, c'était donc avec &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2016/08/20/valerio-varesi-le-fleuve-des-brumes-et-vogue-le-navire.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Le Fleuve Des Brumes&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; de Valério Varesi que l'on découvrait un auteur italien ainsi qu'un éditeur français illustrant au cours de cette décennie passée des notions de fidélité et d'amitié qui ne se sont jamais démenties pour devenir l'ADN de l'entreprise qui s'illustrera avec des publications notoires que Nadège Agullo et Sebastien Wespiser ont relayé sans relâche en se tenant aux côtés de leurs auteurs que ce soit lors des festivals ou à l'occasion &amp;nbsp;de rencontres en librairie. Ainsi, hormis la parution en hiver du premier opus, c'est au printemps que l'on a pris l'habitude de retrouver le commissaire Soneri, devenu l'un des personnages emblématiques de la littérature noire au gré d'une série d'enquêtes prenant pour cadre la ville de Parme dont l'atmosphère brumeuse, parfois fiévreuse, déborde sur les étendues de la plaine du Pô, jusqu'aux contreforts du massif des Apennins pour s'aventurer jusque sur les bords de la mer de Ligurie. Présenté bien souvent comme le Maigret italien, le commissaire Franco Soneri partage avec son homologue français une certaine appétence pour la bonne chère &amp;nbsp;que Valerio Varesi met en scène avec un certaine délicatesse qui ne manquera pas de vous faire saliver à l’évocation de ses escapades gourmandes chez son ami Alceste, aubergiste talentueux, mettant en avant les beaux produits de cette région de l’Emilie-Romagne, véritable berceau de la gastronomie italienne. Mais on ne saurait définir la personnalité de &amp;nbsp;Soneri à ces instants &amp;nbsp;culinaires chaleureux alors que cet enquêteur chevronné s’affirme dans la complexité de ses interrogations quant à l’environnement social et politique qui l’entoure en se déclinant bien souvent sur le registre de conversations aux connotations philosophiques en fonction des interlocuteurs qu’ils côtoient au fil d’enquêtes incertaines dont la finalité s’inscrit parfois dans une espèce désarroi latent qui malmène l’ensemble de ses convictions. Ainsi, au fil de ces dix enquêtes, Valério Varesi dresse un portrait lucide et sans fard de son pays où il est souvent question de ces réminiscences du facisme, plus que d'actualité, pour celui qui a officié comme journaliste au sein de La Repubblica après l'obtention d'un diplôme en philosophie à l'université de Bologne. Mais la singularité des enquêtes que conduit cet enquêteur mélancolique, réside dans le fait que la résolution du crime n'a rien d'une finalité utopique où tout rentrerait dans l'ordre, bien au contraire, puisqu'il demeure toujours une part d'incertitude comme en témoigne &lt;em&gt;La Peur Dans L'Âme&lt;/em&gt;, nouvel opus de la série, où Valerio Varesi s'ingénie à décortiquer les mécanismes du sentiment d'insécurité qui prévaut dans cet environnement alpin des Apennins, cadre de villégiature estival du commissaire Soneri et de sa compagne Angela, qui vont se confronter aux craintes les plus irrationnelles des habitants du village où ils séjournent, jusqu'à la disparition d'un jeune homme qui va susciter bien des émois.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1419874&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/00/1501910570.jpeg&quot; alt=&quot;valerio varesi,la peur dans l’âme,éditions agullo,parution 2026,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,roman policier,polar italien,lecture 2026,chronique littéraire,littérature italienne&quot; /&gt;Afin de fuir les chaleurs estivales étouffant la ville de Parme, le commissaire Soneri a pris quelques jours de vacances en louant une maison à Montepiano dans les hauteurs des Apennins où il aspire à trouver un peu de calme et de fraîcheur en compagnie d’Angela, sa compagne qui n’apprécie guère le chant des grillons. Mais bien vite se sont des cris qui vont résonner dans cette contrée montagneuse où l’on retrouve un villageois blessé à la jambe et qui se trouve dans l’incapacité de s’exprimer pour livrer quelques explications quant à la nature de cette plaie par balle.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Et puis ce sont les carabiniers qui débarquent dans la région afin de traquer Vladimir, un criminel serbe extrêmement dangereux qui semble avoir trouvé refuge dans les forêts environnantes. Ainsi, tandis que les loups hurlent dans la nuit, les habitants se terrent dans leur maison en proie aux pires craintes qui affectent leur raison et aiguisent leurs soupçons en altérant leurs rapports avec les autres. C’est donc une peur grandissante qui plane sur l’ensemble de la communauté tandis que le bandit serbe devient une espèce de monstre bien commode, coupable idéal des délits qui se produisent dans les environs. Même si cela n’est pas dans ces prérogatives, Soneri va offrir son aide aux autorités du village dépassées par des événements&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;qui prennent de plus en plus d’ampleur en mettant à jour la vulnérabilité d’habitants cherchant à dissimuler leurs petits secrets bien gardés dans une conjugaison de mensonges et de mesquineries qui vont générer bien des tensions. Et pour ne rirn arranger, il y a cette disparition d’un jeune du village qui suscite les plus vives inquiétudes.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1419875&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/00/1351116858.jpeg&quot; alt=&quot;valerio varesi,la peur dans l’âme,éditions agullo,parution 2026,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,roman policier,polar italien,lecture 2026,chronique littéraire,littérature italienne&quot; /&gt;Avec Valerio Varesi, il y a toujours une remise en question du schéma narratif et des thèmes abordés afin de faire en sorte que le lecteur n’éprouve pas de lassitude et qu’il n’ait pas cette sensation de déjà lu, ce qui n’a rien d’une évidence lorsque l’on côtoie ces personnages depuis dix ans que l’on retrouve pourtant toujours avec autant de plaisir. A la lecture de ce onzième opus, &lt;em&gt;La Peur Dans L’Âme&lt;/em&gt;, on s’éloigne donc des rues sinueuses de la ville de Parme, pour prendre possession de ce village de Montepiano, sur les hauteurs des Apennins, où Soneri séjourne durant ses vacances estivales en compagnie d’Angela dans ce qui va apparaître comme un huis-clos montagnard chargé de tension. C’est l’occasion pour le lecteur de découvrir davantage d’aspects de l’intimité de Soneri qui ne pourra donc compter sur l’appui de son équipe d’enquêteurs qui n’apparaissent que de manière sporadique, par l’entremise de quelques conversations téléphoniques. N’étant pas dans sa juridiction, le commissaire va donc côtoyer les Carabiniri chargés de deux enquêtes que sont la disparition d’un jeune du village et la traque d’un criminel étranger ayant trouvé refuge dans les forêts des environs ce qui nous donne l’occasion de découvrir deux personnages aux caractères foncièrement dissemblables, ce qui ne manquera pas de pimenter une intrigue particulièrement réussie. Avec des lumières étranges apparaissant dans les hauteurs ponctuées de cris humains et de hurlements de loups, Valerio Varesi instille un climat de peur qui plane sur cette petite communauté villageoise, ce qui lui permet de dresser quelques portraits particulièrement aboutis à l’instar de&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Tilò ce muletier bourru, quelque peu porté sur la boisson, parcourant les forêts, en quête de bois qu’il livre pour les trattoria de la région et qui ne manque pas d’un certain panache. &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Mais bien plus que d’instaurer cette atmosphère pesante, Valerio Varesi va explorer et décortiquer les mécanismes de ce sentiment d’insécurité vecteur de peur bien évidemment, mais également de rejet&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;qui va s’incarner avec ce criminel serbe allégorie de cette crainte de l’étranger forcément source de tous les maux de ces villageois rongés d’angoisse. Et c’est de cette angoisse que va se mettre en place une tragédie extrêmement bien menée qui s’inscrit dans une atmosphère délétère qu’un romancier comme Ramuz n’aurait pas renié, ce d’autant plus qu’apparaissent aux cours du récit quelques figures inquiétantes du folklore local, alimentées par les anciens du village.&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Tout cela s’articule donc au détour de deux enquêtes dont on se gardera d’en dire trop afin de ne pas dévoiler certains aspects d’une intrigue dont la résolution demeure toujours incertaine jusqu’aux dernières lignes d’un récit où le commissaire Soneri apparait comme résigné à ne pas toujours pouvoir saisir les motivations qui animent les auteurs des crimes qu’il doit résoudre avec ce sentiment d’inachevé qui l’habite. Ainsi, &lt;em&gt;La Peur Dans L’Âme&lt;/em&gt; se décline dans les fondements de la personnalité d’un commissaire Soneri toujours aussi tourmenté que mélancolique sans ce qui apparaît dans conteste comme l’une des meilleures intrigues de la série.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Valerio Varesi : La Peur Dans L'Âme (La Paura Nell'Anima). Editions Agullo 2026. Traduit de l'italien par Gérard Lecas.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : Anybody Gonna Move de William Z. Villain. Album : William Z. Villain. 2017 DesTours.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
<uri>https://www.monromannoiretbienserre.com/about.html</uri>
</author>
<title>Lauren Groff : Les Terres Indomptées. Paradis sur terre</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.monromannoiretbienserre.com/archive/2026/05/02/lauren-groff-les-terres-indomptees-paradis-sur-terre-3389669.html" />
<id>tag:www.monromannoiretbienserre.com,2026-05-02:3389669</id>
<updated>2026-05-06T16:35:56+02:00</updated>
<published>2026-05-02T17:38:00+02:00</published>
<category term="09. Aventure" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="Auteurs G" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="LES AUTEURS PAR PAYS" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<category term="USA" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>   Durant sa jeunesse elle séjourne en France pour apprendre la langue puis...</summary>
<content type="html" xml:base="https://www.monromannoiretbienserre.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1419384&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/2664945328.jpeg&quot; alt=&quot;IMG_4252.jpeg&quot; /&gt;Durant sa jeunesse elle séjourne en France pour apprendre la langue puis étudie, dans le cadre de son cursus universitaire, la littérature médiévale ainsi que le vieux français dont certains aspects rejaillissent forcément dans plusieurs ouvrages composant son oeuvre. &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Mais outre son activité de romancière, Lauren Groff officie comme libraire pour &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://thelynxbooks.com&quot;&gt;The Lynx Books&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;, une librairie indépendante qu’elle a ouvert en 2024 à Gainsville en Floride, devenant un véritable sanctuaire militant afin de mettre en avant les livres bannis des bibliothèques publiques et scolaires par des comités aussi conservateurs qu’intégristes proliférant comme un véritable fléau dans les différents états du pays en nous rappelant cette période sombre de l’Inquisition qui ne semble plus si lointaine que ça sous cette ère trumpienne. En faisant état de ces deux aspects de sa carrière, il s’agit de relever les éléments majeurs apparaissant dans les différents textes de cette autrice engagée, que ce soit cette langue d’une richesse et d’une saveur incroyable ainsi que ce sentiment de révolte qui s’inscrit dans le parcours de femmes atypiques, en quête d’idéal et d’absolu pour&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1419432&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/00/3055852304.png&quot; alt=&quot;lauren groff,les terres indomptées,éditions de l’olivier,roman aventure,littérature américaine,chronique littéraire,librairie the lynx,blog littéraire,blog mon roman noir et bien serré,conte mystique,parution 2025,12pour2026,avis de lecture,lecture 2026&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;lesquels elles ne transigeront pas. C’est ainsi que dans le triptyque qu’elle a entamé avec &lt;em&gt;Matrix&lt;/em&gt; (Olivier 2023), mettant en scène, de manière romancée, la&lt;/span&gt; &amp;nbsp;&lt;img id=&quot;media-1419434&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/00/2707122926.png&quot; alt=&quot;lauren groff,les terres indomptées,éditions de l’olivier,roman aventure,littérature américaine,chronique littéraire,librairie the lynx,blog littéraire,blog mon roman noir et bien serré,conte mystique,parution 2025,12pour2026,avis de lecture,lecture 2026&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;trajectoire énigmatique de Marie de France, première poétesse médiévale, Lauren Groff aborde, par le prisme du passé, le sujet terriblement actuel de ce refus de l’asservissement des femmes que l’on retrouvera dans &lt;em&gt;Les Terres Indomptées&lt;/em&gt;, un second opus où il est également question du rapport à Dieu et au carcan de la religion se diluant dans le foisonnement redoutable d’une nature farouche, véritable havre de paix à la fois sublime et mortel.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1419421&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/02/3464960914.jpeg&quot; alt=&quot;811EF75A-F58A-4882-A431-AC8EE7D7870E.jpeg&quot; /&gt;Au XVIIe siècle, dans cette région reculée de la Virginie, par une nuit de pleine lune, c’est quelque chose de bien pire que l’épidémie de petite vérole décimant les habitants du fort, que la jeune fille cherche à fuir en se&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;faufilant à travers une fente de la palissade. Mais quelle crime a pu commettre Lamentations Meretrix, celle que l’on appelle La Fille, La Souillon ou Zed, du nom du petit singe défunt de sa maîtresse ? Dans sa fuite, afin de de se soustraire à la servitude qui est la sienne, elle va défier la rigueur hivernale qui fige la densité de cette immense forêt obscure dans laquelle elle s’enfonce à mesure de ce qui apparaît comme une errance mystique où les souvenirs remontent à la surface. Et il lui faut survivre dans cet environnement&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;sauvage, territoire du peuple Piscataway observant ses déambulations tandis qu’elle affronte les tempêtes de glace et autres intempéries qui jalonnent un parcours périlleux se conjuguant au sentiment de liberté jaillissant de la fureur de cette terre indomptée. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1419426&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/00/01/1610707934.jpeg&quot; alt=&quot;lauren groff,les terres indomptées,éditions de l’olivier,roman aventure,littérature américaine,chronique littéraire,librairie the lynx,blog littéraire,blog mon roman noir et bien serré,conte mystique,parution 2025,12pour2026,avis de lecture,lecture 2026&quot; /&gt;Il faut avant tout saluer l'admirable travail de Carine Chichereau, traductrice attitrée de Lauren Groff, qui parvient à restituer la folle petite musique de cette écriture où la modernité se conjugue au rythme poétique de l'époque où se déroule le récit et qui définit le style de Shakespeare, en lui conférant ainsi une aura incantatoire, oscillant entre mysticisme exacerbé et folie fiévreuse qui accompagne la trajectoire de cette jeune servante qui va s'émanciper de cet enfermement sociétal à mesure qu'elle progresse dans cet environnement sauvage, &lt;em&gt;Les Terres Indomptées&lt;/em&gt;, donnant son titre à ce roman d'une majestueuse fureur. Mais &lt;em&gt;Les Terres Indomptées&lt;/em&gt; c'est également cette étincelle de liberté qui anime la personnalité de cette domestique dont on va découvrir, au gré des réminiscences qui surviennent tout au long de son périple, les terribles raisons qui l'ont poussée à fuir ce fort, comme s'il s'agissait d'une renaissance ou d'un retour dans ce qui apparaît comme un paradis jadis perdu devenu à la fois hostile et indocile. Ce sont donc des souvenirs terrifiants qui rythment une intrigue chargée d'une lourde tension à mesure qu'apparait la tragédie qui frappe ses proches que ce soit le souffleur de verre qui l'accompagne durant l'épique traversée traversée de l'Atlantique ou Bess, cette fillette à l'esprit fragile dont elle à la charge et qu'elle prend en affection. Voyage intérieur flamboyant qui s’articule autour des fantômes qui cheminent avec cette jeune fille dont la quête demeure incertaine, ce conte féministe se construit dans la matrice de cette forêt luxuriante et inquiétante que Lauren Groff dépeint de manière magistrale au gré d'un texte flamboyant où les dangers omniprésents d’une nature impavide dictent le rythme des saisons qui s’enchainent dans ce qui apparaît comme une véritable ode mystique. Ainsi, outre la fusion organique qui s’opère avec cette nature omniprésente, il émerge de l’esprit tourmenté de la jeune femme dépouillée de toute identité, une certaine perception de l’existence d'un Dieu s’incarnant dans son indifférence à l’égard des hommes, bien éloigné de l’image asservissante qu’un pasteur dévoyé tentait de lui inculquer. Sans qu’il ne s’agisse d’un pamphlet, bien au contraire, on saisira ainsi l’allégorie propre au climat pesant qui règne sur le pays à l’instar de cette chasse au « wokisme » ainsi que la résurgence des courant religieux radicaux remettant en question la condition des femmes aux Etat-Unis dans ce qui émerge d’une politique globale de discrimination issue de l’administration actuelle qui prend de plus en plus d’essors. Et c’est dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 16px;&quot;&gt;Les Terres Indomptées&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;, dans l'immersion de ce roman à la fureur lyrique, reprenant les codes du genre nature writing, que l’on prend la pleine mesure de cette soif de liberté inaltérable qui va s’immiscer, comme un torrent impétueux, dans la personnalité de cette héroïne du passé, cette femme de peu, qui devient le reflet des luttes féministes qui émaillent l’actualité de notre monde. Un texte qui se distingue dans sa puissance de feu exceptionnelle.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Lauren Groff : Les Terres Indomptées (The Vaster Wilds). Editions de L'Olivier 2025. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Carine Chichereau.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : The Same Deep Water As You de The Cure. Album : Disintegration (1989). 2010 Fiction Records Ltd.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
</feed>