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Auteurs C - Page 9

  • Michael Connelly : Les 9 Dragons. Les affres du marketing !

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    Un flic portant le même nom qu'un célèbre peintre néerlandais, ça avait de quoi séduire ! Hyeronimus Bosch, détective au LAPD faisait sa première apparition dans « Les Egouts de Los Angeles » où l'on percevait cette ville tentaculaire d'une autre manière.

     

    Le talent de Michael Connelly, c'était d'avoir donné, tout comme à ses personnages, une épaisseur à cette cité que l'on a trop souvent jugée sommairement comme dépourvue d'âme. Grâce à lui, Cienega blvd, Woodrow Wilson drive, Wonderland ave, Sunset blvd et Echo Park résonnaient différemment et devenaient des lieux mythiques et l'on se plaisait à imaginer notre héro se mouvant dans les labyrinthes de ces voies rapides sur fond de soleil couchant ou contemplant de sa maison accrochée à une colline, le tapis de lumière de la Cité des Anges qui apparaissait dans le crépuscule naissant. C'était en 1993, un roman culte était né. 14 enquêtes plus tard il devient difficile d'éviter le dernier opus de Michael Connelly « Les 9 Dragons » car les exemplaires sont alignés dans les grandes librairies comme une muraille infranchissable. Du marketing à grande échelle auquel l'auteur a cédé depuis quelques années déjà, bradant son talent au service de la vente et du formatage. On sent également la patte d'assistants et documentalistes en tout genre qui sont parvenus à extirper tout le jus et le sel des personnages pour nous restituer des protagonistes aux profils psychologiques aussi épais que du papier de cigarette. Des rebondissements à profusion bien sûr, mais seulement pour masquer les faiblesses d'une histoire bourrée de clichés dont le passage du héro à Hong Kong en est un illustre exemple. Bref pas grand chose à dire de ce livre de Michael Connelly qui n'est pas le seul auteur prometteur à avoir flanché en nous livrant des récits aseptisés, censés plaire au plus grand nombre de lecteurs, ce qui est loin d'être gagné !

     

    On retrouve le premier livre de Michael Connelly, « Les égouts de Los Angeles » dans le « Guide du Polar, 40 livres pour se faire9782757818107_1_75.jpg peur ». Un petit ouvrage, extrêmement bien fichu et sans prétention qui vous guidera dans la collection des polars de l'édition Points. Il ne s'agit pas d'un guide académique loin de là, mais juste d'un florilège d'excellents polars classés par thème, par région et par genre. Des extraits tirés des ouvrages principaux, pour nous faire saliver et quelques interviews des auteurs, agrémentés de commentaires pertinents c'est ce qu'il faut pour se repérer dans les méandres du polar et s'extirper du matraquage publicitaire qu'affectionnent certaines librairies et maisons d'édition. L'autre moyen est également de vous référer aux blogs et sites spécialisés dans le genre. Vous en trouverez quelques un dans la liste qui figure dans la colonne de droite. Une liste qui est loin d'être exhaustive et que je ne manquerai pas de compléter. Mais la meilleure méthode restera de flâner dans les rayons des librairies, de farfouiller dans les rayonnages, de vous fier à votre instinct et à votre intuition et d'écouter les conseils avisés des quelques libraires passionnés qui prendront le temps de vous faire partager leurs découvertes. Il s'agit là d'une espèce en voie d'extinction qu'il faut à tout prix préserver en achetant et lisant des livres à profusion !

     

    Michael Connelly : Les 9 Dragons. Editions du Seuil 2011. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin.

     

    A lire en écoutant : Titre : You wanted to travel blind - Auteur : East Troublemaker - Album : BOF de 13 Tzameti.

     

    Louise Austin et Amélie Petit : Le guide du polar, 40 livres pour se faire peur. Editions Points 2010.

     

     

  • CORMAC McCARTHY : NON, CE PAYS N'EST PAS POUR LE VIEIL HOMME. ANNONCEZ !

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    Annoncez ! C'est l'injonction funeste de Chigurh, tueur à gage psychopathe, froid comme l'acier d'une lame, qui joue la vie des gens à pile ou face.

     

    Et n'espérez aucune miséricorde dans cette terre aride qui se situe à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique car « Non ce pays n'est pas pour le vieil homme » est un roman cinglant de Cormac McCarthy qui nous plonge dans la noirceur absolue du genre humain.

     

    Dans un coin de désert, Llewelyn Moss découvre les reliquats d'un règlement de compte entre trafiquants de drogues : Cadavres, armes automatiques, drogue et une valise bourrée d'argent. En s'emparant de l'argent, Moss sait qu'il risque gros mais ne se doute pas de la sauvagerie de la horde qui va se mettre à le traquer impitoyablement.

     

    Pour arbitrer cette traque sanglante il y a ce sheriff vieillissant qui ne peut que compter les morts qui s'accumulent. Ed Tom Bell est ce vieil homme, dépassé par les évènements mais également par ce monde qu'il ne comprend plus.

     

    Cormac McCarthy c'est une écriture sèche et sans fioriture tout comme les paysages désertiques que parcourent ses personnages. Des dialogues percutants qui résonnent comme des rafales de pistolet-mitrailleur. Il y décrit une société en mouvement qui ne sait plus trop bien où elle va avec ces hommes qui vivent dans des caravanes, qui dorment dans des motels et qui se croisent dans des stations services. Ils tournent autour de cette frontière qui est devenue le terrain de jeu des trafiquants. Tout cela préfigure déjà de ce que sera son dernier roman « La Route ». Un voyage sans retour.

     

    En se contentant de regarder l'excellente adaptation qu'en ont tirée les frères Cohen, outre le fait de se priver de la qualité d'écriture de l'auteur, c'est passer à côté des réflexions de Ed Tom Bell qui ponctuent chaque chapitre. Ce vieux flic fatigué, un peu réac,  pose les questions sur la place du policier dans une société en pleine mutation. Humble et terriblement humain il admet que ces questions peuvent rester sans réponses. Ed Tom Bell fait également le bilan de la violence auquel il a dû faire face, des évènements majeurs qui ont jalonné son parcours de flic. Un constat sans haine et sans rancœur dans lequel un bon nombre de policiers pourra se retrouver.

     

    « Non , ce pays n'est pas pour le vieil homme » est bien plus qu'un roman noir. C'est un chef-d'œuvre crépusculaire. A lire et à relire !

     

    Dans ce livre, la vie et la mort dansent une gigue endiablée dans des contrées désertiques du sud des Etats-Unis. On les trouve sur les deux faces d'une pièce de monnaie. Annoncez !

     

     

    Cormac McCarthy : Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme. Edition de l'Olivier 2006. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Hirsch