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01. Actualité

  • Mise au point 2026

    IMG_3179.jpegDans le monde du livre, on aura noté pour l’année 2026 un nombre assez impressionnant de blogueurs qui ont fermé leur site même si certain se sont finalement ravisés en traduisant ainsi le désarroi qui règne dans le milieu où la performance n’a jamais été aussi prégnante avec cette propension à vouloir susciter l’attention à tout prix et que l’on perçoit également sur des réseau sociaux comme Tik Tok ou Instagram où là également on peut observer un certain découragement qui se traduit par la fermeture de compte avec des personnes qui semblent parfois au bout du rouleau. Dans cette ambiance pesante où le livre devient davantage un produit qu’une démarche artistique, il n’est donc question que de chiffres, de monétisations, de followers, de SP, de partenariats et de « collabs rémunérées » dans une espèce d’excès que l’on perçoit notamment par le prisme de ces piles de livre que l’on exhibe face caméra tout en vous interpellant à la manière de ces camelots névrosés haranguant la foule pour évoquer des ouvrages que l’on n’a évidemment pas lu, dans ce qui apparaît comme une véritable frénésie de "bookhaul" outranciers. Tour cela se décline dans une quête de l’attention immédiate dictée par l’algorithme vous poussant à adopter les formats et les comportements susceptibles de séduire et entretenir à tout prix une communauté potentielle à laquelle on devient véritablement asservi en vous poussant parfois à quelques dérives consternantes à l’instar de cette jeune femme arborant un string sur sa tête pour expliquer combien le livre qu’elle évoquait l’avait bouleversée ou de ces individus qui sourient ou qui grimacent en fonction de leur adhésion à l’ouvrage qu’ils exhibent sans autre commentaire. Dans ce contexte où la machine dicte ses règles et où les grands groupes éditoriaux soudoient l'influenceur en quête de monétisation, il importe donc de souligner l’existence d’une multitude de personnes qui poursuivent leurs activités en faisant preuve d’autant de créativité et d'altruisme que de talent pour mettre en valeur les livres qu’ils lisent avec la passion qui les caractérisent et que l’on peut découvrir au gré de leurs retours réguliers avec cette valeur essentielle que de vouloir transmettre leur enthousiasme ou parfois leur déception afin de susciter le débat. 


    IMG_3180.jpegA partir de ce constat on dit que le blog est désuet et que la chronique n’a plus aucun intérêt ce qui me pousse à poursuivre cette activité avec davantage d’enthousiasme se traduisant par  une augmentation notable de recensions pour cette année 2025 et qui perdurera pour les années à venir. Hormis le fait que le blog Mon Roman ? Noir et Bien Serré ! entame sa quinzième année d’existence, je vous épargnerai, une fois encore, les bilans comptables abscons ainsi que les classements stériles pour passer en revue l’ensemble des ouvrages qui ont jalonné cette période  propice aux belles découvertes littéraires. Débutant sous les meilleurs auspices, on retrouvait en janvier, Séverine Chevalier nous proposant avec La Théorie De La Disparition un texte sublime qui fait d’elle une romancière absolument hors pair qui demeure pourtant encore trop méconnue en dépit des nombreux retours enthousiastes de celles et ceux qui ont la chance de découvrir son oeuvre. Avec Le Premier Renne d’Olivier Truc et Kalmann Et La Montagne Endormie de Joachim B. Schmidt ce sont un français et un suisse qui nous entrainent sur ces terres nordiques fascinantes et si dépaysantes. Et puis l’on entamait avec Le Jour De La Chouette de Leonardo Sciascia cette démarche d’exhumer 12 livres de sa bibliothèque qu’il s’agit de lire durant le courant de l’année et initiée par @steph_bookin dans le cadre de #12pour 2025, avec un ouvrage emblématique sur le fonctionnement de la Mafia que le romancier n'a cessé de dénoncer. Ce sont des séries qui ont marqué ce début d'année avec celle se déroulant durant le Front populaire des années trente initiée par Alexandre Courban qui en décortique chaque année avec Rue De L'Espérance, 1935 tandis que Frédéric Paulin se penchait sur la guerre du Liban avec Rares Ceux Qui Echappèrent A La Guerre et Que S'Obscurcissent Le Soleil Et La Lumière clôturant cette trilogie d'une rare intensité tout comme celle de Benjamin Dierstein débutant avec Bleus, Blancs, Rouges et se poursuivant avec L'Etendard Sanglant Est Levé où l'on observe au travers d'une enquête policière de haute volée la France du début des années 80 et de ses soubassements politiques. Hugues Pagan poursuit son exploration de Schneider, ce flic emblématique que l'on retrouve dans L'Ombre Portée alors que Michèle Pedinielli nous livre une nouvelle enquête de sa détective privée cinquantenaire avec Un Seul Oeil, précédés de La Patience De L'Immortelle et de Sans Collier autres enquêtes de Ghjulia Boccanera qu'il convenait de lire afin de mettre à jour cette superbe série niçoise. Tim Dorsey fait également partie de ces bouquins exhumés pour le mois de février avec la découverte de l'hilarant Florida Roadkill nous permettant d'appréhender l'univers déjanté de Serge Storm, tueur sociopathe dont on salue l'inventivité en matière d'exécution. S'ensuit une série qui s'achève, celle de Simone Bucholz mettant un terme avec River Clyde aux enquêtes de la procureure Chastity Riley au gré d'une échappée en Ecosse aux entournure oniriques de toute beauté. On s'attardera quelque peu sur la littérature industrielle qui semble avoir le vent en poupe avec tout l'arsenal médiatique qui en découle pour mettre en avant des textes de plus en plus ineptes dont il convient de mettre parfois en exergue toute l'indigence notable à l'instar de La Très Catastrophique Visite Du Zoo de Joël Dicker, d'Ultimatum de Nicolas Feux s'associant à Marc Voltenauer et de cet auteur anonyme, et on le comprend, qui nous a livré Le Roman De Marceau Miller avec cette orientation très marquée de faire un coup littéraire qui n'a pas véritablement fonctionné, comme quoi le verni markéting ne saurait toujours masquer la vacuité de ces textes formatés alimentant cette littérature formatée qui n'a rien à voir avec les ouvrages populaires de qualité.  


    IMG_3181.jpegAu printemps ce sont les retrouvailles avec le commissaire Soneri, dont Valério Varesi décline la dixième enquête dans L'Autre Loi et dont on appréhende, avec toujours autant de plaisir, le regard social sur cette région du nord de l'Italie. Sandrine Cohen revient également avec une seconde investigation de cette personnalité peu ordinaire de Clelia Rivoire qui va enquêter sur l'entourage d'Antoine, Un Fils Aimant en décortiquant un fait divers peu banal. Dans les classiques de la Série Noire on aura apprécié Un Linceul N'a Pas De Poche d'Horace McCoy et La Cinquième Femme de Maria Fagyas prenant pour cadre la ville de Budapest durant l'insurrection de 1956. C'est sur une note plus contemporaine que l'on plongera dans le Texas dépeint par Attica Locke dans Au Paradis Je Demeure et qu'Il Est Long Le Chemin Du Retour en mettant en exergue les dissensions sociales et raciales qui ravagent le pays. En Surface de Luca Brunoni confirme le talent du romancier suisse tout comme Balanegra de l'écrivain espagnol Marto Pariente. Le Cherokee de Richard Morigène fait partie de ces romans marquants qui a également été extirpé de la bibliothèque tout comme Janvier Noir d'Alan Parks dont on se réjouis de lire les cinq autres opus de la série. A la Manufacture de livres, un nouvelle collection voit le jour, inaugurée avec La Petite Fasciste de Jérôme Leroy dont on observe également les dérives politiques et sociales dans La Petite Gauloise avec cette acuité qui le caractérise. Dans cette même collection on appréciera Night Boys de Gilles Sebhan tandis que Lionel Destremau revient avec Un Crime Dans La Peau qui figure dans le catalogue classique de la maison d'éditions. Chez Gallmeister on aura apprécié Gasping River d'Alex Taylor et L'Epicerie Du Paradis Sur Terre de James McBride ainsi que Stella de Piergiorgio Pulixi dont on découvrait également sa nouvelle série mettant en scène un libraire irascible officiant au sein de La Librairie Des Chats Noirs et que l'on retrouve dans Si Les Chats Pouvaient Parler avec ce qui apparaît comme un cosy mystery aux intonations chargée d'un humour féroce. Avec les éditions Agullo, on aura été marqué par Près Du Mur Nord de Petra Klabouchová relatant les affres des femmes internée dans la prison de Pankrác durant les purges en Tchécoslovaquie durant l'ère communiste. Et puis il y a ce roman court de Michalis Makropoulos nous immergeant avec L’Arbre De Judas dans les confins montagneux d'une Grèce méconnue. Du côté du fantastique on se penchera sur l'oeuvre étrange de Brian Everson avec La Confrérie Des Mutilés un roman culte qui sera suivi de Membre Fantôme, titres évocateurs s'il en est, nous entrainant dans l'univers singulier d'individus dont les mutilations deviennent des marqueurs sociaux. 


    IMG_3182.jpegOn rattrape quelque peu son retard durant la période estivale pour savourer Bastion de Jacky Schwartzamnn ainsi que Dios Et Florida d'Îvy Pochada deux récits qui sortent résolument de l'ordinaire en s'illustrant dans des registres diamétralement opposés mais dont le talent demeure sans faille. C'est aussi l'occasion de découvrir Tourbillon, magnifique roman de Shelby Foote et Plus Bas Dans La Vallée de Ron Rash qui demeure une valeur sûre. Malgré le soin apporté au choix des ouvrages, il y a parfois des déceptions à l'instar de Toutes Les Nuances De La Nuit de Chris Whitaker qui surjoue avec les émotions et les rebondissements en dépit de toute vraisemblance. Toujours en été, on aura lu La Nuit Ravagée de Jean-Baptiste Del Amo superbe roman fantastique se déroulant durant les années 90 dans un lotissement la périphérie de Toulouse. Egalement exhumé de la bibliothèque, il y a cette belle publication des éditions Chandeigne nous entraînant dans la région méconnue de Lisbonne dont Pedro Garcia Rosado dépeint le revers du décors avec Le Club De Macao. Puis cap sur les Marquises avec Henua de  Marin Ledun qui nous livre un polar aussi solide que dépaysant. Avant d'entamer la rentrée on aura beaucoup apprécié le regard acide de Dimitri Kantcheloff nous proposant avec Tout Le Monde Garde Son Calme un roman noir caustique autour d'une série de braquages nous permettant de nous immerger dans l'atmosphère âpre de la France des séventies. 


    IMG_3183.jpegLa rentrée aura été définitivement marquée par Le Monde Est Fatigué de Joseph Incardona ainsi que par l'oeuvre de Laurent Mauvignier dont Histoires De La Nuit avant dernier ouvrage d'un romancier d'envergure. Dans un autre registre, il fallait mettre en exergue l'œuvre de Jim Thompson que ce soit avec A Hell OF A Woman, illustré par Thomas Ott, tandis que la nouvelle couverture de Pottsville, 1280 Habitants est signée par Miles Hyman pour les éditions Rivages qui réédite l'ensemble des romans de cet écrivain mythique. Du côté de la Suisse, il faut souligner Charloose de Nina Pellegrino et La Fin Du Week-End de Michaël Perruchoud, deux oeuvres originales hautement recommandables. Il faudra également faire mention des éditions du Sonneur dont je découvre le catalogue avec deux superbes ouvrages que sont La Sorcière A La Jambe D'Os de Zelimir Peris et Trois Fois La Colère de Laurine Roux qui vous coupent le souffle littéralement. Et puis il y a Victor Del Arbol qui nous éblouit, une fois encore, avec Personne Sur Cette Terre revenant, une fois encore sur les entrelacs de la guerre civile en Espagne et de la résurgence dans le présent. On aura également exhumé La Terre Demeure de George R. Stewart, Mygale de Thierry Jonquet et Dites-leur Que Je Suis Un Homme d'Ernest J. Gaines, trois romans d'une belle intensité et de haute volée tout comme La Place Du Mort de Pascal Garnier dont on appréciera la noirceur imprégnée d'un humour sardonique. 

    IMG_3238.jpegAvec Contrebandier on saluera la collaboration entre Valério Varesi et Michèle Pedinielle nous proposant un récit se déroulant dans cette région des Alpes marquant la frontière entre la France et l'Italie. Belle surprise que Les Saules de Mathilde Beaussault, une primo romancière nous proposant une intrigue policière aux connotations rurales d'une belle singularité. Dans un genre totalement différent, il faudra absolument découvrir Bataclan Mémoires d'Olivier Roller donnant la voix avec 21 membres de Life For Paris rescapés du Bataclan livrant leurs témoignages avec pudeur et émotion. Pour en revenir aux ouvrages de la rentrée littéraire il faudra souligner des romans tels que Baignades d'Andrée A. Michaud et Le Lotissement de Claire Vesin confirmant tout le bien que l'on pense de ces romancières au talent exceptionnel. Et pour achever l'année en beauté, il convient d'évoquer Un Roi Sans Divertissement sublime roman de Jean Giono ainsi qu'Un Jardin De Sable d'Earl Thompson, une fresque âpre du Kansas de la grande dépression des années 30, d'une noirceur incandescente qui marque les esprits.

     

    Comme à l'accoutumée, il conviendra de saluer les chroniqueurs et chroniqueuses que l'on croise tout au long de l'année que ce soit à l'occasion de rencontres lors des festivals ou d'échanges sur les réseaux ou sur les blogs nous permettant de puiser sans relâche dans le vivier inépuisable de la littérature noire qui déborde parfois sur d'autres genres au gré d'une diversité salutaire. Il en sera de même pour les auteurs et les éditeurs persistant, en dépit d'une conjecture morose, à nous livrer des récits captivants qui peinent pourtant à émerger dans ce flux destructeur de publications aux standards douteux. Plus que jamais, il convient donc de défendre cette littérature que l'on aime afin qu'elle perdure et rencontre son public, ce qui n'a rien d'une évidence. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une belle année 2026 riche en belles lectures, tout en vous remerciant pour le temps que vous prenez à parcourir ce blog ainsi que pour vos retours qui m'encouragent à poursuivre cette démarche passionnante.

     

    Bonnes lectures.

     

    A lire en écoutant : Me and the Devil interprété par Soap&Skin. Single : Sugarbread. 2013 Solfo. 

     

  • FESTIVAL : QUAIS DU POLAR 2025. ON EN REDEMANDE !

    quais du polar,festival littérature policièreQue n'écrit-on pas sur le festival Quais du Polar et son aura prestigieuse rayonnant sur le milieu de la littérature noire qui attire un public de plus en plus nombreux aguiché par cette affiche éclectique d'auteurs qui rassemblent tous les genres, du roman noir au cosy mystery en passant par le fameux thriller sanglant qui régale les lecteurs en quête de sensation ou le true crime prenant un essor grandissant. 

     

    Dans un cadre somptueux, le festival prend une allure cannoise où l'on rencontre tous les représentants de la chaîne du livre dans un climat fébrile où les auteurs deviennent de véritables stars tandis qu'une foule grandissante se presse pour les dédicaces convoitées ou pour investir les salles où se déroulent des tables rondes de haute tenue. 

     

    Il faut donc saluer le staff ainsi que la horde de bénévoles souriants qui font en sorte d'assurer des prestations d'une qualité exceptionnelle afin que ce grand rassemblement dédié au polar se déroule de la meilleure des manières, sous le regard pétillant de l'infatigable Olivia Castillon qui a toujours un mot aimable, en dépit de la pression et des nombreuses sollicitations auxquelles elle doit faire face. 

     

    quais du polar,festival littérature policièreOn y croise des auteurs comme Michèle Pedinielli et Valério Varesi qui ont eu la bonne idée d'écrire un roman à quatre mains, Les Contrebandiers, publié par les éditions Points à l'occasion du festival. On retrouve  également Jérôme Leroy qui revient avec un nouveau récit noir, La Petite Fasciste, qui intègre La Manuf, une nouvelle collection de La Manufacture de Livres dirigée par l'élégant Pierre Fourniaud affichant une certaine satisfaction après avoir écouté l'émission Le Masque et La Plume où l'on encensait La Théorie de la Disparition de Séverine Chevalier qui n'était d'ailleurs pas présente au festival, ce que l'on peut regretter. 

     

    Mais il y avait tant d'auteurs que l'on a pu apercevoir comme Fabrice Tassel, Marto Pariente, Sebastien Gendron, Marin Ledun, Jacky Schwartzmann, Frédéric Paulin, Benjamin Dierstein ainsi que l'extraordinaire autrice québécoise Roxanne Bouchard qui tous  ne chômaient pas au stand des dédicaces en contribuant  à cet excédent de bagage pesant et à cette surchauffe de la carte de crédit. 

     

    quais du polar,festival littérature policièreLa Suisse était bien représentée avec Joseph Incardona et Nicolas Verdan accompagné de Caroline de Benedetti et Emeric Cloche de Fondu Au Noir, tandis que James Ellroy, fidèle à son statut de star du polar made in USA aboyait dans les travées et fustigeait les auditeurs ayant l'outrecuidance de quitter la salle d'une table ronde dédiée à sa personne en nous régalant de ses excès provocateurs, sous le regard impassible de Thierry Corvoisier qui accompagnait également Duane Swierczynski pour les éditions Rivages. 

     

    Mais dans un autre registre, il fallait écouter Attica Locke, très en verve lorsqu'il s'agissait d'évoquer les affres de l'administration Trump et qui en dépeint certains aspects dans son nouveau roman, Il Est Long Le Chemin Du Retour, clôturant la trilogie mettant en scène Darren Mathews, Texas Ranger afro-américain. 

     

    quais du polar,festival littérature policièreDurant ces trois jours, il est difficile de faire la liste de toutes les personnes que l'on a rencontré, mais il y a le noyau dur, les amis que l'on retrouve avec un certain plaisir comme Sebastien Wespiser, Yan Lespoux, Mohamed Benabed, Christophe Laurent, Laure Manceau et Muriel Poletti parvenant à se faire prendre en photo avec un James Ellroy venant de signer son 600ème ouvrage. 

     

    Bref autant dire que l'on ressort de là complètement lessivé, mais comblé de bonheur avec de nouvelles rencontres comme Lionel Destremau (que je ne confondrai plus avec Gwenaël Bulteau, promis) ou l'excellent chroniqueur Jean-Marc Deverre que je vois enfin dans la vraie vie, tout comme le libraire grand spécialiste du polar Christophe Bourgoin

     

    quais du polar,festival littérature policièreIl va de soi que j'en oublie bien d'autres, mais que voulez-vous à mon âge la mémoire devient défaillante, même si je me souviendrai longtemps de ces magnifiques moments de la 21ème édition des Quais du Polar où l'on célébrait également les 80 ans de la Série Noire nous permettant d'acquérir quelques souvenirs comme ce savon et ce sac aux couleurs de l'iconique collection. Que vouloir de plus ? Une nouvelle édition sans aucun doute.

     

     

    A lire en écoutant : Doin That Thing de Les McCan. Album : Much Less. 2005 Atlantic Recording Corp.

  • DICKER, FEUZ, VOLTENAUER & MARCEAU MILLER. LA LITTERATURE EST UN BUSINESS.

    joël dicker,marc voltenauer,nicolas feuz,le roman de marceau miller,rosie & wolfe,la martinière,istya & cie,la très catastrophique visite du zoo,ultimatumJoël Dicker : La Très Catastrophique Visite Du Zoo.


    Selon Edistat, l'estimation s'élève à près de 50'000 exemplaires vendus en une semaine faisant en sorte que, dès sa parution, le roman figure en tête du classement des meilleurs ventes, toutes catégories confondues. C'est ainsi qu'il faut évoquer l'oeuvre de Joël Dicker et notamment La Très Catastrophique Visite Du Zoo, en se focalisant davantage sur le phénomène des ventes que sur l'aspect du texte, même si l'on vous explique qu'il s'agit d'un roman à très large spectre destiné autant à la jeunesse qu'aux adultes et qu'il aborde les sujets de la démocratie, de la tolérance et de l'inclusion au gré d'une enquête assez similaire à ses précédents récits s'inscrivant sur le registre très prononcé du suspense. Que voulez-vous, on ne change pas une équipe qui gagne, ce d'autant plus que le romancier est également devenu éditeur. Pour ce qui est du contenu, on fera mention de l'aspect formaté, calibré et sans aucune once d'aspérité ou d'originalité afin de faire en sorte de plaire au plus grand nombre en s'inspirant, d'une manière plutôt lourde, des textes de Goscinny et de son fameux Petit Nicolas illustré par Sempé dont Joël Dicker aurait dissous toute la force narrative pour nous restituer une intrigue extrêmement fade, en dépit de la présence de ces enfants spéciaux se révélant plutôt ordinaires. Mais finalement peu importe le contenu, car l'ensemble des médias se rangent désormais derrière le romancier genevois qui a su faire coïncider la sortie de son nouveau roman avec cette campagne de joël dicker,marc voltenauer,nicolas feuz,le roman de marceau miller,rosie & wolfe,la martinière,istya & cie,la très catastrophique visite du zoo,ultimatumsensibilisation #11marsjelis où il diffuse notamment sur Instagram, un clip promotionnel mettant en scène une multitude de personnalités s'associant à cette démarche de lecture, ceci en collaboration avec sa maison d'éditions Rosie & Wolfe ce qui en dit long sur le redoutable sens du marketing de l'entrepreneur Joël Dicker à qui l'on ne saurait reprocher de marteler cette injonction de se plonger dans les livres, surtout les siens qu'il imprime à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires. Tout juste admettra-t-on une pointe d'agacement lorsqu'il se fait donneur de leçon en expliquant "avec modestie et humilité" que l'industrie du livre a raté quelque chose qui est de fédérer les gens avec une explication assez simpliste qui caractérise d'ailleurs ses textes. Ce côté donneur de leçon on le retrouve également dans la postface de La Très Catastrophique Visite Du Zoo où Joël Dicker s'émeut de la fermeture des librairies qu'il met sur le compte de l'érosion du lectorat sans évoquer l'augmentation des charges et bien évidemment sans mentionner la concurrence des plateformes numériques et des grandes surfaces où ses ouvrages sont abondamment mis en avant par l'entremise d'Interforum, filiale d'Editis qui diffuse et distribue sa maison d'éditons. Joël Dicker semble d'ailleurs s'être résigné quant au côté immuable de la fermeture des librairies puisque sur le site de son entreprise figure désormais un lien de la grande plateforme numérique américaine nous dirigeant vers la vente en ligne de son nouveau roman, démarche qu'il se gardait bien d'effectuer auparavant. Mais on sent bien qu'avec la parution de La Très Catastrophique Visite Du Zoo, Joël Dicker est passé sur un autre registre beaucoup plus intense du marketing, ce qu'on ne saurait lui reprocher d'ailleurs. Il faut bien vendre et tant pis pour ce qui est de l'abandon des idéaux se diluant dans des injonctions paradoxales dont il n'a pas l'apanage dans le milieu de la littérature. Et tout le monde est sur le pont, en rang serré, pour mettre en exergue la démarche entrepreneuriale de l'auteur que des lecteurs et des journalistes enthousiastes défendent avec une certaine véhémence. Ainsi, pour les détracteurs qui se pencheraient sur le contenu des textes comme ça été le cas pour La Vérité Sur L'Affaire Harry Québert, Le Livre Des Baltimore ou La Disparition De Stéphanie Mailer, la cohorte de fans de Joël Dicker vous ramènera immanquablement vers un amalgame abscons où émerge des notions comme le mépris tant de l'auteur que des lecteurs, ou comme l'élitisme qui font que l'on exècre forcément tout ce qui a trait au succès en lien avec la littérature populaire qu'il ne faudrait pas lire. Joël Dicker se lâchait d'ailleurs sur le sujet en 2012 à l'occasion d'un entretien sur la RTS, en expliquant qu'avec le succès de La Vérité Sur L'Affaire Harry Québert, il intègre "le grand club de la Suisse qui gagne" tandis que ceux qui le critiquent font bien évidemment partie "du petit club de ceux qui aiment perdre.…" On appréciera. Mais à titre de contre-exemple, on citera Zep, un autre suisse qui plus est genevois, qui a su concilier succès et popularité tout en conservant cette dimension artistique imprégnée d'audace et d'originalité tout comme Manu Larcenet et Pierre Lemaître qui ne se sont pas asséchés sous la lumière artificielle du marketing. Et puis si l'on reprend l’image des brocolis chers à Joël Dicker, on pourra expliquer que si l'on n’aime pas ce légume, il ne s'agit pas d'un manque de respect à l'égard du producteur et encore moins vis à vis de celles et ceux qui en consomment et qui le dégustent avec plaisir. Chacun mange ce qu’il veut et ce qu’il lui convient. Et pour en revenir à la littérature, il faudra souligner le fait que les personnes qui jettent comme moi, un regard critique sur l'oeuvre de Joël Dicker et tout ce qui entoure ses démarches de marketing, ne sont pas forcément toutes issues d'un pseudo sérail littéraire élitiste qui conspuerait le moindre succès qui n'a d'ailleurs absolument rien à voir avec la qualité du texte. Cela se saurait. 

     

    joël dicker,marc voltenauer,nicolas feuz,le roman de marceau miller,rosie & wolfe,la martinière,istya & cie,la très catastrophique visite du zoo,ultimatumNicolas Feuz & Marc Voltenauer : Ultimatum.


    Dans le domaine du marketing, ils n'ont rien à envier à Joël Dicker et après une petite baisse de visibilité en matière de présence médiatique à l'occasion de la parution de leurs derniers ouvrages, Nicolas Feuz et Marc Voltenaueur reviennent en force dans le paysage des médias helvétiques en publiant Ultimatum, un roman écrit en duo qui met en scène leurs personnages respectifs que sont l'inspecteur Andreas Auer et le procureur Norbert Jemsen qui vont faire face à une menace d'attentat d'envergure qui va frapper la Suisse. Là également, le contenu importe peu et l'on retrouve ce côté guide touristique de la Suisse pour les nuls, ainsi que ce côté burlesque,  quelque peu involontaire, avec des tueurs déguisés en Père Noël ou prenant le nom de personnages de dessins animés de Walt Disney tandis que le récit prend l'allure d'un thriller aux connotations complotistes avec cette propension pesante à mettre en avant la documentation qu'ils ont accumulée lors de la rédaction de l'ouvrage et qui émerge un peu trop, en  brisant ainsi le rythme d'une intrigue bancale. Il va de soi que c'est cette écriture à quatre mains qui est désormais mise en exergue que ce soit dans les articles de presse ainsi que sur les plateaux de la télévision qui ne font guère mention de la qualité du texte qui connaît, comme toujours, un certain retentissement en Suisse romande puisqu'ils figurent en bonne place dans le classement des ventes de la chaîne des librairies Payot, juste derrière un certain Joël Dicker qui leur doit peut-être une certaine inspiration en matière de marketing, puisque Nicolas Feuz et Marc Voltenauer se sont tournés bien avant lui vers le marché de la littérature jeunesse en publiant des intrigues policières pour le compte des éditions Auzou. Et la démarche n'est, de loin pas, anodine ni désintéressée, parce que ces romanciers ont bien compris qu'il s'agissait d'un marché en pleine expansion qui ne connaît pas vraiment la crise, en dépit d'un léger recul des ventes ces deux dernières années, et qu'elle contribuait à asseoir leur notoriété. Pour preuve, à l'occasion du Salon du livre à Genève, Nicolas Feuz et Marc Voltenauer seront davantage présents sur le stand Auzou pour dédicacer leurs livres jeunesses et consacreront beaucoup moins de temps à signer leur dernier thriller. Mais qu'à cela ne tienne, on ne saurait reprocher à ces deux romanciers suisses de vouloir vendre des livres, si ce n'est que de se laisser aller à une écriture formatée avec une absence de style assez caractéristique qui se décline au gré de chapitre extrêmement courts. 


    joël dicker,marc voltenauer,nicolas feuz,le roman de marceau miller,rosie & wolfe,la martinière,istya & cie,la très catastrophique visite du zoo,ultimatumLe Roman De Marceau Miller


    Mais l'incarnation du coup marketing littéraire dans ce qu'il y a de plus dévoyé revient, pour ce début d'année 2025, aux éditions de La Martinière publiant Le Roman De Marceau Miller qui prend pour cadre les bords du lac Léman, non loin de la Suisse. Est-ce un signe ? Une prolifération de ce qui se fait de plus mauvais en matière de littérature industrielle dans la région ? Toujours est-il que l'argument de vente réside dans l'identité mystérieuse de l'auteur dont on se garde bien de nous dévoiler le nom, histoire de nous faire un peu frémir, tandis que l'éditrice surenchérit en nous  assurant que les droits à l'étranger font l'objet d'enchères ou de préemptions émanant d'une multitude de maisons d'éditions prestigieuses, mais dont on ne voit toujours pas l'issue. On parle de montants à "6 chiffres" voire même “7 chiffres" sur le site dédié à ce fameux Marceau Miller. Avec de tels effets d'annonce, il va de soi que journalistes et influenceurs éclairés se sont engouffrés dans la brèche pour brandir ce qui apparaît pour eux comme un nouveau phénomène éditorial à venir, ceci bien évidemment dans le cadre de collaborations commerciales rémunérées. Alors pour s'extraire de l'enfumage autour de ce roman aux chiffres vertigineux, on notera que selon les éléments fournis par Edistat, la vente cumulée des ouvrages s'élève à 9'099 exemplaires depuis sa parution au 17 janvier 2025 (performance honorable sans être faramineuse), qu'il s'est classé à la 116ème position des meilleurs ventes durant la première semaine avant de disparaître du classement et que l'on se demande dès lors, au vu de la muraille de livres qui trônent dans les grandes chaînes de librairie, combien d'entre eux finiront au pilon. Mais rien n'est encore perdu, on garde espoir. Néanmoins, pour revenir au contenu, on dira, à la lecture de ce texte laborieux, que l'on comprend que son auteur ait souhaité rester anonyme : la honte sans aucun doute, conjuguée à une mythomanie exacerbée qu'il ne faudrait cependant pas trop afficher. Désireux de lever le voile de cet anonymat, on fustigera celles et ceux qui ont voulu en attribuer la paternité à une application de l'intelligence artificielle qui aurait sans doute fait beaucoup mieux que ce condensé d'inepties reprenant les fameux codes du thriller haletant, ce qui n'est pas forcément  un gage de qualité de nos jours. On remarquera, entre autre, qu'en guise de documentation, l'auteur s'est probablement appuyé sur Google Maps en prenant soin de donner la référence de chacune des routes empruntées par les protagonistes d'une mauvaise intrigue dont on peut survoler de nombreux passages tant ils apparaissent aussi répétitifs que dépourvus d'intérêt, sans que cela ne pérore cette lecture fastidieuse, bien au contraire.

     


    Joël Dicker : La Très Catastrophique Visite Du Zoo. Editions Rosie & Wolfe 2025.

    Nicolas Feuz & Marc Voltenauer : Ultimatum. Editions Istya & Cie 2025.

    Anonyme : Le Roman De Marceau Miller. Editions La Martinière 2025.

    A lire en écoutant : I'll Stay Here de Balthazar. Album : Applause. 2010 Maarten Devoldere / Jinte Dprez.

  • Mise au point 2025

    IMG_0493.jpegEt voilà que l'on s'achemine déjà vers les quatorze ans d'existence de ce site dédié principalement à la littérature noire, même si j'ai pu parfois m'écarter du mauvais genre pour m'aventurer vers d'autres univers littéraires comme le western, le fantastique et l'anticipation. Ainsi, au terme de cette année où les chroniques ont été plus nombreuses qu'à l'accoutumée, il convient de se remémorer l'ensemble des ouvrages que j'ai pu lire durant cette période en évitant les sempiternelles classements des meilleurs romans de l'année qui n'ont pas beaucoup de sens en ce qui me concerne. Je vous ferai grâce également des bilans comptables portant sur le nombre de livres que l’on peut lire durant l'année ainsi que sur le total des pages parcourues. Il en va de même pour les statistiques du blog dont je me moque éperdument. Néanmoins, dans un souci de confort pour vos recherches, outre les classements par genre et par pays, ainsi qu'un florilège des séries emblématiques de la littérature policière, vous trouverez désormais un index plus élaboré par auteur où figurent les liens des ouvrages que j’ai eu l’occasion d'évoquer.  

     

    IMG_0494.jpegC'est devenu une tradition que de débuter l'année avec une publication de Rivages/Noir nous proposant Qui Après Nous Vivrez d'Hervé Le Corre qui nous a entraîné dans le registre crépusculaire d'un monde, pas si lointain que ça, qui s'effondre au gré de perspectives qui n'ont finalement rien d'une dystopie tout comme Le Déluge de Stephen Marklay dont le réalisme a marqué tous les lecteurs. Mais pour en revenir à Hervé Le Corre, on a pu également se pencher sur l'ensemble de son oeuvre qu'il passe en revue au gré d'un entretien conduit par Yvan Robin et publié par Playlist Society et qui s'intitule Hervé Le Corre, Mélancolie Révolutionnaire. Dans un tout autre registre, l'année a également débuté avec un polar politique passionnant, La Résistance Des Matériaux de François Médéline qui décortique les méandres des arcanes du pouvoir en s'inspirant de l'affaire Cahuzac. Pour ce qui du domaine du roman policier historique on a pu apprécier Passage De l'Avenir, 1934 d'Alexandre Courban explorant le Paris des années 30 dans le 10ème arrondissement, Malheur Aux Vaincus de Gwenael Bulteau qui nous emmène en Algérie au début des années 1990 et toujours dans le registre historique, mais davantage porté sur le plan de l'espionnage et du récit d'aventure, on a pu se rendre en Indochine avec Les Dames De Guerre de Laurent Guillaume. Plus roman noir que policier, mais toujours dans le registre de l'histoire, il faut découvrir Les Dernières Karankawas explorant les stigmates de la ville de Galveston au Texas régulièrement frappée par des ouragans ainsi que Le Tumulte Et L'Oubli de Timothée Demeillers qui passe en revue l'histoire méconnue de la région des Sudètes dont on a découvert les aléas à hauteur de femmes et d'hommes ordinaires que les événements ont bouleversé à tout jamais. Et puis il y a Vine Street, premier roman magistral de Dominic Nolan où l'on a arpenté les entrelacs d'un quartier populaire de Londres à la recherche d'un tueur sévissant notamment durant la période du Blitz. Il ne faudrait pas oublier non plus Ténèbres Et Compagnie de l'auteur lituanien Sigitas Parulskis qui met à jour les terribles événements de la Shoah dans son pays au gré d'un récit glaçant alors que Frédéric Paulin s'est lancé dans les méandres de la guerre du Liban dont il décortique les vicissitudes avec la maîtrise qu'on lui connait, dans Nul Autre Que Mon Frère, premier roman d'une trilogie à venir.

     

    IMG_0495.jpegPour cette année 2024 on a pu apprécier les retour de Marion Brunet avec Nos Armes, roman noir bouleversant tout comme Madeleine Avant L'Aube de Sandrine Colette et Les Âmes Féroces de Marie Vingtras. Il faut souligner également Jour De Ressac de Maylis de Kerangal qui s'aventure aux lisères du mauvais genre et qui sera présente aux Quais du Polar à Lyon. A l'occasion de ce festival, la Suisse sera représentée par Nicolas Verdan dont on a pu apprécier Cruel, et par Joseph Incardona qui a marqué les esprits avec Stella Et L'Amérique. Pour rester sur le registre du polar helvétique, il faut s'intéresser à Dormez en Peilz d'Emmanuelle Robert qui nous invite à explorer les profondeurs du lac Léman tandis que l'on a retrouvé la région de Fribourg sur un registre légendaire avec La Nuit Montre le Chemin d'Olivier Beetschen. Et l'on ne manquera pas de signaler l'éblouissant retour de Jean-Jacques Busino, avec Le Village tout comme celui de Gabriela Zalapi avec Ilaria, Ou La Conquête De La Désobéissance.

     

    IMG_0496.jpegParmi les séries policières on a retrouvé avec plaisir le capitaine Wyndham et le sergent Banerjee dans Les Ombres De Bombay d'Abir Mukherjee ainsi que le commissaire Soneri qui continue d'arpenter les rues de la magnifique ville de Parme dans La Stratégie Du Lézard de Valério Varesi. Autre série que l'on apprécie tout autant en se déroulant Cracovie à la fin du XIXéme siècle, on saluera le retour de Zofia Turbotyńska dans Le Rideau Déchiré de Maryla Szymiczkowa et que l'on peut déjà retrouver dans Séance à la Maison Egyptienne que je n'ai pas encore lu. Il faut encore évoquer Hôtel Carthagène de Simone Buchholz nous permettant de retrouver la procureure Chastity Riley que l'on apprécie tant. Ce n'est pas à proprement parler une série, mais l'on croise quelques personnages récurrents dans Colère d'Arpad Soltész au gré d'un texte ébouriffant et percutant où l'on explore une nouvelle fois les revers de la société slovaque. Cap sur l'Irlande du nord durant la période des Troubles avec Des Promesses Sous Les Balles d'Adrian McKinty, où évolue le génialissime inspecteur Sean Duffy, Et pour finir, Benoît Severac met une nouvelle fois en scène le commandant Cérisol dans Le Bruit De Nos Pas Perdus alors que l'on croise une seconde fois Mick Hardin dans Les Fils De Shifty de Chris Offutt. Il en va de même pour le détective afro-américain Toussaint Marcus Moore qui va officier du côté du Mexique et dont on découvre une dernière fois les aléas à la lecture de  La Mort Du Toréro d'Ed Lacy.

     

    IMG_0497.jpegPour revenir en France, on a apprécié également le retour d'auteurs emblématiques du mauvais genre tels que Sébastien Gendron qui exprime, avec cette tonalité caustique qui le caractérise, tout le bien qu'il pense de la chasse avec Chevreuil alors que Christian Roux nous a entrainé dans un périple à travers le pays afin de retrouver le magot perdu d'un braquage avec le jubilatoire Fille De. Si le texte est bref, il importe d'évoquer En Campagne de Séverine Chevalier qui parvient toujours à nous saisir au gré d'une intrigue foudroyante nous permettant également de découvrir la magnifique maisonnette Ours Editions dans laquelle on retrouve également Michèle Pedinielli et Sébastien Gendron pour ne citer que quelques auteurs que compte la collection. Olivier Truc est également de retour avec Le Premier Renne que je n'ai toujours pas lu, mais dont j'ai apprécié cette année Les Sentiers Obscurs De Karachi. Colin Niel est revenu avec Wallace, suite poignante de Darwyn, et se déroulant toujours en Guyane alors que Hannelore Cayre a divisé la chronique avec Les Doigts Coupés, génial roman noir préhistorique. De Neige Et De Sang de Sébastien Vidal a suscité l'enthousiasme de cette belle années 2024 et même s'il est belge, il ne faudrait pas oublier Un Parfum D'Innocence de Patrick Delperdange. 

     

    Parmi les premiers romans extrêmement marquant il faut mettre en exergue Terres Promises de Bénédicte Dupré Latour, Une Trajectoire Exemplaire de Nagui Zinet, La Sagesse De L'Idiot de Marto Pariente, Tornade de Simon Fichet et Blanches de Claire Vesin. Et même s'il ne s'agit pas de son premier roman, il faut absolument lire La Casse d'Eugenia Almeida.

     

    Dans les poids lourds de la littérature que l'on apprécie énormément, il importe de mentionner David Peace avec Patient X ainsi que l'auteur croate Jurica Pavicic qui ne fait que confirmer tout le bien que l'on pense de lui avec Mater Dolorosa. On ne manquera pas de mentionner également deux adaptations en BD qui ont fail l'événement, que ce soit La Route mis en image par l'impressionnant Manu Larcenet ainsi que La Neige Etait Sale de Yslaire et Jean-Luc Fromental.  

     

    Du côté des Etats-Unis, l'année a débuté sur un registre fantastique avec Les Vagabonds de Richard Lange crépusculaire récit vampirique avant de se poursuivre avec le genre du western tout aussi sombre à l'occasion de la réédition du Sang Des Cieux de Kent Wascom. Dans un tout autre domaine, il faut lire Il S'Appelait Doll de Jonathan Ames qui nous emmène du côté de Los Angeles sur les traces d'un détective atypique. Puis l'on s’est aventuré du côté de Denver avec  l'impressionnant Dead Star de Benjamin Whitmer. Et c’est la ville de Philadelphie des années 80 que l’on a parcouru avec le magnifique Croire En Quoi ? de Richard Krawiec. Il ne fallait pas non plus manquer les retours de David Joy avec Les Deux Visages Du Monde et de son mentor Ron Rash qui nous a impressionné une nouvelle fois avec Une Tombe Pour Deux. Et pour conclure, il faut saluer Tifanny McDaniel et James Ellroy qui ont également divisé la critique que ce soit avec Du Côté Sauvage pour l'une et avec Les Enchanteurs pour l'autre qui s'affirment dans des styles sortant résolument de l'ordinaire.

     

    IMG_0503.jpegEn mettant de côté la course aux nouveautés, je ne peux que vous recommander de lire l'oeuvre de Leonardo Sciascia dont j'ai évoqué l'intelligence rare avec Le Chevalier Et La Mort, son avant-dernier roman publié avant sa mort en 1989. Il ne faudrait pas manquer non plus Sambre, impressionnant récit journalistique d'Alice Géraud qui se penche sur le parcours des innombrables victimes d'un violeur sévissant en toute impunité dans la région de la Sambre durant plusieurs décennies.


    Que ce soit sur les réseaux, par messages ou à l'occasion de rencontres dans les librairies ou à l'occasion de festivals dédiés au genre, je tenais à vous remercier pour tous ces moment de partage passionnants ainsi que pour la confiance que vous m'accordez que ce soit les lectrices et lecteurs bien évidemment, les chroniqueuses et chroniqueurs en tout genre (je déteste le terme influenceur) mais également les autrices et les auteurs ainsi que les équipes des éditrices et éditeurs qu'ils soient indépendants ou non, tout comme les libraires enthousiastes. Au plaisir donc de vous retrouver quel que soit l'endroit afin d'évoquer avec ferveur cet intérêt commun pour la littérature noire qui dépasse souvent les frontières du genre.

     

    Bonnes lectures

     

    A lire en écoutant : In Every Dream Home a Heartache de Roxy Music. Album : For Your Pleasure. 1999 Virgin Records Limited.

  • Nouvelles du front : Jean-Jacques Busino - Emmanuelle Robert - Olivier Beetschen - Stéphanie Glassey/Chrysotome Gourio - Séverine Chevalier - Jérémy Bouquin - Sébastien Gendron - Michèle Pedinielli.


    séverine chevalier,jérémy bouquin,sébastien gendron,jean-jacques busino,emmanuelle robert,olivier beetschen,stéphanie glassey,chrysotome gourio,michèle pedinielli,a l’envers,les fatals en concert,1976,tu m’as bien vu !,une campagne,ego te absolvo,le cortège,le chien,ours éditions,le journal le persilAvec Léman Noir, recueil rassemblant des nouvelles d'auteurs romands confirmés, Marius Daniel Popescu est sans doute l'un des acteurs qui a contribué à l'essor de la littérature noire en Suisse Romande. Ecrivain et poète, il est également le fondateur en 2004 du journal littéraire Le Persil, lui permettant de diffuser ses textes, mais qui devient rapidement la tribune libre des auteur novices et confirmés de la Suisse romande. 

     

    Pour l'édition de février 2024, c'est Jean-Jacques Busino qui figure en première page avec Ego Te Absolvo, sublime texte sensible abordant le thème de la fin de vie et de l'euthanasie avec un narrateur passant en revue sa vie de couple, tandis que sa compagne agonise. Comme séverine chevalier,jérémy bouquin,sébastien gendron,jean-jacques busino,emmanuelle robert,olivier beetschen,stéphanie glassey,chrysotome gourio,michèle pedinielli,a l’envers,les fatals en concert,1976,tu m’as bien vu !,une campagne,ego te absolvo,le cortège,le chien,ours éditions,le journal le persiltoujours pour l'auteur de Un Café, Une Cigarette (Rivages/Noir 2017) et de Le Ciel Se Couvre (BSN Press 2022), on décèle dans cette nouvelle la
    quintessence de l'humanité de ses personnages extravagants entre ombre et lumière, autour de l'élaboration d'un monde enchanteur qui scelle la complicité d'un couple avec un vieux charpentier quelque peu bourru. 

     

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    Jean-Jacques Busino : Ego Te Absolvo. Journal Le Persil. Février 2024.

    Olivier Beetschen : Le Cortège. Journal Le Persil. Février 2024.

    Emmanuelle Robert : Le Chien. Journal Le Persil. Février 2024.

    Stéphanie Glassey/Chrysotome Gourio : Les Fatals En Concert. Ours Éditions. Collection Tête/Bêche 2024.

    Séverine Chevalier : Une Campagne. Ours Editions. Cousu-Main 2024.

    Jérémy Bouquin : Tu M'As Bien Vu ! Ours Editions. Cousu-Main 2023.

    Sébastien Gendron : 1976. Ours Editions. Cousu-Main 2023.

    Michèle Pedinielli : A L'Envers. Ours Editions. Cousu-Main 2023.

    A lire en écoutant : Pendant Que Les Champs Brûlent de Niagara. Album : Religion. 2010 Polydor