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  • VALERIO VARESI : LA PEUR DANS L'ÂME. LE BAFFARDELLO.

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    Service de presse.

    Parce qu'il est étroitement associé à la destinée et au succès de cette maison d'éditions indépendante célébrant ses dix ans d'existence, il n'était pas question de célébrer l'événement sans lui. En 2016, c'était donc avec Le Fleuve Des Brumes de Valério Varesi que l'on découvrait un auteur italien ainsi qu'un éditeur français illustrant au cours de cette décennie passée des notions de fidélité et d'amitié qui ne se sont jamais démenties pour devenir l'ADN de l'entreprise qui s'illustrera avec des publications notoires que Nadège Agullo et Sebastien Wespiser ont relayé sans relâche en se tenant aux côtés de leurs auteurs que ce soit lors des festivals ou à l'occasion  de rencontres en librairie. Ainsi, hormis la parution en hiver du premier opus, c'est au printemps que l'on a pris l'habitude de retrouver le commissaire Soneri, devenu l'un des personnages emblématiques de la littérature noire au gré d'une série d'enquêtes prenant pour cadre la ville de Parme dont l'atmosphère brumeuse, parfois fiévreuse, déborde sur les étendues de la plaine du Pô, jusqu'aux contreforts du massif des Apennins pour s'aventurer jusque sur les bords de la mer de Ligurie. Présenté bien souvent comme le Maigret italien, le commissaire Franco Soneri partage avec son homologue français une certaine appétence pour la bonne chère  que Valerio Varesi met en scène avec un certaine délicatesse qui ne manquera pas de vous faire saliver à l’évocation de ses escapades gourmandes chez son ami Alceste, aubergiste talentueux, mettant en avant les beaux produits de cette région de l’Emilie-Romagne, véritable berceau de la gastronomie italienne. Mais on ne saurait définir la personnalité de  Soneri à ces instants  culinaires chaleureux alors que cet enquêteur chevronné s’affirme dans la complexité de ses interrogations quant à l’environnement social et politique qui l’entoure en se déclinant bien souvent sur le registre de conversations aux connotations philosophiques en fonction des interlocuteurs qu’ils côtoient au fil d’enquêtes incertaines dont la finalité s’inscrit parfois dans une espèce désarroi latent qui malmène l’ensemble de ses convictions. Ainsi, au fil de ces dix enquêtes, Valério Varesi dresse un portrait lucide et sans fard de son pays où il est souvent question de ces réminiscences du facisme, plus que d'actualité, pour celui qui a officié comme journaliste au sein de La Repubblica après l'obtention d'un diplôme en philosophie à l'université de Bologne. Mais la singularité des enquêtes que conduit cet enquêteur mélancolique, réside dans le fait que la résolution du crime n'a rien d'une finalité utopique où tout rentrerait dans l'ordre, bien au contraire, puisqu'il demeure toujours une part d'incertitude comme en témoigne La Peur Dans L'Âme, nouvel opus de la série, où Valerio Varesi s'ingénie à décortiquer les mécanismes du sentiment d'insécurité qui prévaut dans cet environnement alpin des Apennins, cadre de villégiature estival du commissaire Soneri et de sa compagne Angela, qui vont se confronter aux craintes les plus irrationnelles des habitants du village où ils séjournent, jusqu'à la disparition d'un jeune homme qui va susciter bien des émois.

     

    valerio varesi,la peur dans l’âme,éditions agullo,parution 2026,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,roman policier,polar italien,lecture 2026,chronique littéraire,littérature italienneAfin de fuir les chaleurs estivales étouffant la ville de Parme, le commissaire Soneri a pris quelques jours de vacances en louant une maison à Montepiano dans les hauteurs des Apennins où il aspire à trouver un peu de calme et de fraîcheur en compagnie d’Angela, sa compagne qui n’apprécie guère le chant des grillons. Mais bien vite se sont des cris qui vont résonner dans cette contrée montagneuse où l’on retrouve un villageois blessé à la jambe et qui se trouve dans l’incapacité de s’exprimer pour livrer quelques explications quant à la nature de cette plaie par balle.  Et puis ce sont les carabiniers qui débarquent dans la région afin de traquer Vladimir, un criminel serbe extrêmement dangereux qui semble avoir trouvé refuge dans les forêts environnantes. Ainsi, tandis que les loups hurlent dans la nuit, les habitants se terrent dans leur maison en proie aux pires craintes qui affectent leur raison et aiguisent leurs soupçons en altérant leurs rapports avec les autres. C’est donc une peur grandissante qui plane sur l’ensemble de la communauté tandis que le bandit serbe devient une espèce de monstre bien commode, coupable idéal des délits qui se produisent dans les environs. Même si cela n’est pas dans ces prérogatives, Soneri va offrir son aide aux autorités du village dépassées par des événements  qui prennent de plus en plus d’ampleur en mettant à jour la vulnérabilité d’habitants cherchant à dissimuler leurs petits secrets bien gardés dans une conjugaison de mensonges et de mesquineries qui vont générer bien des tensions. Et pour ne rirn arranger, il y a cette disparition d’un jeune du village qui suscite les plus vives inquiétudes.

     

    valerio varesi,la peur dans l’âme,éditions agullo,parution 2026,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,roman policier,polar italien,lecture 2026,chronique littéraire,littérature italienneAvec Valerio Varesi, il y a toujours une remise en question du schéma narratif et des thèmes abordés afin de faire en sorte que le lecteur n’éprouve pas de lassitude et qu’il n’ait pas cette sensation de déjà lu, ce qui n’a rien d’une évidence lorsque l’on côtoie ces personnages depuis dix ans que l’on retrouve pourtant toujours avec autant de plaisir. A la lecture de ce onzième opus, La Peur Dans L’Âme, on s’éloigne donc des rues sinueuses de la ville de Parme, pour prendre possession de ce village de Montepiano, sur les hauteurs des Apennins, où Soneri séjourne durant ses vacances estivales en compagnie d’Angela dans ce qui va apparaître comme un huis-clos montagnard chargé de tension. C’est l’occasion pour le lecteur de découvrir davantage d’aspects de l’intimité de Soneri qui ne pourra donc compter sur l’appui de son équipe d’enquêteurs qui n’apparaissent que de manière sporadique, par l’entremise de quelques conversations téléphoniques. N’étant pas dans sa juridiction, le commissaire va donc côtoyer les Carabiniri chargés de deux enquêtes que sont la disparition d’un jeune du village et la traque d’un criminel étranger ayant trouvé refuge dans les forêts des environs ce qui nous donne l’occasion de découvrir deux personnages aux caractères foncièrement dissemblables, ce qui ne manquera pas de pimenter une intrigue particulièrement réussie. Avec des lumières étranges apparaissant dans les hauteurs ponctuées de cris humains et de hurlements de loups, Valerio Varesi instille un climat de peur qui plane sur cette petite communauté villageoise, ce qui lui permet de dresser quelques portraits particulièrement aboutis à l’instar de  Tilò ce muletier bourru, quelque peu porté sur la boisson, parcourant les forêts, en quête de bois qu’il livre pour les trattoria de la région et qui ne manque pas d’un certain panache. Mais bien plus que d’instaurer cette atmosphère pesante, Valerio Varesi va explorer et décortiquer les mécanismes de ce sentiment d’insécurité vecteur de peur bien évidemment, mais également de rejet  qui va s’incarner avec ce criminel serbe allégorie de cette crainte de l’étranger forcément source de tous les maux de ces villageois rongés d’angoisse. Et c’est de cette angoisse que va se mettre en place une tragédie extrêmement bien menée qui s’inscrit dans une atmosphère délétère qu’un romancier comme Ramuz n’aurait pas renié, ce d’autant plus qu’apparaissent aux cours du récit quelques figures inquiétantes du folklore local, alimentées par les anciens du village.  Tout cela s’articule donc au détour de deux enquêtes dont on se gardera d’en dire trop afin de ne pas dévoiler certains aspects d’une intrigue dont la résolution demeure toujours incertaine jusqu’aux dernières lignes d’un récit où le commissaire Soneri apparait comme résigné à ne pas toujours pouvoir saisir les motivations qui animent les auteurs des crimes qu’il doit résoudre avec ce sentiment d’inachevé qui l’habite. Ainsi, La Peur Dans L’Âme se décline dans les fondements de la personnalité d’un commissaire Soneri toujours aussi tourmenté que mélancolique sans ce qui apparaît dans conteste comme l’une des meilleures intrigues de la série.

     

     

    Valerio Varesi : La Peur Dans L'Âme (La Paura Nell'Anima). Editions Agullo 2026. Traduit de l'italien par Gérard Lecas.

    A lire en écoutant : Anybody Gonna Move de William Z. Villain. Album : William Z. Villain. 2017 DesTours.

  • NICOLÁS FERRARO : ÁMBAR. CICATRICE.

    Capture d’écran 2026-04-25 à 12.52.41.pngIl est souvent question de réalisme magique, lorsque l’on évoque la littérature sud-américaine, s’agissant d’un courant littéraire dépassant la cadre des frontière et qui s’incarne notamment dans l’oeuvre de quelques personnalités de ces contrés lointaines à l’instar du romancier colombien Gabriel Garcia Márques, bien évidemment, même si l’on peut également mentionner Carlos Fuentes, écrivain mexicain, de l’argentin Jorge Luis Borges et d’Isabel Allende originaire du Chili. Mais on parlera plutôt de réalisme social, parfois âpre, imprégné de dureté s’incarnant dans une littérature noire assez brutale s’employant à dénoncer les carences des crises économiques, les affres des dictatures, la corruption et la violence qui en découlent en frappant les populations les plus précaires. Autant de sujets sensibles prenant pour décor des territoires méconnus comme cette ville de Belém, à la lisière de la forêt amazonienne qui revient dans chacun des romans du brésilien Edyr Augusto dont Pssica (Asphalte 2017) qui a fait l’objet d’une adaptation pour une série Netflix, ou de Santiago, capital du Chili qui devient le terrain de jeu de Santiago Quiñones, un inspecteur survolté, que Boris Quercia met en scène dans une trilogie déjantée. Il faut également mentionner Managua, capitale du Nicaragua qui devient le théâtre des enquêtes de l’inspecteur Dolores Morales se déclinant également sur l’espace d’une sombre trilogie de Sergio Ramirez.  Pour ce qui est des thèmes sensibles, les femmes ne sont pas en reste puisque la brésilienne Patricia aborde dans Celles Qu’On Tue (Buchet-Chastel 2024), le sujet des violences faites aux femmes tandis qu’Eugenia Almeida fait rejaillir les relents du passé dictatorial de l’Argentine que l’on perçoit dans La Casse (Métailié 2024) et plus particulièrement dans L’Echange (Métailié 2016). On retrouve un peu de tout cela dans le catalogue de la collection Rivages/Noir nous permettant de nous rendre à Buenos Aires avec Ernesto Malo ou à Mexico en compagnie de Paco Ignacio Taibo II, et plus récemment, dans les contrée perdues du nord de l'Argentine, à la frontière du Brésil et du Paraguay, lieu propice de toutes les contrebandes, comme on l'a découvert dans Notre Dernière Part De Ciel (Rivages/Noir 2023), premier roman traduit en français de Nicolás Ferraro, qui prend l'allure d'un western où l'on croise toute une multitude d'individus coriaces réglant leurs comptes dans une déflagration de violence sèche et brutale, sur fond de trafic de drogue, objet de toutes les convoitises. C'est dans cette même région "de nulle part" qu'évolue Ámbar, une jeune fille de 15 ans, qui donne son nom à ce second roman marquant donc le retour de ce jeune romancier que l'on considère déjà comme l'une des grandes voix du néo-noir argentin et qui officie également comme coordinateur des littérature policière de la bibliothèque nationale du pays.

     

    nicolas ferraro,ambar,éditions rivages,littérature noire,roman noir,roman argentin,blog littéraire,chronique littéraire,blog mon roman noir et bien serré,parution 2026,littérature sud américaineCe qu'Ámbar sait faire de mieux à 15 ans, c'est cautériser les blessures de son père qui vient de se prendre une balle dans le bras. Il faut dire que Víctor Mondragón est un truand peu commode que ne fait guère de cadeaux à ses adversaires. Quand bien même, la jeune adolescente aspire à une autre vie, plus en phase avec son âge, qui la dispenserait d'endosser de fausses identités ou de séjourner dans des motels pourris sans jamais avoir d'attache du fait de déménagements aussi fréquents que soudains. Mais les choses ne vont pas s'arranger puisque Víctor s'est mis en tête de venger son meilleur ami qui a perdu la vie lors d'un règlement de compte plutôt sanglant où lui même a été blessé. Ainsi, père et fille se lancent sur les routes cabossées de cette partie reculée de l'Argentine, en quête de renseignements afin de localiser son adversaire qui s'est mis à l’abri et qui semble bénéficier de quelques appuis. Mais cela importe peu, car si les personnes ne se montrent pas assez coopérantes, Victor Mandragon peut faire preuve d'une grande force de persuasion afin de les inciter à changer d'avis. C'est comme cela qu'Ámbar va apprendre à connaître davantage son père. Pas de quoi se réjouir.

     

    nicolas ferraro,ambar,éditions rivages,littérature noire,roman noir,roman argentin,blog littéraire,chronique littéraire,blog mon roman noir et bien serré,parution 2026,littérature sud américaineDans ce texte, Nicolás Ferraro met en place une intrigue qui s’articule autour des rapports entre une fille et son père, un truand sans pitié qui l’entraine dans son parcours punitif, en quête de celui qui a assassiné son partenaire. En adoptant exclusivement le point du vue d’Ámbar tout au long de l’intrigue, on percevra la violence, les interrogatoires musclés ainsi que les règlements de compte d’une manière un peu plus édulcorée, même si le regard que la jeune fille porte sur son environnement est sans illusion et dépourvu de la moindre naïveté. Confrontée à ce monde de malfrats, Ámbar en adopte certains codes, afin de soutenir un père auquel elle est irrésistiblement attachée en dépit  de la rudesse dont il fait preuve envers elle, imprégnée malgré tout d’une certaine forme de tendresse. Mais tout au long de ce parcours à la fois tonitruant et mélancolique, il sera question de désillusion, de déception et même de trahison qui nous entrainent sur un tout autre registre que le road-movie sanglant auquel on pourrait s’attendre. Et même si une partie de l’intrigue demeure un peu convenue, et même si l’ensemble du roman manque parfois de tonus, on relèvera cette dichotomie entre la perception d’une adolescente pleine d’espoir et l’univers impitoyable dans lequel l’entraîne son père. Ayant perdu sa mère, Ámbar se révèle dans les rapports qu’elle entretient avec cet homme à la fois rude et maladroit qui apparaît comme une légende pesante dont elle aspire à s’émanciper en dépit de l’affection qu’elle lui porte. C’est tout l’enjeu de ce récit dont on appréciera la tension omniprésente émanant notamment de ces confrontations avec des adversaires peu commodes qui semblent tout aussi empruntés lorsqu’ils côtoient cette jeune fille au caractère bien trempé, à l’image de son père que tout le monde semble redouter. Et puis, sans trop en dévoiler, il faut bien reconnaître que Nicolás Ferraro parvient à nous offrir quelques rebondissements inattendus qui viennent faire en sorte que l’on s’achemine sur un dénouement un peu plus surprenant qu’il ne le laissait paraitre. Il résulte de tout cela un roman à la fois brutal et émouvant à l’image d’Ámbar, cette jeune fille dotée d’une forte personnalité et  à laquelle on ne peut manquer de s’attacher.

     


    Nicolás Ferraro : Ambar. Editions Rivages/Noir 2026. Traduit de l'espagnol (Argentine) par Alexandra Carrasco & Georges Tyras.

    A lire en écoutant : Devolva-Me d'Adriana Calcanhotto. Album : Público. 2000 Sony Music Entertainment Brasil Ida.

  • Yvan Robin : Bagarre / Lionel Destremau : Voir Venise… Nuits d’enfer.

    IMG_3567.jpegIl y a indéniablement l’amour des beaux textes qui réunit ces deux romanciers de la littérature noire et probablement toute une multitude d’autres points communs que l’on pourrait évoquer dans leurs parcours d’écriture à l’instar de leurs dernières publications respectives s’inscrivant toutes deux dans un format court pour décliner le thème de la soirée qui va mal tourner. On connaît Yvan Robin pour sa passion du mauvais genre qu’il  met en avant par le biais de ses romans dont Après Nous Le Déluge (J’ai Lu 2023), intrigue apocalyptique aux relents de fin du monde, à la fois âpre et poétique, mais aussi d’autres publications comme cette passionnante rétrospective de l’oeuvre d’Hervé Le Corre, dont on prend la mesure au gré d’un entretien fleuve incisif que l’on retrouvera dans Hervé Le Corre, Mélancolie Révolutionnaire (Playlist Society 2024). Critique littéraire, poète, éditeur et directeur du festival Livre en poche qui se tient chaque année à Gradignan, Lionel Destremau est notamment l’auteur de Gueules D’Ombre (La Manufacture de livres 2022) et de Jusqu’à La Corde (La Manufacture de livres 2023), deux romans prenant pour cadre la ville fictive de Carena, tandis qu'Un Crime Dans La Peau (La Manufacture de livres 2025) s’affiche comme le récit romancé d’un fait divers se déroulant dans le Lyon des années trente, en s’attachant au parcours de deux marginaux cherchant à s’extraire de leur condition.  C’est d’ailleurs autour d’un récit également romancé que prend forme Bagarre, nouveau roman d’Yvan Robin relatant par le menu détail l’affrontement dantesque qui s’est déroulé dans un établissement de Jonzac, en Charente-Maritime, qui a été littéralement mis à sac tandis qu’avec Voir Venise… de Lionel Destremau, c’est dans un palais de la Sérénissime que l’on va assister aux libations de nantis qui va virer au jeu de massacre en heurtant de plein fouet une modeste famille de touristes.

     

    IMG_4179.pngRésumé de Bagarre:

    Du côté de Jonzac, Sauveur fait partie de la communauté de gitans implantés depuis des lustres dans la région. Après avoir reçu une magistrale mandale  qui lui a démonté la mâchoire, c’est peu dire qu’il entretient une certaine rancoeur à l’égard de Virgile, le videur du Canotier, un établissement de la ville prisé pour ses karaokés endiablés du samedi soir, qui avait refusé de le laisser rentrer.  Mais les semaines ont passé et pour célébrer la fin des vendanges avec ses cousins, Sauveur est de retour en comptant bien profiter de la soirée. Pourtant, malgré la patience du patron, les gestes et comportements déplacés s’enchaînent au grand dam de Virgile qui va devoir recruter ses potes de toujours, avides de bagarre, pour faire en sorte de virer manu militari toute la clique imbibée d’alcool et de coke. Autant dire que la tâche ne va pas être facile alors que le pugilat tourne à la bataille rangée s’égrenant tout au long d’une nuit qui promet d’être longue.

     

    En publiant un texte chez In8, Yvan Robin intègre donc la collection Polaroïd, un format court, dont le directeur n’est autre que Marc Villard, grand façonnier de la nouvelle noire, qui a rassemblé toute une multitude d’auteurs qui se sont éprouvés à ce format bref, pour capter l’instantané du fait divers à l’instar de Nicolas Mathieu, de Jean-Bernard Pouy, de Marion Brunet, de Laurence Biberfeld, de Jérémy Bouquin, de Marcus Malte et encore bien d’autres qui comptent au sein de ce que l’on sait faire de beau dans la littérature noire. S’inspirant d’un fait divers datant de 1999 qui a marqué le bourg de Jonzac où il a vécu, Yvan Robin passe par le menu détail tous les aléas d’une bagarre dantesque débutant au Canotier, un bar karaoké de la ville, pour déborder, durant la nuit, dans les quatre coins de la localité. Ayant rassemblé, 25 ans plus tard, les points de vue des protagonistes de l’événement, il déclinera, sous une forme romancée bien tendue, tous les enchainements de ce conflit nocturne qui ne semble pas vouloir prendre fin et qui s’inscrit dans une dimension sociale où l’on passe en revue tout ce petit monde de la nuit qui se côtoie, mais où l’on perçoit quelques ressentiments sous-jacent notamment vis à vis de la communauté de gitans qui se sont implantés dans la région. On assiste à un bal dantesque de gueules et de membres fracassés, de plaies et de fractures qui s’enchainent au rythme de l’échange de coups de poing ornés de bagouses en acier et de coups de pied qui déboitent les rotules, dans ce qui apparait comme une véritable bataille rangée entre videurs avides d’en découdre et gitans complètement défoncés. Mais à mesure que le pugilat s’enfonce dans une spirale de violence de plus en plus incontrôlable, on capte également l'affolement de la clientèle prise à partie ainsi que le désarroi des gendarmes quelque peu dépassés par l’ampleur de la fureur des belligérants. Tout cela se met en place dans une atmosphère chargée de testostérone qu’Yvan Robin a su restituer avec une belle justesse de ton, tout en capturant à la perfection l’ambiance de cette époque de la fin des années 90 qui imprègne ce texte solide qui va raviver bien des souvenirs lointains, de ces soirées un peu dingues prenant pour cadre ces régions rurales pas si tranquilles que ça.

     

    Capture d’écran 2026-04-19 à 19.09.18.pngRésumé de Voir Venise... :

    A Venise, des invités triés sur le volet s’agglutinent aux portes du Palazzo Erizzo où se tient un fête somptueuse, véritable bacchanale déjantée, qui tournent au jeu de massacre à mesure que les participants consomment une drogue synthétique qui libèrent en eux des pulsions meurtrières. Séjournant dans l’appartement voisin avec sa petite famille, c’est Paul Fichard qui découvre l’ampleur du désastre. Des vacances qui risque donc de tourner court. Mais plutôt que d’aviser la police, il s’empare de l’argent et d’une partie de la drogue restante pour planquer le tout dans une consigne. Tout cela à l’insu de sa femme et de ses deux petites filles. C’est le début des ennuis qui vont s’enchaîner de manière tumultueuse.

     

    Avec Voir Venise… c’est l’occasion de découvrir Melmac éditions et sa collection Esprit Noir dont de nombreux textes sont dédiés à Marseille et ses environs. Fondée par Patrick Coulomb, Journaliste, romancier, lui même natif de la cité phocéenne, la maison nous offre tout un panel de textes s’insérant dans des genres différents  que ce soit la SF ou la vibration urbaine se déclinant dans une dimension éditoriale imprégnée de liberté, ce qui n’a pas de prix de nos jours où la concentration des médias aux mains de milliardaires devient un véritable piège.  Ce souffle de liberté, on le retrouve dans ce nouveau roman de Lionel Destremau qui s’empare du décor de la Sérénissime pour le faire véritablement voler en éclat. Exit donc cette atmosphère romantique et mystérieuse qui plane habituellement sur la lagune pour plonger dans le rythme infernal d’une fête huppée se déroulant dans l’un de ces fameux palazzos somptueux qui va basculer vers une espèce de folie meurtrière avec des convives sous l’emprise d’une redoutable drogue de synthèse libérant leurs pires instincts tandis que les organisateurs, tentant de contenir les débordements, prennent le parti de s’entretuer afin limiter les dégâts. Ainsi, dans cette première partie, Lionel Destremau passe en revue la montée crescendo de ce qui apparait comme une véritable orgie de sexe, de drogue et de sang au gré de scènes dantesques qui basculent dans un registre burlesque, littéralement jubilatoire. Dans la seconde partie, le romancier s’attarde sur le parcours de Paul Fichard, ce père de famille qui veut s’extraire de sa condition morne et sans fard, dépeinte avec ce cynisme digne des meilleurs textes de Manchette et qui bascule dans une tragédie tempétueuse, c’est le moins que l’on puisse dire. Il faut dire qu’en dépit d’un contexte hors norme, basé sur la réalité de ses drogues de synthèse et de leurs effets destructeurs, Lionel Destremau s’emploie à faire en sorte de mettre en scène une intrigue solide qui tient toute ses promesses jusqu’à la dernière ligne d’un épilogue nous offrant encore quelques perspectives sombres quant au devenir de certains protagonistes de ce récit qui ne manquera pas de vous secouer. Bref et percutant, Voir Venise… est donc un pur bonheur de lecture pour les amateurs de romans noirs cyniques et déjantés.

     

    Lionel Destremau : Voir Venise... Editions Melmac/Esprit Noir 2026.

    Yvan Robin : Bagarre. Editons In8 / Collection Polaroïd 2025.

    A lire en écoutant : Baston de Renaud. Album : Marche à L’Ombre. 1984 Polydor.

     

     

  • MATHILDE BEAUSSAULT : LA COLLINE. DONT ACTE.

    IMG_3980.jpegOn ne sait plus trop bien par quoi commencer pour commenter l’actualité de celle que l’on peut déjà considérer comme l’une des grandes figures montantes de la littérature noire  avec deux romans aux connotations sociales qui se distinguent véritablement au sein de l’ensemble des publications de ces deux dernières années. Il faudra tout d’abord mentionner Les Saules (Seuil/Cadre Noir 2025) premier roman de Mathilde Beaussault qui est désormais disponible en format poche, ce qui vous permettra d’appréhender, pour les inconscients qui ne l’auraient pas encore fait, ce polar aux accents ruraux, prenant pour cadre cette terre de Bretagne dépouillée de tous les clichés qu’elle peut véhiculer. Pour cette enseignante qui ne se prédestinait pas  forcément à se lancer dans l'écriture de polar, on relèvera cette propension à bousculer quelque peu des codes propre au genre pour faire en sorte de véhiculer, avec beaucoup de retenue, une noirceur certaine se conjuguant à la fragilité de ses personnages évoluant dans cet environnement rural qu’elle connaît bien. Mais l’autre actualité de Mathilde Beaussault, c’est la parution de La Colline, son second roman, pour lequel elle était très attendue, avec cette pensée carnassière de savoir si elle était en mesure de réitérer le succès qui a entouré son premier ouvrage. Conjuguant, une nouvelle fois cette campagne magnifiée à un environnement beaucoup plus urbain de la banlieue de Rennes, en se penchant sur le destin d’une jeune fille mutique, on admettra sans réserve que Mathilde Beaussault parvient encore une fois  jà nous saisir au gré d’une intrigue prenante qui se décline au rythme d’un roman choral à l’écriture singulière qui caractérise désormais son style. 

     

    mathilde beaussault,la colline,editions seuil polar,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,actualité littéraire,roman noir,roman policier,parution 2026,lecture 2026Lorsque l’on jette ses ordures, un matin d’hiver, dans un container de la banlieue de Rennes, on peut faire des découvertes déconcertantes à l’instar de ce bébé dont les pleurs vont alerter ce vieil homme s’apprêtant à se débarrasser de son sac poubelle. Et tandis que pompiers, secouristes et policiers s’emploient à sauver le nouveau-né et à découvrir les circonstances qui l’ont conduit à se retrouver dans cet endroit insalubre, Monroe, un jeune fille de 17 ans, se vide de son sang sous le regard impavide de sa mère qui l’a enfermée dans sa chambre. Oscillant d’une lucidité incertaine à un état semi-comateux, l’adolescente se remémore ces quelques mois passés sur La Colline, où vit sa grand-mère Madeleine qui l’a recueillie alors qu’elle était enceinte. Ce sont des instants de bonheur dans cet environnement âpre où la vieille femme transmet la somme de ses connaissances de guérisseuse à sa petite fille qui se reconstruit peu à peu jusqu’à ce que tout bascule. Et tandis que Monroe agonise sur ce matelas crasseux, les policiers investiguent dans cette cité désolée, tandis que les soignants s’activent autour de cet enfant afin de le tirer d’affaire sous le regard des pompiers qui l’ont secouru et qui s’interrogent sur la tournure de cet événement tragique. Quelle en sera la finalité ?

     

    mathilde beaussault,la colline,editions seuil polar,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,actualité littéraire,roman noir,roman policier,parution 2026,lecture 2026Inspiré du fait divers d’un bébé retrouvé dans une poubelle de la ville de Rennes dont sa soeur, sage-femme, lui a rapporté certains aspects, Mathilde Beaussault rend également hommage à sa grand-mère par le biais de ce magnifique portrait de Madeleine qui s’inscrit dans le thème de la transmission nourrissant une grande partie de cette intrigue noire, auréolée de la lumière de ses souvenirs d’enfance  transparaissant dans cet environnement de La Colline que parcourt Monroe, une jeune fille en déshérence, qui retrouve un certain équilibre au contact de cette matriarche  dont l’affection toute en retenue devient le véritable moteur de sa vie chaotique. D’entrée de jeu, on appréciera la construction narrative taillée au cordeau que la romancière décline sur le registre de la chorale de points de vue qui régissent l’intrigue menée tambour battant autour de la personnalité des différents individus qui vont interférer dans le cadre de la découverte de ce nouveau-né qui va bousculer chacune de leur existence. Que ce soit les secouristes, les policiers et les soignants, mais aussi toute une multitude de personnes plus ou moins proche de Monroe l’ensemble de ces points de vue  se déclinent sur le mode de la première personne, ce qui permet d’absorber une certaine dose d’émotion qui sera toute contenue lorsque l’on se penche sur le parcours de Monroe en adoptant une narration à la troisième personne ce qui nous permet d’éviter l’écueil du registre larmoyant qui ne transparait jamais dans cette intrigue d’une dureté éprouvante qui vous secoue en permanence avec, en arrière plan, toute la dimension tragique des violences à l’égard des femmes qui transparait notamment par l’entremise de personnages touchants à l’image de ce duo improbable que forme Samantha, femme de la rue que la vie n’a pas épargné et de Lazuli, bourgeoise nantie dont l’attitude guindée dissimule une détresse certaine. Et puis le véritable coup de génie, réside dans la lecture des procès-verbaux des interrogatoires de la police dont la froideur administrative nous donne le vertige en mettant en perspective toute la tragédie sordide qui entoure la famille de Monroe dont on va saisir toute la mesure en prenant soin de rester dans un réalisme social captivant. Ainsi, La Colline apparait comme le cri du coeur de Monroe, cette jeune femme meurtrie, ayant trouvé refuge dans le silence, mais dont les contours de sa détresse vont émerger d’une manière ou d’une autre en devenant l’un des  enjeux d’une intrigue aussi habile que prenante, suscitant toute une gamme de sentiments en passant de l’indignation à l’espoir qui rejaillit dans la luminosité de personnages pétris d’humanité. Et pour clôturer l’actualité de Mathilde Beaussaut, on relèvera sa présence aux Quais du Polar à Lyon où elle dédicacera ses deux livres. 

     

    Mathilde Beaussault : La Colline. Editions Seuil / Cadre Noir 2026.

     

    A lire en écoutant ; Summertime interprété par Big Brother & The Holding Compagnie & Janis Joplin. Album : Cheap Thrills. 1968 Sony Music Entertainment.

  • Olivier Truc : La Baleine Et Le Berger. Récits d'objets.

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    Service de presse.

     

    Lorsqu'il débarque aux Quais du Polar en 2013, il remporte le prix des lecteurs avec son premier roman policier; Le Dernier Lapon {Métailié 2012), qui fait sensation en raflant pas moins d'une vingtaine de prix récompensant le premier opus de la série de la Police des Rennes qui dépeint cette environnement du Grand Nord dont il est désormais familier puisqu'il officie également comme correspondant auprès de nombreux médias pour les pays nordiques et baltes pour lesquels il a également consacré plusieurs documentaires en tant que réalisateur. Olivier Truc est également l'auteur de plusieurs récits dont L’Affaire Nobel, Une Autre Histoire De La Suède (Grasset 2019) retraçant le scandale qui a entaché l'institution, ainsi que, sous une forme plus romancée, l'affaire des sous-marins de Karachi dont il dessine les contours avec Les Sentiers Obscurs De Karachi {Métailié 2022) tandis qu'il dénonce les affres de la colonisation et de l'évangélisation de la Scandinavie qui transparaissent dans Le Cartographe Des Indes Boréales {Métailié 2019), récit d'aventure dense autour du parcours d'Izko qui devient le témoin des bouleversements ravageant la région au XVIIe siècle. Régulièrement présent aux Quais Du Polar, Olivier Truc a également participé au partenariat littéraire du festival, "Deux auteurs, deux pays, un seule enquête", en publiant L'Inconnue Du Port (Point 2023), brève intrigue énergique se déroulant entre Barcelone et Lyon qu'il a coécrit avec la romancière espagnole Rosa Montero. Mais c'est d'une toute autre démarche dont il s'agit avec La Baleine Et Le Berger puisqu'Olivier Truc s'inscrit dans le cadre de la collection Récits d'Objets du fabuleux musée des Confluences de Lyon consistant, pour chaque écrivain invité, à s'approprier d'un des objets du muséum pour en décliner une intrigue où l'imaginaire est au service de la science. Et ce n'est pas moins du gigantesque squelette du rorqual commun boréal, traversant les différents niveaux du bâtiment à l'architecture audacieuse, dont il s'est emparé pour en relater la découverte sur les côtes corses en 1877. 

     

    olivier truc,la baleine et le berger,musée des confluences,editions cambourakis,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,parution 2026,avis de lecture,lecture 2026,quais du polarEn Corse, Uliveriu, jeune berger de 15 ans, prend garde de ne jamais franchir le col de San Bastiano et arpente le maquis avec le troupeau de chèvres que son oncle irascible lui confie chaque jour. Mais un jour, lorsqu’il s’aperçoit que deux bêtes sont manquantes, il franchit la crête montagneuse masquant la mer et découvre la silhouette massive d’une baleine échouée sur une plage déserte où nul ne s’aventure. Et tandis qu’une nuée d’oiseaux survolent la carcasse du mammifère marin, le garçon distingue le corps sans vie d’un jeune marin partiellement dissimulé sous le flanc de l’animal. Quel événement tragique à lié à tout jamais l'homme et le cétacé ? A plus d'un titre, Iliveriu est tiraillé par la singularité de cette découverte qu'il doit dissimuler à son oncle qui prendrait mal son incartade au détriment du troupeau dont il a la charge. Mais en se confiant à un ancien du village, il perçoit la somme d'argent importante qu'il pourrait obtenir en recueillant les fanons de la baleine, matière très convoitée en cette fin du XIXe siècle. Peut-être obtiendra-t-il des réponses auprès du maître d'école qui vient dispenser ses leçons une fois par semaine et qui dispose de certains ouvrages animaliers mais également des journaux dont il fait la lecture pour l’ensemble des habitants de la localité.  
     

    olivier truc,la baleine et le berger,musée des confluences,editions cambourakis,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,parution 2026,avis de lecture,lecture 2026,quais du polarEn introduction de ce bref roman, vous trouverez quelques caractéristiques de ce squelette de baleine ornant désormais le hall du musée des Confluences de Lyon ainsi que certains aspects sur les péripéties de son acquisition, de la restauration de certaines vertèbres endommagées, de l'absence des fanons, de son exposition au musée Guimet de Lyon jusqu'à sa fermeture, de son sommeil dans une caisse durant plus d'une décennie avant de retrouver la lumière. Et c'est à partir de ces éléments qu'Olivier Truc a façonné cette intrigue prenant l'allure d'une aventure et d'un fait divers s'articulant autour de la personnalité d'Ulivieru Romanetti, un jeune berger corse s'écartant du maquis pour découvrir cette baleine échouée sur une plage déserte ainsi que le corps sans vie d'un marin tout aussi jeune que lui. C'est peu dire que l'on se retrouve totalement immergé dans cette ambiance de nature sauvage où le cri des oiseaux se mêle au murmure des vagues se désagrégeant cette côte désolée tandis que résonne au loin le bêlement des chèvres d'un berger intimidé par cette trouvaille dont il ne sait que faire. A partir de là, l'intrigue prend également l'allure d'une émancipation sociale qui se traduit par le biais de la connaissance, incarnée par ce maître d'école parcourant la région afin de dispenser ses leçons aux enfants des villages olivier truc,la baleine et le berger,musée des confluences,editions cambourakis,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,chronique littéraire,parution 2026,avis de lecture,lecture 2026,quais du polarenvironnants. De cette soif de connaissance imprégnant ce jeune homme du XIXe siècle, on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec le musée des Confluences abritant plus de deux millions d'objets avec pour ambition de narrer l'histoire de l'humanité par le prisme des sciences naturelles et des sciences humaines se conjuguant pour alimenter notre imaginaire et notre propre soif de connaissance. S'inscrivant ainsi dans un registre très réaliste, on en est à se demander qu'elles sont la parts de récit et de fiction régissant cette intrigue sobre qui n'est pas dénuée d'une certaine émotion que l'on relèvera au fil des révélations mettant à jour les circonstances de cet événement peu commun qu'Olivier Truc décline avec une belle sensibilité animant l'ensemble de l'entourage de ce berger également en quête de justice qui, outre cette baleine échouée, découvre tout un monde qui s'offre à lui. C'est ainsi que La Baleine Et Le Berger vous inciteront à vous rendre au musée pour contempler ce  sublime squelette de baleine admirablement bien conservé, terrain fertile d'un imaginaire que le romancier est parvenu à exploiter avec une habilité saisissante. Et pour celles et ceux qui se rendront aux Quais du Polar, vous pourrez aller à la rencontre d'Olivier Truc qui évoquera le sujet en compagnie d'Olivier Adam, bioacousticien, spécialiste des baleines, tous deux réunis en partenariat avec le musée des Confluences et un festival de littérature noire ouvert sur les richesses que recèlent la ville de Lyon.

     


    Olivier Truc : La Baleine Et Le Berger. Editions Cambourakis & Musée des Confluences 2026.

    A lire en écoutant : Trio en la mineur : Modéré de Maurice Ravel. Album : Trio Ravel. Debussy : Trio en sol majeur pour piano, violon et violoncelle - Ravel : Trio en la mineur pour piano, violon et violoncelle. 1986 Arion.