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France - Page 38

  • SEVERINE CHEVALIER : CLOUER L’OUEST. CES GENS-LA.


    Capture d’écran 2014-08-10 à 18.56.42.pngUne magnifique trouvaille, voilà comment je pourrais qualifier le dernier roman de Séverine Chevalier intitulé Clouer l’Ouest que l’on peut considérer comme un des grands romans noirs de l’année 2014. En principe lorsque je découvre un livre par le biais d’un blog, je me garde d’en faire une chronique car j’estime que la trouvaille appartient à l’animateur du site. Mais pour Clouer l’Ouest c’est une autre histoire. Il y a tout d’abord l’envie de faire découvrir au plus grand nombre un ouvrage magnifique qui, de par le fait d’une superbe mais petite maison d’édition, peinera probablement à sortir du lot.  Aussi modeste que soit la démarche, cette chronique permettra peut-être de favoriser sa diffusion. Il faut lire Clouer L’Ouest et il faut s’imprégner de l’écriture de Séverine Chevalier. Et puis il y a le plaisir de parler de quelque chose de beau qui touche au sublime.

     

    Après des années d’errance, Karl le joueur compulsif et désargenté retourne au sein de cette famille honnie qu’il n’a plus revue depuis plus de 20 ans. Doc, le père haï, L’Indien, frère ami et ennemi tout à la fois, Odile, mère perturbée et emmitouflée dans un nuage de médicament, ce sont  ces personnages parmi d’autres que Karl va retrouver sur le froid plateau de Millevaches au cœur d’une forêt enneigée où rode la Bête Noire toute aussi hostile et craintive que les hommes. Un animal solitaire que les chasseurs ne parviennent pas à abattre. Cet animal blessé, reflet des hommes qui le traquent sera-t-il enfin abattu ?

     

    On le voit, au niveau de l’intrigue il n’y a rien d’original avec l’éternel conflit entre père et fils et tous ces ressentiments cachés qui minent les relations des membres d’une même famille. Mais si l’on sait déjà que tout cela va mal se terminer, l’enjeu du roman consiste à savoir comment tout cela va se dérouler. Et il faut l’avouer, Séverine Chevalier installe, dans une construction narrative extrêmement bien élaborée, un suspense qui nous tient en haleine tout au long d'un magnifique récit. Les personnages également sont finalement assez stéréotypés mais l’auteur parvient à développer une interaction entre tous ces protagonistes qui dépassent les clichés habituels et c’est par petites touches que l’on pénètre dans l’intimité de ces hommes et de ces femmes rongés par la désillusion, les regrets, l’orgueil et la folie.

     

    Mais c’est bien évidemment au niveau du style que la magie de Clouer l’Ouest finit par emporter le lecteur dans un torrent de phrases toutes plus belles les unes que les autres. Et quand les phrases ne suffisent plus, il reste quelques mots qui résonnent encore après avoir achevé ce roman beaucoup trop court. Alors on prend le temps de relire quelques chapitres, de s’imprégner une fois encore de cette atmosphère où la mélancolie heurte le désespoir. Un bel équilibre de descriptions, d’introspections et de quelques dialogues fait de ce roman un véritable bijou de justesse et de perfection.

     

    Il faut bien que les choses se soient passées d'une certaine façon.

    Longtemps je ne me préoccupais pas de la scène blanche. Elle me hantait en sourdine et je faisais taire ses murmures, ou les laissais cogner, légers aux parois d'une minuscule boîte enfouie au plus profond de moi. Le bourdonnements de l'extérieur remplissaient leur office de fossoyeurs efficaces, diligents. Je ne savais pas qu'alors, les cadavres refusaient de se décomposer.

    Clouer l'Ouest 

    Severine Chevalier

     

    Séverine Chevalier c’est une écriture hors du commun qui se mérite tout comme celle des grands auteurs dont elle fait désormais partie.

     

     

     

    Faut vous dire, Monsieur

    Que chez ces gens-là

    On n´vit pas, Monsieur

    On n´vit pas, on triche

                            Ces gens-là

     

                            Brel

     

    Séverine Chevalier : Clouer L’Ouest. Editions Ecorce/Collection Territori 2014.

    A lire en écoutant : Brel : Ces Gens-Là. Album : Jef – Grand Jacques Intégrale Jacques Brel. Barclay 1988.

  • Pierre Lemaitre : Au Revoir Là-Haut. Pour un Goncourt, arrange toi avec ça !

    La musique se vend comme le savon à barbe. Pour que le désespoir même se vende, il ne reste qu'à en trouver la formule.
 Tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle.
 Qui donc inventera le désespoir ?

    Préface

    Léo Ferré

     

    Capture d’écran 2014-06-01 à 20.58.53.pngT’es pas vraiment un écrivain. Tu n’as écrit que des polars. Qu’à cela ne tienne  on va te sortir du ghetto. On va t’extraire, t’extirper de la fange. Tu vas paraître enfin dans la lumière. T’es dans le trend mon ami. Un récit qui se déroule peu après la première guerre mondiale. T’as même pas idée. En plein Centenaire tu vas passer sans problème. T’es dans l’actualité coco ! Même Céline avec son voyage s'inclinerait  pour te céder la place. C'est couru d'avance !

     

    Arrange toi avec ça !

     

    Tu vas changer de nom ? Non ! Alors faudra changer de maison d'édition. Y a des convenances à respecter. Bien sûr faudra créer une bonne couverture. Quelque chose de sobre, de digne, de bien chiant. Ca fera sérieux tu verras. On s’abstiendra de tout sous-titre infamant. Policier, thriller, roman noir. Faut pas déconner avec ça. Les étiquettes c’est important. On laissera une place pour le bandeau rouge et blanc. Un label à trois millions d'euros ! Un concept Galligrasseuil sur lequel s’aligne les autres maisons d’édition. A chialer tellement c’est beau.

     

    Arrange toi avec ça !

     

    Le contenu du livre ! Pas important. Un concept ça s’achète. Ca ne se lit pas ou si peu.

    - T'as acheté le dernier Goncourt ?
    - Ouais !
    - Ca parle de quoi ?
    - Heu ... j'l'ai pas encore lu.
     

    Mais t’as du style. Vraiment. Et puis qu’à cela ne tienne on va les embrouiller, les enfumer. Dans des interviews tu les éblouiras. Ce qui au début t'es apparu comme un polar est devenu un roman classique. Invente des trucs de ce genre. Dis leur que tu t'es débarrassé des codes. Tu veux leur expliquer que t'as écrit un roman picaresque ? Ouais picaresque ! Ca sonne vraiment bien. Ca fait vraiment érudit. Tu te réclameras d’auteurs classiques. Maurice Genevoix, Jules Romain et Dostoïevski, c’est la grande classe !

     

    Arrange toi avec ça !

     

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    En pleine lumière tu te dévoileras. On parlera de roman populaire. T'auras la larme reconnaissante. Tu citeras tes références. James Ellroy, David Peace, Bret Easton Ellis et William McIlvanney. Tu rendras hommage à la famille à laquelle tu as appartenu. De laquelle tu t’es émancipé. Tu leur dois bien ça. Tu remercieras ces dix vieillards pour leur geste de mansuétude. Accueillir le roman populaire dans le sérail littéraire. On s’incline. Le bon peuple s’agenouille devant tant de bienveillance.  Mais évite de définir ton roman comme un polar ou un roman noir. Ce serait trop ! La sollicitude c'est bien mais faut pas en abuser. Bien sûr tu ne pourras pas faire comme ce jeune écrivain genevois. Déclarer ne pas avoir écrit un polar. Prétendre même n'en avoir jamais lu. Ce serait exagéré. Surtout pour un type comme toi qui en a écrit sept. Mais ça aurait été pas mal de dire un truc brillant comme ça. 

     

    Arrange toi avec ça !

     

    Après bien sûr t'auras le triomphe emprunté. Mais tu posséderas enfin une stature. Tu feras partie de l'élite, des grands. Un vrai écrivain quoi ! Point de polémique. Tu te placeras au-dessus de la mêlée. A ton âge y a plus de pression. T'es libre, débarassé de tout préjugé. Tu parleras de tes projets. Une fresque. Ouais ! C'est bon ça, une fresque du style Balzac ou Zola. Merde mon gars ! Tu tiens vraiment quelque chose. Une fresque pour oublier tes frasques littéraires. Parce que désormais t'es dans la cour des grands. Tu vas pas renier ton passé, mais quand même. Bienvenue au Paradis. Dans les sphères supérieures des sociétés littéraires. Quelques regrets ? C'est pas grave. Tu feras une déclaration émouvante. Tu diras, à qui veut l'entendre que le polar par ton entremise a presque acquis ses lettres de noblesse. Presque !

     

    Arrange toi avec ça !

     

    Pierre Lemaitre : Au Revoir Là-Haut. Edition Albin Michel 2013.

    A lire en écoutant : Préface de Léo Ferré. Album : Il n’y a plus rien ! Barclay 1973.

  • Michaël Mention : Adieu Demain. Le monstre d’aujourd’hui.

    Adieu demain, rivages/noir, Yorkshire, Michael Mention, David PeaceVéritables entités maléfiques les monstres d’aujourd’hui sont désormais incarnés par les sérial killers dont l’image a été largement dévoyée avec l’apparition de personnages tels que Dexter ou Hannibal qui nous content leurs aventures au travers d’un « art délicat » qu’ils pratiqueraient pour le plus grand bien de la communauté. Effrayantes, leurs aventures « raffinées » sont pourtant à mille lieues des atrocités commises par Francis Heaulme, Guy Georges, Peter Sutcliffe et consort.

     

    Dans le domaine, ce sont des écrivains comme James Ellroy et David Peace qui sont parvenus à restituer le contexte mental et social dans lequel ont évolué leurs bourreaux respectifs au travers de récits qui font, de nos jours encore, office de référence en la matière.

     

    Avec Adieu Demain, Michaël Mention reprend le flambeau et nous retournons dans le Yorkshire, abandonné par David Peace, pour effectuer un voyage à travers le temps qui débutera en 1969 et  s’achèvera un fameux jour de septembre 2001. C’est par les regards d’un tueur naissant dans l’ombre de l’Eventeur du Yorkshire et des deux enquêteurs chargés de l’arrêter que l’auteur va égrener une actualité angoissante qui colle littéralement à la peau des principaux protagonistes du récit.

     

    20 ans après l’arrestation du fameux éventreur, la police se retrouve avec un nouveau tueur sur le bras qui transperce ses victimes féminines avec des carreaux d’arbalète. Le superintendant Mark Burstyn est chargé de l’enquête et s’adjoindra les services d’un jeune enquêteur Clarence Cooper qui va s’impliquer au delà des limites raisonnables pour se retrouver confronter à ses propres angoisses qui ne seront pas sans conséquences pour son équilibre mental.

     

    Dans Adieu Demain, il y a tout d’abord l’ombre de David Peace, auquel l’auteur rend d’ailleurs un hommage appuyé, qui plane sur le récit qui se décompose en deux parties. Vous allez découvrir dans un premier temps la jeunesse de Peter Griffith (personnage librement inspiré du tristement célébre tueur à l’arbalète, Stephen Griffiths) jusqu’à sa rencontre, avec Paul Witcliffe (inspiré de Peter Sutcliffe) interné, comme lui, dans un hôpital psychiatrique. Puis dans la seconde partie vous suivrez les pérégrinations de Mark Burstyn et de son accolyte Clarence Cooper qui vont traquer un tueur en série qui s’en prend une nouvelle fois aux femmes du Yorkshire.

     

    Il faut bien l’avouer que l’on ne pouvait pas faire autrement que de comparer le roman avec ceux de David Peace et craindre le pire ce qui est loin d’être le cas. Michaël Mention s’en tire plus qu’honorablement et nous plongeant au cœur d’un récit extrèmement prenant où l’actualité égrenée au fil des années embrasse les personnages pour en faire une espèce d’acteur à part entière qui interviendra même dans le final surprenant de ce roman. Car il faut l’admettre, Michaël Mention est un manipulateur qui sait fourvoyer ses lecteurs sans toutefois tomber dans les excès peu crédible du rebondissement à répétition. Outre l’actualité, c’est la  thématique de la peur revient tout au long de l’histoire avec les phobies des principaux suspects qui font écho aux nouvelles anxiogènes d’un monde qui semble devenu complètement hors de contrôle.

     

    Si l’écriture est assez classique c’est principalement pour son sens de la transition que l’on appréciera Adieu Demain où l’auteur passe d’un personnage à un autre autre par le prisme d’un fait divers, d’une chanson ou d’un grand fait d’actualité qui accentue le rythme trépident du roman.

     

    Adieu Demain est le second tome d’une trilogie qui a débutée avec Sale Temps Pour le Pays. Bien plus abouti que le premier opus on ne peut que se réjouir de découvrir le prochain roman d’un auteur qui va désormais compter dans le paysage sinistre des sérial killers.

     

    Michaël Mention : Adieu Demain. Editions Rivages/Noir 2014.

    A lire en écoutant : Faze Wave interprété par The Cave Singer. Album : No Witch. Jagjaguwar 2011.

     

  • NURY/BRÜNO : TYLER CROSS. LÀ OÙ FINISSENT LES FLEUVES.

    Capture d’écran 2014-02-12 à 17.22.32.pngUn braquage de came qui tourne au carnage. Une échappée dans le désert pour un truand qui trouve refuge dans un bled paumé aux mains d’une famille de tarés congénitale. Un règlement de compte sanglant dans un train bourré de mafieux. Une histoire digne des meilleurs films de Peckinpah ou des meilleurs scénarios de Jim Thompson ou Donald Westlake, c’est ce que vous allez découvrir avec Tyler Cross, grande découverte du 9ème art de Brüno et Nury.

     

    Digne successeur de Parker, Tyler Cross balade sa froide carcasse anguleuse dans ce scénario de Nury qui prend vie avec le dessin de Brüno pour donner une bande dessinée époustouflante qui reprend avec brio tous les archétypes du roman noir abordant la thématique du braqueur solitaire et sans pitié. Malgré cela on entrevoit au tréfonds de l’âme de ce personnage énigmatique un semblant d’humanité dans cet instant sublime où Tyler Cross se sépare de sa belle complice CJ Harper. Un mélange de cruauté et de romantisme qui frise la perfection avec un hommage appuyé à Robin Cook et James Ellroy comme Nury l’explique ici en commentant l’une des plus belle page de l’ouvrage.

     

    Capture d’écran 2014-02-12 à 16.54.47.png

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    Que l’on ne s’y trompe pas le dessin stylisé, presque naïf, de Brüno ne sert qu’à mettre d’avantage en relief la noirceur, la cruauté et la duplicité des personnages qui jalonnent le récit. La BD n’est d’ailleurs pas à mettre entre les mains de lecteurs trop jeunes. On oscille entre humour noir et violence crue au gré des planches dont le découpage n’est qu’une longue référence cinématographique aux meilleurs films du genre.

     

    Bien sûr on pourrait reprocher d’avoir lu ou revu mille et une fois cette même histoire de braquage foireux qui tourne à la confrontation sanglante. Mais c’est sans compter la maîtrise scénaristique de Nury qui parvient avec un fulgurance inouïe à nous transporter d’un bout à l’autre de son récit sans que l’on aie le temps de prendre conscience de quoique ce soit tant cette histoire trépidante vous secoue vos neurones qui n’auront donc pas le loisir de restituer la moindre analyse critique cohérente durant la lecture.

     

    Bref, Tyler Cross c’est une BD qui a du punch et qui vous coupe le souffle comme le direct d’un boxeur. Il n’y a rien d’autre à en dire.

     

    Dessin : Brüno / Scénario : Fabien Nury / Couleurs : Laurence Croix : Tyler Cross. Editions Dargaud 2014.

    A lire en écoutant : Back to Black. Amy Winehouse. Album : Back to Black. Island Records 2006.

  • Alexis Ragougneau : La Madone de Notre-Dame. Le fantôme d’Esmeralda.

    Capture d’écran 2014-01-19 à 13.58.05.pngService de presse.

     

    Lorsque l’on évoque la fameuse cathédrale érigée au cœur de Paris on ne peut s’empêcher de penser que l’on va avoir à faire à un énorme pavé à l’instar du grand classique de Victor Hugo. Ce n’est pas le cas avec la Madone de Notre-Dame d’Alexis Ragougneau qui nous immerge, dans une poignée de page, au cœur de ce monument qui est l’un des plus visité de France, devançant même la fameuse Tour Eiffel.

     

    C’est au lendemain de la procession de l’Assomption de la Vierge Marie que l’on découvre dans la nef principale, le corps figé d’une belle inconnue dont l’immaculée tenue provocante contraste singulièrement avec ce lieu sacré. Le sexe scellé avec la cire d’un cierge orientera la police et le procureur Claire Kauffmann vers un dévot de la Vierge Marie qui a eu une altercation avec la victime lors de la cérémonie religieuse. Néanmoins, le père Kern, prêtre à Notre-Dame, doute sérieusement du bienfondé des soupçons des autorités. Secondé par un détenu qu’il visite régulièrement, la quête que va mener le père Kern permettra-t-elle de rétablir la vérité ?

     

    L’auteur, homme de théâtre, s’attache principalement aux personnages et bien évidemment au décor grandiose qu’il semble connaître parfaitement pour nous livrer une enquête des plus classiques qui s’étale sur un laps de temps assez court. Au fil de l’histoire vous allez découvrir l’univers des surveillants, diacres, prêtres et égarés qui gravitent autour d’une cathédrale désormais livrée à un flot incessant de touristes. Lieu touristique, lieu de culte c’est cette attribution contradictoire que l’auteur met en exergue par petites touches tout au long du récit.

     

    Dans l’univers du polar, les « hommes de dieu – enquêteurs », comme le frère Cadfael, le père Brown ou même le frère Guillaume de Baskerville sont très communément dotés de facultés de réflexion et d’observation hors du commun. Le père Kern lui ne possède aucune de ces caractéristiques. L’homme affligé d’une terrible maladie qui l’a empêché de grandir (il mesure un mètre quarante huit) et dont les terribles crises paralysent ses articulations n’est pourvu que d’une formidable humanité et d’un sens de l’écoute qui lui permettront de résoudre son enquête. C’est ce qui fait toute la force du personnage qui apparaît dans sa vulnérabilité aussi bien psychique que physique comme un être aussi fragile que les pauvres âmes qu’il tente de réconforter.

     

    On regrettera peut-être un petit manque d’équilibre entre certains personnages secondaires qui paraissent plus fades (La procureur Claire Kaufmann, l’inspecteur Landard) et que l’auteur a pourtant jugé bon de développer plus que de raison au détriment de certains protagonistes atypiques dont les caractéristiques semblaient beaucoup plus prometteuses comme par exemple Djibril le détenu qui seconde le père Kern, le vieux clochard polonais ou la dame aux coquelicots. On pourrait également regretter le côté archi convenu de ce récit jusqu’au moment où l’on plonge dans le passé du meurtrier qui évoque une page sombre de l’histoire de France et qui permet à l’auteur, comme un clin d’œil redoutable, de nous demander si l’on peut espérer trouver le salut dans la foi et la prière.

     

    Avec la Madone de Notre-Dame, vous allez faire la connaissance d’un nouvel enquêteur un brin décalé qui prend naissance dans l’ombre éthérée d’un monument majestueux. Bel atmosphère envoutante pour ce premier livre d’Alexis Ragougneau qui se lira d’une traite.

     

    Alexis Ragougneau : La Madone de Notre-Dame. Editions Viviane Hamy. En librairie le 23 janvier 2014.

    A lire en écoutant : Spem in Alium. Album : The Tallis Scholar sing Thomas Tallis – Spem in Alium. Gimell 2004.