James Sallis : Drive, le western urbain

Le Chauffeur, personnage principal du roman Drive de James Sallis, est pareil à cet homme sans nom, taciturne dont on ne connaissait absolument rien que campait Clint Eastwood dans la trilogie « Dollars » de Sergio Leone. On change pourtant de décor en sillonnant le méandre urbain des routes poussiéreuses de Los Angeles avec cet homme taciturne qui carbure à l'adrénaline et vit au rythme des cylindres de ses voitures trafiquées. Cascadeur de jour, le Chauffeur prête ses talents pour diverses équipes de braqueurs tout en restant en retrait. La règle est simple, il se contente de conduire, mais il le fait avec un talent inouï qui lui permet de semer toutes les patrouilles de police. Le roman démarre brutalement dans la chambre d'un motel où le Chauffeur, entouré de plusieurs cadavres, rumine sa vengeance pour sanctionner les hommes qui ont tenté de le doubler. Une route froide et sanglante, comme ce bolide qui traverse Pico Blvd à toute allure, c'est ainsi que l'on peut décrire ce roman très court de James Sallis. Une écriture sèche, dépourvue de toutes fioritures psychologiques et divisée en chapitres très courts, non linéaires qui font que ce récit se lit comme un boulet de canon et nous laissant sonné sur le bord de la route.
Un roman noir et bien serré, c'est vraiment comme cela que l'on peut définir cet ouvrage de James Sallis écrit en hommage au grand maître du roman de casse, Donald Westlake. 170 pages que l'on tourne au rythme trépidant de cet homme sans foi ni loi qui gravite dans un monde underground, composé de motels pourris, de meublés sordides et de rades crados, le tout ponctué de montées au braquage, poursuites palpitantes et exécutions sommaires. Un western urbain donc, où les chevaux apparaissent désormais sur les radiateurs fumants des bolides made in USA.
Souvent c'est à partir de roman très bref que l'on bâtit des chefs-d'œuvre cinématographiques et Drive en est l'exemple parfait. De ce roman, Nicolas Winding Refn a réalisé un film absolument éblouissant qui s'inscrit dans la même lignée que des Police Fédérale Los Angeles de William Friedkin ou Heat et Collatéral de Michael Mann. Après avoir lu le roman, faites comme moi, courrez voir le film qui dégage une violence animale sans concession et sans fioriture au cœur d'une ville presque irréelle qui sert de terrain de jeu pour ce héro sans nom. On avait déjà eu la vision âpre et abrupte de ce cinéaste danois lorsqu'il avait réalisé Pusher I, II et III, une trilogie hallucinante qui traitait du milieu du crime au Danemark et reléguait la série des Parrains au conte de bluette pour jeunes filles romantiques.
James Sallis : Drive. Editions Rivages/Noir 2005. Traduit de l'anglais (USA) par Isabelle Maillet.
A lire en écoutant : Play Your Cards Right. Common feat. Bilal. Smocking Aces (Original Motion Picture Soundtrack).
Michel Neyret, grand ponte de la PJ lyonnaise est tombé en entrainant dans sa chute une cohorte de supers flics. Et c'est la stupeur au sein des services de police où l'on peine à comprendre ce qu'il s'est passé. Pourtant ces mêmes flics ne cessent de dénoncer le manque de moyen, contrebalancé par cette culture du résultat qui perdure depuis bien des années. Cette ambivalance ne saurait excuser ces flics qui franchissent la ligne, mais permettrait tout au moins, si l'on s'en préoccupait, de prévenir les risques. Mais voilà, avec une hiérarchie qui, pareille à Ponce Pilate, préfère se laver les mains et fermer les yeux sur les moyens pour mettre en lumière les résultats, il n'est pas certain que cette hypocrisie ne cesse du jour au lendemain.
A l'heure des élections, c'est bien évidemment le sempiternelle sujet de la sécurité qui enflamme les débats où l'on assène aux citoyens, à coups de slogans ravageurs et phrases rapides, les recettes qui vont remettre la cité sur les rails.
argé que je vous laisserai découvrir en consultant le site internet que vous pouvez trouver en cliquant 
donc découvrir ce roman illustré par Romain Renard. D'autre part l'adaption cinématographique du roman a reçu le grand prix du festival du film à Sundance et le prix du jury au festival de Deauville. Quel que soit le support que vous adopterez, vous serez conquis par l'émouvant périple de Ree dans cet univers implacable.